Spatial militaire, la France passerait-elle à l’offensive ?

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Quelles armes du futur pour la France dans l'espace
Quelles armes du futur pour la France dans l'espace (Crédits : © NASA NASA / Reuters)
Face à aux menaces dans l’espace, la France pourrait changer de doctrine. Dans un contexte de légitime défense, elle pourrait passer en mode offensif. Ce sera l'un des thèmes abordés lors du Paris Air Forum, organisé par La Tribune et qui se déroulera le 14 juin à la Maison de la Mutualité. Le général Michel Friedling Commandant du Commandement interarmées de l’espace, Caroline Laurent, la directrice de la Stratégie de la DGA, Stéphane Trompille, député de l’Ain et membre de la commission de la défense nationale et des forces armées et, enfin, Riadh Cammoun, VP Public and Regulatory Affairs de Thales Alenia Space débattront sur le thème "Spatial militaire, quelle doctrine pour la France".

Tic-tac, tic-tac, tic-tac... D'ici au 14 juillet, Emmanuel Macron va livrer dans un discours, qui doit faire date, la nouvelle stratégie spatiale de la France. Car le président s'intéresse de très près à ce dossier stratégique. "La France y a toujours été précurseur, y compris dans le domaine de la défense", avait-il rappelé le 13 juillet dernier dans les jardins de l'Hôtel de Brienne. "L'espace est un véritable enjeu de sécurité nationale, avait-il d'ailleurs expliqué. C'est pourquoi je veux que nous définissions, au cours de la prochaine année, une stratégie spatiale de défense". Tout le monde s'est donc mis au travail dans le dernier semestre 2018, a rendu la copie en fin d'année et ­attend désormais la parole présidentielle.

Un discours était prévu en début d'année puis reporté en raison du mouvement des "Gilets Jaunes" et du Grand débat national. D'une façon générale, cette nouvelle stratégie est censée "dessiner une ambition pour nos forces armées à l'horizon 2040 avec des jalons très clairs et très cadrés de cette montée en puissance qui est proposée au président de la République", avait expliqué en décembre Hervé Grandjean, le conseiller pour les affaires industrielles au cabinet de Florence Parly. Aujourd'hui, on y est presque.

Vers une stratégie offensive

Emmanuel Macron doit répondre à la question brûlante : la France va-t-elle changer de doctrine dans l'espace ? C'est fort possible. "La militarisation [de l'espace, ndlr] n'est pas forcément contradictoire avec les principes édictés par le Traité sur l'espace. (...) Le principe de légitime défense continue à s'appliquer", avait laissé entendre Hervé Grandjean. Faut-il rappeler également que la France a su faire évoluer ces dernières années sa doctrine dans le domaine cyber, un espace où elle ne s'interdit plus d'être offensive... Des indices qui laissent à penser que la France pourrait riposter face à des menaces venues de l'espace ou de la Terre pour détruire ou parasiter ses capacités spatiales. Car, comme l'avait affirmé à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de l'armée de l'air (CEMAA), le général Philippe Lavigne, si nous perdons la guerre dans l'espace, nous perdrons la guerre tout court".

Dans l'espace, la menace est aujourd'hui omniprésente. "Les stratégies de contestation ou de déni d'accès prennent des formes nouvelles, avait expliqué en décembre 2017 l'ancien commandant interarmées de l'espace, le général Jean-Pascal Breton. Outre le développement d'armes à effet dirigé, capables de dégrader les performances de nos moyens, la maîtrise de la technique de rendez-vous dans l'espace permet de venir à proximité de capacités spatiales d'autres pays sur l'ensemble des orbites".

Des trous dans la raquette

Dans le domaine spatial, la France a découvert au fil de la montée en puissance de l'arsenalisation de l'espace des trous dans sa raquette. Et de très sérieux. Aujourd'hui, elle ne sait pas assurer l'intégrité physique de ses satellites, y compris de leurs segments sol contre des attaques de nature cyber, de brouillage, de renseignement (espionnage) ou, encore moins, de nature cinétique. Le président du CNES, Jean-Yves Le Gall, a rappelé en avril 2018 à l'Assemblée nationale qu'on "ne sait pas se protéger d'un satellite étranger qui viendrait fureter à proximité des nôtres". La France est aussi relativement démunie dans l'observation de l'orbite géostationnaire.

Pour autant, en dépit de ses ­lacunes, elle reste une nation leader dans le domaine spatial derrière les États-Unis, la Russie et la Chine. La France dispose de nombreuses compétences dans les armes à effet dirigé (laser pour aveugler, micro-onde pour brouiller). Donc rien d'impossible pour elle. La revue stratégique appelait d'ailleurs déjà en 2017 à "un renforcement substantiel à la fois des moyens défensifs et offensifs de la France"Grâce à l'ONERA, la France a aussi développé depuis plusieurs années un système low cost mais très efficace pour surveiller les orbites basses (jusqu'à 1.000km d'altitude pour le système GRAVES). Elle peut surveiller les orbites moyennes et géostationnaires grâce aux télescopes du réseau Tarot du CNRS et de GEOTracker d'Ariane Group. Car la capacité de surveiller l'espace et d'identifier des agresseurs est un gage d'autonomie stratégique, mais est loin d'être suffisante pour envisager gagner la bataille de l'espace.

Que va décider l'État face à des armements d'un nouveau type? Washington et Pékin se sont dotés de programmes d'équipements offensifs. Le Shenlong n'est pas sans rappeler le X-37B américain, qui évolue en orbite basse (moins de 1 000 km). Mis en service en 2010, le X-37B est capable de placer une petite charge utile en orbite et d'inspecter, voire de récupérer, des satellites. La France va-t-elle lancer un X-37B à la française ? Peu probable, trop cher. Mais il lui faut "des moyens d'action vers l'espace depuis le sol (laser, brouilleurs, micro-onde)", estime l'ancien commandant interarmées de l'espace, aujourd'hui PDG d'Observation de la Terre appliquée (OTA), le général de brigade aérienne (2S), Jean-Daniel Testé.

Quelles armes du futur pour la France ?

Le travail du ministère des Armées a permis de creuser les menaces et d'identifier les capacités pour y répondre aussi bien sur les segments sol et spatial mais aussi sur les liaisons de données entre le sol et l'espace, et dans la partie logicielle. Ces segments peuvent faire l'objet de menaces plus ou moins graves, qui vont de l'espionnage et au déni de services jusqu'à la neutralisation du satellite. Ainsi, le ministère a priorisé les menaces pour répondre aux plus graves et aux plus probables. "C'est sur ces menaces-là que le ministère portera un effort particulier", explique Hervé Grandjean.

Mais l'innovation est clairement la clé des succès futurs de la France : armes à effet dirigé, intelligence artificielle à bord des satellites, développement de radar basse fréquence longue portée pour la surveillance de l'espace (Thales), miniaturisation des charges utiles des satellites d'observation (Thales et Airbus), imagerie hyperspectrale (ONERA), ballons stratosphériques (Thales)... À Emmanuel Macron d'y mettre les moyens... ou pas.

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Commentaires
a écrit le 04/06/2019 à 13:08 :
La France est tragiquement en retard de plus de vingt-cinq ans...et malgré les travaux du cosmologue Jean-Pierre Petit scandaleusement ostracisé et mis à la retraite du CNRS qui avec l'académicien Sakharov a théorisé les nouvelles technologies MDH (Tout est sur des vidéo YouTube) qui ont permis aux américains de mettre au point les missiles hypersoniques plus un fameux planeur (déjà mis en production) qui dépasse Mach 25 et donc s’affranchi largement du Big Bang, suivi par les russes (voir la conférence (en russe) de Poutine à la Douma sur ses armes de même technologie et que Jean-Pierre Petit décode et traduit sur YouTube. Il faut y ajouter les technologies laser des russes qui recément ont "aveuglé" la marine américaine sur le Pacifique pour plus d'une demi heure. Ne parlons pas des torpilles de nouvelle génération des russes qui filent à plus de 2500 km dans l'eau grâce aussi à la MDH.
Ce sont des nouvelles armes (de dissuasion) que je considère de "sidération"...pas encore indétectables ....mais presque.
La Chine est sur le même chemin et la France ne possède rien, même pas un brin de recherche officiel. Toutes ces infos se trouvent sur le net en clair. Pas la peine de parler de secret défense....sinon à se ridiculiser.
Toujours la même langue de bois, de nos gouvernants de gauche ou de droite.
a écrit le 04/06/2019 à 2:55 :
Financer, avec quel argent ? Ah, oui, la dette....
a écrit le 03/06/2019 à 18:23 :
zelectron: vous avez raison, ne faisons rien.
Attendons de nous faire hacker menu par tous nos "partenaires" et par le premier dictateur venu.
a écrit le 03/06/2019 à 16:08 :
Ben oui nos LREM sont allés voir le dernier avengers et s'aperçoivent bien mieux du coup de la menace qui arrive !

Ouais ben on rigole au moins hein !? A défaut de pouvoir espérer...
a écrit le 03/06/2019 à 13:24 :
Encore un domaine où nous allons "coopérer" avec l'Allemagne qui va encore profiter du transfert de technologie.
Réponse de le 03/06/2019 à 21:42 :
Merci : Je m'apprêtais au meme commentaire
a écrit le 03/06/2019 à 12:15 :
La France en a-t-elle les moyens (en personnels et pécuniaires) ?
- les effets de manche d'un micron ne font plus d'effets
Réponse de le 03/06/2019 à 17:25 :
Oui, la France est LA puissance spatiale de l'Europe (hors Russie), notre budget est faible par rapport aux mastodontes américains et chinois mais nous maîtrisons l'ensemble des technologies militaires spatiale. Reconnaissance, communication, système de positionnement par satellite (avec Galileo), etc..., avec nos 60 millions d'habitants, nous sommes au 4e rang mondial dans ce domaine surpassant des géants comme le Japon et l'Inde. Nous pouvons être autonome. Au niveau ASAT Dassault et EADS a dans les cartons Aldebaran pouvant être lancé par un Rafale. Votre commentaire montre le peu de confiance que vous avez dans votre pays.
Réponse de le 03/06/2019 à 22:53 :
@L'amateur d'aéroplanes

Oui enfin avec de nombreux composants essentiels en provenance des US!
Et leurs logiciels de simulation, leurs frameworks etc... Probablement leurs protocoles de communication etc...
L'Europe encore moins la france ne sont pas autonomes en la matière, leur leadership ne souffre aucune contestation, AO, transistor, thyristor, methode des EF, IA, composites, la liste est longue des inventions en provenance d'outre atlantique...
Réponse de le 04/06/2019 à 7:05 :
@Gili ? Côté composants électroniques, nous n'avons pas une production de masse en Europe mais pouvons être ITAR-Free sans pièces US sur les missiles, satellites voir ordinateurs pour évitée les sanctions unilatérales Washington.
Ne sous estimé pas l'industrie de la Vieille Europe.
La NASA par exemple va utilisé un module de service de l'ESA pour son vaisseau Orion et les laboratoires nationaux américains achètent des superordinateurs made in France. 😇

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