Nouvelle polémique autour de la bataille LVMH-Hermès

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Le cabinet de conseil Deminor conteste la prise de participation inopinée de Bernard Arnault dans le sellier de luxe, arguant qu'elle a lésé ses actionnaires. LVMH parle de "campagne" orchestrée contre ses dirigeants.

Il n?y a pas que les actionnaires d?Hermès qui soient mécontents de la tournure prise par l?arrivée inopinée de LVMH au capital de la maison de luxe, en octobre dernier. Après les griefs de Colette Neuville (Adam), qui conteste la création d?une holding familiale, c?est au tour du cabinet de Deminor de monter au créneau. Le cabinet de conseil aux actionnaires demandé ce mercredi des précisions sur les moyens ayant permis LVMH de ramasser plus de 17% du capital du sellier.

"Nous souhaiterions connaître le processus décisionnel qui a conduit LVMH à investir 1,45 milliard d'euros dans la société Hermès", demande Deminor dans une lettre ouverte au PDG Bernard Arnault dont Reuters a obtenu une copie.

En réponse, LVMH a dénoncé mercredi, par la voix de son vice-président Pierre Godé, une campagne dirigée contre lui et ses dirigeants. "Vous m'avez récemment informé de la mission que vous avez reçue de lancer une campagne à l'encontre de LVMH et de ses dirigeants. Votre lettre ouverte de ce jour ne m'étonne donc nullement" indique-t-il.

Pour sa part, Deminor fait valoir que les actionnaires minoritaires qui ont vendu des titres LVMH entre le 1er septembre et le 25 octobre ne l'auraient pas fait s'ils avaient su que leur groupe allait faire une plus-value importante sur l'opération Hermès.

Le groupe de Bernard Arnault a acquis ses titres au prix moyen de 80,5 euros, alors que l'action Hermès cotait à 176,20 euros en clôture vendredi 22 octobre, à la veille du communiqué de LVMH révélant sa prise de participation.

"Il est à noter d'ailleurs, que, sur cette période, le titre LVMH a été particulièrement recherché puisqu'il s'est apprécié de 22% alors que l'indice CAC 40 n'augmentait que de 6%", ajoute encore Deminor.

L'Autorité des marchés financiers a ouvert une enquête sur les conditions de l'entrée de LVMH dans Hermès, le groupe ayant eu recours à des instruments financiers qui lui ont permis d'éviter de devoir déclarer des franchissements de seuils.
 

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Commentaires
a écrit le 10/12/2010 à 5:44 :
Qu'est-ce qui prend à Bernard Arnault?
L'acquisition de Guerlain, en 1995, s'était beaucoup mieux passée, dans le respect des intérêts de la famille...
a écrit le 09/12/2010 à 7:31 :
Les minoritaires seront toujours les dindons car plus occupés par les petits fours des réunions d'actionnares que par leur intelligence d'investisseur.Bravo à LVMH d'avoir pris les Mme Neuville et autres magiciens en herbe pour ce qu'ils sont des nains de la finance.

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