Le lunetier Luxottica licencie son PDG et opte pour un "triumvirat"

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Selon la presse italienne, une différence de visions entre le PDG et le propriétaire de Luxottica sur un récent accord passé avec Google pour ses lunettes interactives pourrait avoir été à l'origine de désaccords et ensuite de l'éviction.
Selon la presse italienne, une différence de visions entre le PDG et le propriétaire de Luxottica sur un récent accord passé avec Google pour ses lunettes interactives pourrait avoir été à l'origine de désaccords et ensuite de l'éviction. (Crédits : reuters.com)
Le fabricant italien, propriétaire des marques Ray Ban et Oakley, a annoncé lundi 1er septembre se séparer de son administrateur délégué, dont la gestion pendant dix ans a pourtant été une réussite. À l'origine du divorce: des différends entre le PDG et le propriétaire du groupe, probablement sur un accord conçu avec Google.

Le divorce avait déjà été annoncé dans la presse dès le mois d'août, surprenant les investisseurs. Il a été consommé lundi 1er septembre. Le fabricant italien de lunettes Luxottica, propriétaire des marques Ray Ban et Oakley, s'est finalement séparé de son PDG Andrea Guerra, qui pourtant, en dix années de gestion, a fait plus que doubler (de 3 à 7 milliards d'euros) le chiffre d'affaires du groupe et presque tripler (+184%) son cours en Bourse.

Une prime de départ de 10 millions d'euros

La décision est liée à des différends "au sujet de la stratégie et de la direction à venir du groupe" avec son fondateur et président, Leonardo del Vecchio, reconnaît Luxottica dans un communiqué publié à l'issue d'un conseil d'administration, sans pour autant fournir plus de détails. Del Vecchio, dont la famille détient 61,35% du capital de Luxottica, a pour sa part expliqué à l'issue du conseil ne pas avoir "les mêmes objectifs" que Guerra, pour qui il a toutefois déclaré "éprouver du respect".

Le départ du manager se serait fait "sans dispute, dans le consensus", a-t-il affirmé. L'administrateur délégué déchu, qui selon Luxottica devrait se voir verser une prime de départ de 10 millions d'euros en plus des stock options, "s'est montré très élégant: il n'a pas prétendu à davantage que ce à quoi il avait droit", a par ailleurs souligné Leonardo Del Vecchio.

Les Google Glass à l'origine du différend?

Parmi les raisons citées ces derniers jours par la presse italienne pour expliquer l'éviction attendue, figure notamment une différence de visions entre le PDG et le propriétaire de Luxottica sur un récent accord passé avec Google pour des lunettes interactives.

>>Google Glass: bientôt des Ray-Ban connectées

L'intérêt supposé pour la politique d'Alessandro Guerra pourrait également avoir joué: ce dernier avait été pressenti au début de l'année pour entrer dans le gouvernement de Matteo Renzi. Il pourrait d'ailleurs se voir offrir une nouvelle chance comme ministre du Développement économique, à l'occasion de la nomination de la ministre des Affaires étrangères Federica Mogherini au poste de chef de la diplomatie européenne.

Un "triumvirat" qui pourrait rester en place "dix nouvelles années"

Pour remplacer Alessandro Guerra, le groupe a opté pour un modèle de gouvernance plus collégial, reposant sur un "triumvirat". La structure devrait permettre "une meilleure gestion du groupe, qui a rapidement crû en taille, complexité et présence mondiale ces dernières années", note Luxottica. Del Vecchio a déclaré espérer la voir rester en place "dix nouvelles années".

Le triumvirat se composera de deux "codirecteurs", l'un chargé des "marchés" et l'autre des "fonctions d'entreprise", ainsi que d'une troisième entité opérationnelle baptisée "opérations", placée temporairement sous la houlette de Leonardo Del Vecchio.

L'objectif de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires fin 2016

Enrico Cavatorta, actuel directeur financier et directeur général, a été nommé codirecteur en charge des fonctions d'entreprise, et occupera également par intérim l'autre poste en attendant la nomination d'un responsable permanent, qui devra venir de l'extérieur et pour lequel "le processus de recherche est en cours", indique Luxottica.

Selon Cavatorta, "aucun changement de stratégie" ne se profile: "Je garantis la continuité de l'entreprise", a-t-il assuré, confirmant un précédent objectif de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires fin 2016, grâce notamment à une meilleure implantation dans les pays émergents.

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