Vin : quand les drones améliorent la qualité des grands crus

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L'objectif est d'obtenir des parcelles les plus homogènes possibles afin que le raisin fermenté dans des cuves correspondant à ces parcelles soit, lui aussi, homogène. Et ce, avant les assemblages avec les différentes parcelles des cépages traditionnellement utilisées à Bordeaux: cabernet franc, cabernet sauvignon et merlot.
L'objectif est d'obtenir des parcelles les plus homogènes possibles afin que le raisin fermenté dans des cuves correspondant à ces parcelles soit, lui aussi, homogène. Et ce, avant les assemblages avec les différentes parcelles des cépages traditionnellement utilisées à Bordeaux: cabernet franc, cabernet sauvignon et merlot. (Crédits : Jean-Louis Zimmermann via Flickr CC License by.)
Drones et technologies satellitaires permettent de réaliser des cartes qui aident notamment à vendanger des raisins à maturité optimale.

Des vendanges optimisées grâce aux nouvelles technologies. Tel est le souhait de prestigieux châteaux bordelais, toujours en quête d'excellence, qui n'hésitent ainsi plus à investir dans des drones et autres satellites afin de maximiser la qualité de leurs crus d'exception.

Les satellites leur permettent en effet de réaliser des cartes révélant la vigueur des ceps, qui aident notamment à vendanger des raisins à maturité optimale.

Haute précision

Concrètement, ces cartes relèvent exclusivement l'activité chlorophyllienne des feuilles de vigne. Aussi sont-elles devenues des indicateurs de haute précision dont certains grands crus bordelais ne veulent plus se passer tant leurs applications sont multiples et précieuses: gestion de la fertilisation au printemps, entretien des sols et taille pendant l'hiver, enfin récolte du raisin à l'automne.

Depuis un an, au Château Malartic-Lagravière, en appellation Pessac-Léognan, les prises de vues par hélicoptère, "coûteuses et compliquées à mettre en œuvre", ont laissé place aux images satellitaires. Jean-Jacques Bonnie, directeur de ce grand cru classé cité par l'AFP se réjouit:

"Cela nous permet de voir la vigueur de la vigne sur une évolution annuelle". "Lors des travaux d'entretien d'hiver, on peut ainsi jouer sur la taille ou trouver la cause en cas de faible vigueur"

Contrainte météorologique

Mobilisés pour prendre ces clichés infrarouges, les satellites Spot-5 ou Formosat-2 ne peuvent toutefois opérer que lorsque le ciel est dégagé. Baptisé Oenoview, le système a été mis au point voici quatre ans par Astrium (groupe Airbus) et l'Institut coopératif du vin (ICV), qui vend des produits et services à la filière viticole et vinicole.

Moins contraignants et plus précis, les drones viennent à leur tour épauler les viticulteurs, fournissant également des clichés infrarouges qui, après traitement informatique, établissent une carte légendée de la vigueur de la vigne. Pour Henri Borreill, président fondateur de la société de drones Exametrics, qui tente de s'imposer sur ce marché naissant, le drone offre l'avantage sur le satellite de "différencier vigne et enherbement entre les rangées", évitant alors de "confondre le stress hydrique de la vigne avec celui de l'herbe", explique-t-il à l'agence de presse.

A la recherche de l'excellence

Au Château Pape-Clément, grand cru classé de Graves, propriété des vignobles Bernard Magrez, "l'homme aux 40 châteaux", les vendanges approchent. Posté au milieu des vignes, Henri Borreill fait voler son drone à quatre hélices, équipé d'un appareil photo, au-dessus des parcelles dont le propriétaire souhaite analyser la vigueur, rapporte l'AFP. Après des essais lancés l'été dernier, le magnat bordelais est le premier à avoir acquis, en février, son propre drone, baptisé "Vers l'excellence", pour ses quatre grands crus dans chacune des appellations classées de Bordeaux.

La carte infrarouge qui résultera de ces clichés aidera à déterminer la maturité optimale des raisins, et donc à programmer, si besoin, des vendanges décalées dans le temps. Jeanne Lacombe, directrice de Pape-Clément, explique ainsi à l'AFP:

"Si l'on constate par exemple qu'en bout de parcelle, la vigne est moins vigoureuse, nous enverrons une équipe de vendangeurs pour la récolter. Car lorsque la vigne manque d'eau, elle se met 'en dormance' et la maturation du raisin s'arrête. Il s'agit alors de le récolter le plus rapidement possible afin que l'acidité ne tombe pas en flèche ou que le jus ne prenne pas un goût de 'cuit'".

L'homme, irremplaçable

De quoi améliorer sensiblement la récolte puisqu'"auparavant, on aurait mélangé l'ensemble de la parcelle", admet Jeanne Lacombe, toujours citée par l'AFP, alors que l'objectif est d'obtenir des parcelles les plus homogènes possibles afin que le raisin fermenté dans des cuves correspondant à ces parcelles soit, lui aussi, homogène. Et ce, avant les assemblages avec les différentes parcelles des cépages traditionnellement utilisées à Bordeaux: cabernet franc, cabernet sauvignon et merlot.

Toutefois, le drone ne peut pas tout faire, reconnaissent volontiers les vignerons. Aussi les analyses en laboratoire (acidité, sucre, concentration phénolique) et les dégustations de raisin sur pied - fondamentales - restent-elles pour l'heure l'apanage des hommes.

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Commentaires
a écrit le 12/09/2014 à 12:34 :
Je comprends bien que ces producteurs veulent réduire le coûts pour gagner plus, mais 1) rien ne peut remplacer l'expérience des vrais viticulteurs sur le terrain et 2) je ne vois pas comment un algorythme de drône peut savoir quand la vigne est prête pour les vendanges. Tout cela, c'est de l'intox, de la manipulation et du marketing pur et dur :-)
Réponse de le 14/09/2014 à 12:23 :
Exact. L'activité chlorophyllienne des feuilles de vigne n'indique d'aucune manière l'état de maturité du raisin couvert par ces mêmes feuilles d'autant plus sur des surfaces de production à fort dénivelé. Tout ceci n'est que du vent commercial!
Réponse de le 15/09/2014 à 10:48 :
Le lien entre Normalized Difference Vegetation Index (NVDI) et surface foliaire a été maintes fois démontré, ainsi que des corrélations avec les composants des raisins.

Le but des nouvelles technologies n'est pas de se substituer au travail humain, il est de détecter en amont des risques, de mieux cibler l'intervention humaine et in fine d'améliorer la qualité. C'est un outil d'aide à la décision...

Pour les septiques, lisez les résultats des travaux de l'INRA, de l'IFV, de l'OIV ou de L'AWRi pour ne citer que quelques organismes officiels...

Bien cdlt,

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