LA TRIBUNE- Vous êtes l'un des rares acteurs favorables aux « prix planchers » évoqués par Emmanuel Macron parmi les solutions possibles pour résoudre la crise agricole. Il se murmure même que vous avez soufflé cette idée au Premier ministre. Qu'imaginez-vous ?
MICHEL BIERO- Je n'ai jamais parlé de « prix planchers », qui peuvent effectivement devenir des prix plafonds, mais de « prix minimums garantis ». Lidl en a eu l'idée dès 2018, lorsque nous avons proposé trois amendements à la loi Egalim I (non retenus, ndlr) : l'instauration de prix minimums garantis, mais aussi de prix minimums de vente pour les distributeurs et d'une interdiction de promotions pour les produits issus de l'élevage. Ces « prix minimum garantis » seraient des prix de référence basés sur les indicateurs des coûts moyens de production que les premiers acheteurs de la matière première agricole seraient tenus de respecter. En cas d'achat à un prix inférieur, ils devraient prouver à l'Etat que le producteur ne vend pas à perte.
J'en ai reparlé ce vendredi avec la ministre
chargée de la Consommation, Olivia Grégoire. L'enjeu est maintenant de mieux définir comment on fait pour aller dans une telle direction, si c'est ce choix qui est décidé. Je pose d'ailleurs une question :
quelles solutions proposent ceux qui critiquent cette idée ?