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Entreprises & FinanceAutomobile

Renault doute : l'affaire d'espionnage s'effrite, Pélata se pose en fusible de Ghosn

latribune.fr avec Reuters

Publié le 04 mars 2011 à 04:32 - Mis à jour le 04 mars 2011 à 04:46

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"Un certain nombre d'éléments nous amènent à douter", a déclaré Patrick Pélata, numéro deux du constructeur français, selon Le Figaro. Les cadres mis à pied pourraient être réintégrés et la responsabilité du groupe être engagée, "si tous les doutes sont levés". De son côté, Christine Lagarde veut "tirer toutes les conséquences" de cette affaire.

Pour la première fois, Renault laisse entendre que l'affaire d'espionnage présumé au sein du groupe pourrait être en fait une manipulation, dans un entretien accordé par son numéro deux au quotidien Le Figaro. Patrick Pélata, directeur général délégué, ajoute que si l'enquête ne concluait pas à des faits d'espionnage, les cadres mis à pied seraient réintégrés et sa responsabilité pourrait être engagée.

Renault a porté plainte en janvier contre trois cadres travaillant sur le projet de voiture électrique, sur le fondement d'une enquête privée menée après des lettres anonymes les mettant en cause. La société les accuse d'avoir reçu de l'argent de sociétés en lien avec la Chine.

Les cadres, Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, visés par une procédure de licenciement, se disent innocents et ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation.

L'enquête menée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), sous la conduite du parquet de Paris, vise à vérifier les éléments produits par Renault et provenant d'une enquête privée menée par un seul homme.

Le numéro deux de Renaut veut faire toute la lumière sur l'affaire. "Un certain nombre d'éléments nous amènent à douter", déclare Patrick Pélata, dans l'entretien publié jeudi sur le site internet du Figaro. Si Renault est en fait victime d'une manipulation, "si tous les doutes sont levés, nous proposerons la réintégration des trois cadres et, dans tous les cas, Renault sera très attentif à réparer toute injustice", poursuit-il.

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"Quand l'enquête sera terminée, nous en tirerons toutes les conséquences jusqu'au niveau le plus haut de l'entreprise, c'est-à-dire jusqu'à moi. Carlos Ghosn, président de Renault et Nissan, décidera et s'exprimera lorsque l'enquête sera définitivement close et que le procureur en aura donné toutes les conclusions", déclare encore Patrick Pélata.

Lagarde dit vouloir "tirer toutes les conséquences"

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde s'est exprimée ce vendredi sur le sujet sur la radio RMC. Elle a déclaré que "la recherche de la vérité (me) paraît la plus importante des priorités dans ce dossier". Elle a ajouté : "j'en tirerai toutes les conséquences au niveau des responsabilités, y compris en ce qui me concerne".

Suisse et Liechtenstein sollicités

L'avocat de Renault, Jean Reinhart, avait auparavant déclaré que l'entreprise n'avait aucune raison à ce stade de modifier sa plainte pour espionnage, malgré les doutes qui s'accumulent.

Un haut magistrat a cependant confirmé que la thèse d'une manipulation était envisagée, tout en ajoutant qu'il n'était pas possible de conclure à ce stade de l'enquête.

Le parquet a sollicité l'aide de la Suisse et du Liechtenstein, où, selon Renault, deux des trois cadres détiendraient des comptes numérotés où aurait été versé l'argent de la supposée corruption.

"Seuls les résultats des demandes d'entraide à l'étranger (en Suisse et au Liechtenstein - NDLR) nous permettrons d'éclaircir cette affaire et de pencher pour une hypothèse", a dit ce magistrat à Reuters.

La Suisse a fait savoir oralement aux enquêteurs que les cadres n'avaient pas de comptes bancaires à leurs noms, mais les recherches ne sont pas encore finalisées, Renault ayant fourni des numéros de comptes, a-t-on appris de source judiciaire.

Le Liechtenstein, traditionnellement peu coopératif en matière d'entraide judiciaire, a donné des "assurances" que l'enquête serait réalisée. Le parquet espère des résultats "très prochainement", a-t-on expliqué.

Philippe Clogenson, ancien du groupe au losange licencié il y a deux ans, a par ailleurs témoigné jeudi dans la presse pour assurer avoir été victime d'une manipulation qu'il voit comme similaire.

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"Une personne m'a annoncé qu'elle détenait la preuve que je recevais de l'argent de la part des prestataires, via des sociétés écrans sur des comptes à l'étranger, et que ça avait été vérifié par la sécurité du groupe", a raconté l'ancien cadre sur Europe 1, confirmant un témoignage révélé par Le Parisien.

"J'ai été abasourdi par rapport à ces accusations", a-t-il ajouté, parlant de machination.

latribune.fr avec Reuters

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