Chrysler rappelle finalement 2,7 millions de Jeep... après avoir refusé

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Jeep Gd Cherokee
Jeep Gd Cherokee (Crédits : Chrysler)
Le constructeur américain met fin à son bras de fer avec la toute puissante agence de sécurité routière américaine NHTSA. Il va donc rappeler 2,7 millions de 4x4 Jeep à cause de risques présumés d'incendie. Ce qu'il refusait initialement.

Chrysler, filiale de l'italien Fiat, a cédé. Le constructeur automobile a mis fin mardi à son bras de fer avec la toute puissante agence de sécurité routière américaine NHTSA, et va donc  rappeler 2,7 millions de 4x4 Jeep à cause de risques éventuels d'incendie en cas d'accident. Après avoir opposé durant quelques semaines une fin de non-recevoir à l'agence qui exigeait les millions de rappels, le constructeur d'Auburrn Hills publie un communiqué diplomatique expliquant  que la NHTSA et lui "ont résolu leur différend". En conséquence, Chrysler  "va mener une campagne volontaire pour les véhicules en question" qui permettra une "inspection visuelle" et, le cas échéant, des modifications de la structure, poursuit Chrysler dans son communiqué.

Machine arrière toute

La NHTSA lui avait demandé, au début du mois, de rappeler des Jeep Grand Cherokee (de 1993 à 2004) ainsi que des Jeep Liberty (appelés Cherokee en Europe, modèles 2002 à 2007). Dans sa lettre au constructeur, la NHTSA invoquait "de nombreux cas de décès et blessures" provoqués par des incendies du réservoir à essence consécutifs à des collisions par l'arrière. L'entreprise n'était "pas d'accord avec les conclusions de la NHTSA et n'a pas l'intention de rappeler les véhicules concernés", martelait initialement Chrysler, dans un communiqué du 5 juin dernier.  Mais, depuis, marche arrière toute!

Bras de fer dangereux

Chrysler reconnaît maintenant que la "question a créé des inquiétudes chez ses clients" et  se rend surtout compte qu'une partie de bras de fer avec ladite NHTSA peut être catastrophique en termes d'image, tout en coûtant in fine très cher. La NHTSA, dans un communiqué séparé, se dit, elle, "satisfaite que Chrysler ait accepté de prendre des mesures pour protéger ses clients" et dit vouloir "continuer à enquêter sur cette affaire, en attendant l'examen (...) des documents fournis par Chrysler durant son action de rappel".

Dévastateur pour Toyota

Ces enquêtes et rappels liés à des accidents mortels peuvent être dévastateurs. On se souvient de l'épidémie des millions de rappels en 2009-2010  effectués par le japonais Toyota, lequel avait tardé initialement à réagir. La contre-publicité a été terrible. Les ventes de Toyota ont plongé et le groupe a pâti pendant des années d'une mauvaise image qui lui a coûté  horriblement cher. Pourtant, in fine, la NHTSA avait blanchi le constructeur des accusations portées contre lui. Beaucoup d'observateurs à l'époque avaient vu dans cet acharnement contre Toyota une démonstration nationaliste, alors que GM et... Chrysler étaient au bord de la banqueroute.

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Commentaires
a écrit le 19/06/2013 à 12:42 :
Vu le précédent Toyota, il va être intéressant de suivre cette affaire. Si les conclusions préalables de la NHTSA s'avèrent également inappropriées, cela devrait entraîner une interrogation sur les motifs et de la fiabilité de cette agence.........................

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