Automobile : le plan du constructeur vietnamien Vinfast pour séduire l'Europe
Nabil Bourassi, à Turin
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Vinfast
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Salon automobile de Paris, Porte de Versailles, septembre 2018... Le crépitement des flashs se confond avec le bruissement grandissant d'une foule compacte, massée autour d'un stand au nom inconnu... Lorsque soudain, apparaît la star du football et des Unes de magazines people, David Beckham. Il n'est pas certain que les badauds aient imprimé le logo qu'arbore le stand sur lequel le Britannique a pris place. Mais Vinfast a réussi son coup: le groupe automobile vietnamien a créé l'une des plus inattendues surprises du salon automobile de Paris, en attirant vers lui, le temps d'un instant, tous les projecteurs du plus couru des événements européens du moment.
Il faut dire que la marque vient à peine d'être lancée. C'est en 2017 que VinGroup, le plus grand conglomérat du Vietnam décide de se lancer dans l'industrie automobile. Curieusement, c'est en Ukraine que l'histoire de VinGroup commence. En 1993, Pham Nhat Vuong fonde une société agroalimentaire dans l'ex-République soviétique avant de revenir au Vietnam dans les années 2000 où il se diversifie dans divers secteurs comme l'immobilier, l'éducation, le divertissement ou les services à la personne. Vingroup investit également dans la recherche, l'intelligence artificielle et vend des téléphones portables. En 2021, Vingroup emploie 45.000 personnes au Vietnam et pèse l'équivalent de 16 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Pour Thomas Chrétien, directeur marketing et communications de Vinfast Europe, la philosophie du groupe est "d'améliorer le quotidien des vietnamiens avec des produits modernes, attractifs et aux meilleurs standards qualité internationaux". C'est dans cet esprit "philanthropique" que Vingroup décide donc de se lancer dans la production automobile. Il a fallu moins de deux ans au groupe, pour sortir une usine de terre.
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En 2019, l'usine de Haï Phong, dans le nord du pays, dispose d'une capacité de production de 250.000 voitures, et de 500.000 scooters. Cet immense complexe industriel ultra-robotisé aura coûté la bagatelle de 3,75 milliards d'euros. A titre de comparaison, l'usine chinoise de Chengdu construite par PSA (aujourd'hui Stellantis) et inaugurée en 2016 pour une capacité de 300.000 voitures, avait coûté 470 millions d'euros...
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