En Allemagne, la fin du moteur thermique (diesel ou essence) coûterait 600.000 emplois (étude)

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Le pollution générée par les moteurs diesel est devenue un sujet sensible depuis le scandale de trucage des tests d'émissions polluantes des moteurs diesel de Volkswagen, qui a éclaté en septembre 2015.
Le pollution générée par les moteurs diesel est devenue un sujet sensible depuis le scandale de trucage des tests d'émissions polluantes des moteurs diesel de Volkswagen, qui a éclaté en septembre 2015. (Crédits : © Tobias Schwarz / Reuters)
Le lobby automobile allemand a commandité une étude à charge contre une future interdiction des véhicules à moteur à combustion : les dégâts économiques et sur l'emploi seraient considérables. Cette étude tombe quelques jours avant une rencontre entre les représentants de l'Etat et les constructeurs sur un thème de santé publique : comment réduire la pollution des moteurs diesel...

Le coup de tonnerre du 6 juillet résonne encore dans le ciel de l'industrie automobile français, quand Nicolas Hulot a annoncé la fin du véhicule à moteur thermique (essence ou diesel) d'ici à 2040 comme un des axes majeurs du plan climat du gouvernement. Mais, sans doute est-ce toute l'industrie européenne qui a tremblé, puisque la fédération automobile allemande VBA (Verband der Automobilindustrie) elle-même a commandé une étude sur les conséquences qu'aurait, en Allemagne, une telle décision. Qui plus est, en choisissant un horizon bien plus rapproché : 2030.

Ainsi selon l'étude de l'institut de recherche économique IFO (Institut für Wirtschaftsforschung) commandée par la VDA et publiée jeudi, une éventuelle interdiction des moteurs à combustion en Allemagne d'ici à 2030 menacerait plus de 600.000 emplois dans le pays.

Dans le détail, précise l'IFO, le passage à une industrie automobile zéro émission menacerait directement 426.000 emplois chez les constructeurs, et le reste dans les secteurs associés comme chez les équipementiers et sous-traitants.

De grandes villes menacent d'interdire totalement le diesel

La VDA, qui représente des constructeurs comme Volkswagen, Daimler et BMW, est en négociation avec le gouvernement sur un projet de réduction des émissions des moteurs diesel. La profession espère pouvoir ainsi échapper à une interdiction totale des moteurs diesel comme envisagée par plusieurs grandes villes allemandes, dont Munich et Stuttgart.

Le pollution générée par les moteurs diesel est devenue un sujet sensible depuis le scandale de trucage des tests d'émissions des diesel de VW, qui a éclaté en septembre 2015.

Réunion sur la santé publique avec les constructeurs

Des représentants des gouvernements de l'Etat fédéral allemand et des Länder doivent rencontrer des responsables des constructeurs automobiles le 2 août pour tenter de trouver des solutions en vue de réduire la pollution des moteurs diesel, accusée de favoriser des maladies respiratoires.

"Les industriels mettent délibérément en avant le scénario du pire pour défendre leurs intérêts", déplore Frank Schwope, analyste chez NordLB, en jugeant "incompréhensibles" les chiffres avancés par l'Ifo.

Pour deux ou trois emplois perdus avec la disparition des moteurs thermiques, un emploi sera créé dans la recherche et développement, l'informatique et les autres domaines d'activité liés aux technologies de zéro émission, fait-il valoir.

Barbara Hendricks, la ministre allemande de l'Environnement, a affirmé dans l'édition de mardi du journal Handelsblatt que "la responsabilité de ne pas en arriver là (à l'interdiction totale) revenait à l'industrie automobile."

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Commentaires
a écrit le 21/07/2017 à 8:34 :
m hulot doit etre tres riche pour payer les futurs chomeurs
dut a ses idees absurde d'ecolo
ou comme les autres faire payer le contribuables
et comment vas t'il créer le memes nombre d'emploi
deja que la fabrication des batteries est impossible
sur le sol Français a cause de composants pour les quelles m hulot
a fait interdire la manipulation et qui doivent etre produit hors de France
a écrit le 20/07/2017 à 15:22 :
.... directs, je suppose, mais je pense qu'en réalité ce serait beaucoup plus si l'on considère les retombées collatérales même en tenant compte du différentiel avec les emplois créés par les moteurs électriques.
Ce qu'a dit Nicolas Hulot est une idiotie, une aberration typiquement d'écolo au sens le plus péjoratif du terme. Par quoi va-t-il remplacer les moteurs thermiques ? par des moteurs électriques à batteries d'accumulateurs car on ne sait pas faire autre chose pour le moment. La belle affaire !... Ce sera justement une catastrophe environnementale car l'empreinte écologique de cette voiture électrique est déplorable. Bien sûr, tous ses partisans ne la regarde que rivés dans son périmètre immédiat à 1€ les 100km.
Certes la voiture à motricité électrique est l'objectif à atteindre mais surtout pas avec des batteries d'accumulateurs. Elle ne s'intègre dans les infrastructures urbaines, routières et autoroutières qu'au prix exorbitant de modifications ayant un néfaste impact environnemental évident. Les recharges les plus perforantes restent un véritable cauchemar.
De mon point de vue, les batteries d'accumulateurs doivent être remplacées par une pile à carburant dont on remplit un réservoir comme on le fait depuis des lustres.
Mais, aujourd'hui, que nous propose-t-on comme pile à carburant ? la pile à combustible, à hydrogène. Certes, on sait produire aujourd'hui de l'hydrogène mais en relative petite quantité par rapport au besoin que nécessiterait un passage généralisé à l'électrique. Les scientifique estiment que l'hydrogène produite industriellement en quantité équivalente aux hydrocarbures sans flambée démesurée des prix ne peut être assurée avant 2040-2050. Cela laisse entendre que le moteur thermique a encore pas mal de beaux jours devant lui.
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Alors quoi faire me direz-vous ? Il existe déjà depuis plus d'un siècle une solution transitoire, non révolutionnaire donc, qui peut s'apparenter à une pile à carburant déjà utilisé pour le Normandie (1934), les diesel-électriques de la SNCF (1937), le Queen Mary II (2002), c'est le tout simple groupe électrogène à base d'un moteur thermique tournant à régime constant, régime dont il est parfaitement adapté pour une moindre pollution contrairement à 95% des voitures d'aujourd'hui. On peut l'assimiler à une solution hybride à motorisation électrique principale beaucoup plus optimisée que celle à motorisation thermique principale que l'on nous fourguer à tout prix comme les Prius, les Leaf, etc... solutions de pétroliers qui retrouvent leurs profits quand on roule à plus et 50-70 km/h selon les modèles.
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GM avait justement tenté de promouvoir ce type de véhicule hybride à motorisation électrique principale avec sa Chevrolet Volt et son Opel Ampera pour l'Europe que les médias soutenus par les lobbies, ont tôt fait de démolir. En conduite normale, non "sportive", la voiture se meut électriquement dans tout son domaine d'utilisation de 0 à 163 km/h
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Dommage que PSA, en achetant Opel, n'y voit pas une voie de la transition écologique !...
a écrit le 20/07/2017 à 8:54 :
En France il n'y a pas ( encore ) de réactions similaires. On en est encore aux balbutiements des effets possibles de la fracture numérique et de automatisation . Espérons que les entreprises prennent une positon différente, car sur la marché de l'automobile, il y a aura parallèlement l'impact des voitures sans chauffeurs qui nécessairement mettrons les voiture individuelles au rebus.Alors il va falloir prévoir....
a écrit le 19/07/2017 à 21:37 :
Là, j'aperçois Detroit, ses friches industrielles, sa ville à demi-désertée, la grandeur sublime de ses monuments de technologie et de frénésie en train de se désagréger lentement et dans le silence, et plein de gens en train de cultiver des légumes sur les toits ou les trottoirs (enfin, dans des sacs à cause de la pollution de la terre par les métaux lourds et autres hydrocarbures). En attendant le retour des insectes, des papillons puis des oiseaux. Sinon quoi
a écrit le 19/07/2017 à 16:04 :
Et les technologies qui remplaceront le moteur thermique en créent autant voir plus . . .
Plus loin que votre nez, plus loin . . .
a écrit le 19/07/2017 à 15:03 :
Les constructeurs d'outre Rhin vont peut-être enfin réfléchir et concevoir des moteurs moins gros et moins polluants dans un premier temps au lieu de tricher avant de passer au tout électrique.
a écrit le 19/07/2017 à 14:35 :
"Le lobby automobile allemand a commandité une étude à charge contre une future interdiction des véhicules à moteur à combustion"

Je crois que tout est dit dans cette première et simple phrase. Merci pour votre professionnalisme.
a écrit le 19/07/2017 à 13:56 :
L'élevage des chevaux pour remplacer les moteurs représente beaucoup plus d'emplois !
a écrit le 19/07/2017 à 13:46 :
Si le moteur thermique est remplacé par un moteur électrique si je sais bien compter le gars il n'a pas fabriqué un moteur thermique mais il a fabriqué un moteur électrique non ? Oui mais un moteur thermique est plus facile à produire : pas de démarreur, pas de système de refroidissement, pas de vidanges, bref pas d'entretien coûteux que font payer au prix fort les garagistes. Ok. Mais le gars qui a acheté le véhicule thermique l'argent qu'il n'a pas mis dans son huile de vidange polluante il va le mettre dans un meilleur autoradio, une batterie à meilleure autonomie, des panneaux solaire sur son toit non ? Au final on respire mieux en ville et on a le même nombre d'emplois.
a écrit le 19/07/2017 à 13:18 :
Merci pour le résultat de cette étude qui présente des avantages non négligeables pour l'Allemagne. La population de l'Allemagne diminue, donc perdre 600k emplois quand on a une population active en baisse n'est pas une mauvaise chose. La population humaine devant baisser pour permettre à sa descendance d'avoir un avenir, la transition vers le zéro émission est indispensable. MERCI aux auteurs et commanditaires de l'étude.
Réponse de le 20/07/2017 à 15:31 :
C est qui ce brankeur de truc qui n a jamais rien foutu de sa trop longue vie ??
a écrit le 19/07/2017 à 12:43 :
"les dégâts économiques et sur l'emploi serait considérable."
seraient (considérables) ?
a écrit le 19/07/2017 à 12:40 :
Ils sont complètement arriérés ces lobbies automobiles ! D'une part les conséquences des importations d'énergies fossiles, de la pollution et du réchauffement climatiques sont énormes partout dans le monde chaque année. D'autre part les coûts des bouchons sont également élevés et l'évolution technologique fait qu'il y va y avoir de plus en plus de navettes autonomes, de véhicules autonomes, d'auto-partage etc. D'où nécessairement une réduction importante du nombre de véhicules. Les chinois ont bien été obligés de retrouver les avantages du vélo et diffusent leurs nouveaux concepts à très bas coût partout. Dans tous les cas l'évolution technologique nécessite de s'adapter et il y aura donc des transferts d'emplois, il est inutile de publier des études aux données très contestables et de tourner le dos à l'avenir, mais essentiel d'anticiper ces évolutions créatrices de bien d'autres emplois, services etc. C'est la bonne direction plutôt que de faire prendre en charge par la société des mauvaises décisions. On sait bien également les mutations à venir dans le secteur numérique, de l'intelligence artificielle, de la robotique etc Tout va plus vite donc il faut anticiper correctement.
Réponse de le 20/07/2017 à 15:33 :
Je vous signale qu Elon Misk qui est plutot un visionnaire considere l intelligence artficielle comme une veritable folie !!!

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