Impériales Wheel, unique site français de production de jantes automobiles employant 180 salariés, va-t-il être rayé de la carte économique ? Alors que la priorité affichée du gouvernement depuis 2020 est la réindustrialisation à marché forcée de l'Hexagone, le symbole serait déplorable pour Bruno Le Maire et Roland Lescure, les deux ministres concernés, si le processus allait à son terme. Le tribunal de commerce de Villefranche sur Saône (69), où est situé le siège de l'actionnaire, Saint-Jean industries, a placé le 22 février la société Impériales Wheels en redressement judiciaire en l'assortissant d'une période d'observation de six mois.
Signe de la fébrilité qui règne en haut lieu, plusieurs fonctionnaires de Bercy, issus de la Délégation aux restructurations d'entreprises, se rendront dès le 29 février prochain sur le site d'Impériales Wheels situé à Diors dans l'agglomération castelroussine. Au programme, une rencontre avec le préfet de l'Indre Thibault Lanxade, le maire LR de Châteauroux, Gil Averous, ainsi que les élus du personnel de la société en difficulté. L'objectif est de tenter d'échafauder des solutions pour l'avenir du site Impériales Wheels, qui replonge à nouveau.
L'entreprise, détenue à l'époque par le groupe américain Alvance Wheels, avait déjà déposé son bilan en avril 2021. En cause, des pertes de marché importantes dues notamment à l'obsolescence de l'outil de production, faute d'investissements nécessaires de la part de l'actionnaire. En pleine mutation du secteur automobile, la fourniture de jantes toujours plus légères et performantes auprès des donneurs d'ordres Stellantis et Renault devenait mission impossible pour le site de Diors. Compte tenu de la spécificité de l'entreprise castelroussine, la ministre chargée de l'industrie Agnès Panier-Runacher avait non seulement trouvé en février 2002 un repreneur, EDS Holding propriétaire de Saint-Jean Industries, mais s'était aussi engagée à participer à sa modernisation à hauteur de 50 millions d'euros. A la clé, la création d'une diversification vers les voitures haut de gamme (Porsche, Tesla, etc.), à côté de l'activité de série classique. De son côté, la région Centre Val de Loire a apporté deux millions d'euros ainsi qu'un prêt de trois millions d'euros, soit cinq millions d'euros au total. « Dès le changement de ministre en juin 2022, le dossier s'est grippé à Bercy, déplore Harold Huwart, vice-président régional en charge de l'économie. Au lieu d'être massives, les aides de l'Etat ont été effectuées au compte-goutte. Finalement, Bercy n'a pas payé la dernière tranche, soit environ 10 millions d'euros et ne tient donc pas ses engagements ».