LA TRIBUNE - La première des phases du projet « Renaulution » que vous avez présenté en janvier 2021 était celle de la résurrection du groupe. Est-elle définitivement achevée ?
LUCA DE MEO - Oui. Lorsque l'équipe s'est mise en place, Renault était au fond du trou avec des pertes de 40 millions d'euros par jour. Quand je suis arrivé en juillet 2020, la priorité était donc de mettre la maison en ordre. Il fallait abaisser le point mort. Nous l'avons diminué de 50% en un an et demi ce qui a permis de dégager une marge opérationnelle de 5,6% l'an dernier, avec l'objectif de la porter cette année à 6%, ce qui serait la meilleure performance de Renault depuis 20 ans. Si l'on compare avec les grandes restructurations observées depuis plus de 20 ans dans le secteur automobile, la restructuration de Renault est la plus rapide. Je n'en suis pas particulièrement fier, car je préfère toujours développer une entreprise et créer des emplois. Mais c'était nécessaire pour revenir dans le match. La marque Renault est désormais numéro 2 en Europe et le Groupe Renault détient 11% de parts de marché européen. Ce qui a été le plus compliqué dans cette période, c'est qu'il a fallu restructurer, mais aussi inventer le futur de l'entreprise. C'est-à-dire : mettre en place, avec des moyens limités, une gamme de produits qui nous permette de revenir sur le marché en quatre ans, et de faire en sorte que Renault soit l'une des entreprises les plus adaptées à la nouvelle structure du marché et aux nouvelles chaînes de valeur. Beaucoup de solutions ont été trouvées pour rationaliser et améliorer les produits. À partir de maintenant et jusqu'à 2025, nous aurons probablement la meilleure offre que Renault n'ait jamais connu depuis 30 ans que je suis dans le secteur automobile, avec les produits profitables dans les bons segments, avec les bonnes technologies, aux bons coûts.
Nous sommes donc à l'aune de la phase de rénovation. Combien de produits seront lancés exactement ?