Les tweets erratiques d'Elon Musk déplaisent aux autorités financières américaines

Le gendarme américain des marchés boursiers, la SEC, estime qu'Elon Musk a par deux fois enfreint l'accord selon lequel il doit faire approuver ses tweets par les avocats de Tesla avant de les publier, affirme mardi le Wall Street Journal.Les frasques de l'entrepreneur sur le réseau social lui ont déjà valu de nombreux ennuis par le passé.

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Elon Musk, le patron de Tesla
Elon Musk, le patron de Tesla (Crédits : Lucy Nicholson)

Elon Musk avait promis de se tenir à carreau sur Twitter après plusieurs scandales liés à la communication autour de son entreprise Tesla. Mais la SEC, le gendarme américain des marchés boursiers, considère que le milliardaire ne tient pas ses engagements. Selon le Wall Street Journal, elle estime en effet que le patron de Tesla a par deux fois enfreint l'accord selon lequel il doit faire approuver ses tweets par les avocats de Tesla avant de les publier. La SEC, explique le quotidien économique new-yorkais, a envoyé des documents au fabricant de voitures électriques en 2019 et 2020 considérant que deux tweets du patron de l'entreprise, concernant les volumes de production de panneaux solaires d'une part et le prix de l'action Tesla d'autre part, n'avaient pas été validés comme prévu.

Dans une lettre datant de mai 2020, la SEC a estimé que Tesla n'avait pas « appliqué ces procédures et contrôles malgré les violations répétées de M. Musk», rapporte le Wall Street Journal.

Des griefs qui remontent à 2018

Les déboires d'Elon Musk avec la SEC datent de l'été 2018. Dans un tweet publié le 7 août 2018, l'entrepreneur évoque alors sa volonté de retirer son groupe de la Bourse. « J'envisage de retirer Tesla de la cote au prix de 420 dollars. Le financement est assuré », écrit-il. Une déclaration qui n'est pas du goût de la SEC.

L'organisme de régulation estime en effet qu'il a provoqué une envolée artificielle du titre Tesla. « Les déclarations de M. Musk ont trompé les investisseurs en faisant croire qu'il était quasiment certain de pouvoir retirer Tesla de la Bourse au prix de 420 dollars l'action »,accuse alors Stephanie Avakian, co-directrice d'une division de la Securities and Exchange Commission.

N'étant pas parvenu à apporter les preuves de son affirmation, Elon Musk s'était vu infliger une amende de 20 millions de dollars par la SEC et avait dû abandonner le poste de président du conseil d'administration.

Le régulateur avait aussi obtenu que toute communication du patron « contenant ou pouvant contenir des informations susceptibles d'affecter Tesla ou ses actionnaires »  soit passée en revue par les juristes de l'entreprise avant d'être publiée.

Musk fait valser les cours des cryptomonnaies

L'usage immodéré et parfois inconsidéré que le patron de Tesla fait de Twitter cause régulièrement des vagues. Début février, Musk a ainsi fait bondir le cours du bitcoin en insérant #bitcoin dans sa bio Twitter, annonçant du même coup que Tesla avait acheté pour 1,5 milliard de dollars de la cryptomonnaie et accepterait désormais celle-ci pour le paiement de ses voitures électriques.

Mais à la mi-mai, le turbulent dirigeant a fait marche arrière: il a annoncé dans un tweet que Tesla refuserait désormais les paiements en bitcoins à cause du risque environnemental causé par le minage de la cryptomonnaie, entraînant une plongée du cours du bitcoin.

Il soutient aussi régulièrement sur le réseau social une autre devise virtuelle, le dogecoin, cryptomonnaie ayant un chien pour emblème, créée comme une plaisanterie et devenue très à la mode malgré les doutes des milieux financiers. En mai, il a ainsi fait bondir le dogecoin par un tweet sibyllin: « combien vaut le Doge dans la vitrine ? » , référence à une chanson populaire sur un chien (« dog » en anglais).

Ces déclarations lui valent régulièrement d'être accusé par divers professionnels de la finance de manipuler impunément les cours des cryptomonnaies. La SEC a jusqu'ici botté en touche, se contentant de souligner le risque que comportent ces actifs financiers pour les investisseurs. Mais le patron de Tesla serait sans doute avisé de ne pas trop la provoquer.

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Commentaire 1
à écrit le 02/06/2021 à 10:45
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Si la Bourse, c'est Twitter, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas au pays de la finance. On savait déjà que la Bourse ce n'est pas l'économie, là on touche le fond. Autant jouer au Loto.

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