Michelin continue de fermer des sites : à La Roche-sur-Yon, plus de 600 salariés menacés

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Un Bib' traverse la section dédiée au stockage des pneus pour le sport automobile du site de Clermont-Ferrand, en Auvergne, où se trouve le siège du fabricant tricolore de pneumatiques. Cette photo a été prise début juillet 2013 alors que Michelin annonçait la suppression de 700 emplois dans le pays.
Un "Bib'" traverse la section dédiée au stockage des pneus pour le sport automobile du site de Clermont-Ferrand, en Auvergne, où se trouve le siège du fabricant tricolore de pneumatiques. Cette photo a été prise début juillet 2013 alors que Michelin annonçait la suppression de 700 emplois dans le pays. (Crédits : Reuters)
Touchée par les difficultés du marché et la concurrence des pneus asiatiques à bas coûts, la marque au Bibendum avait déjà annoncé il y a deux semaines la fermeture d'ici à 2021 de son usine de Bamberg (sud de l'Allemagne), qui emploie 858 salariés pour produire des pneus de voitures.

Le couperet est tombé: menacée depuis plusieurs semaines, l'usine Michelin de La Roche-sur-Yon, qui emploie 619 salariés, fermera d'"ici fin 2020", a annoncé jeudi le géant français du pneu, une décision vivement contestée par les syndicats d'une entreprise jugée très rentable.

Touchée par les difficultés du marché et la concurrence des pneus asiatiques à bas coûts, la marque au Bibendum avait déjà annoncé il y a deux semaines la fermeture d'ici à 2021 de son usine de Bamberg (sud de l'Allemagne), qui emploie 858 salariés pour produire des pneus de voitures.

Le groupe promet de reclasser tout le monde au sein de l'entreprise

La direction va proposer "un plan d'accompagnement des salariés" de La Roche avec des mesures de préretraite et des dispositifs de mobilité interne et externe, selon un communiqué du groupe.

"Michelin donnera à chaque salarié concerné la possibilité de rester au sein de l'entreprise en France", promet le numéro deux mondial des pneumatiques, s'engageant en outre à lancer "un projet public-privé d'envergure pour donner un nouvel avenir au site" vendéen, qui fabrique des pneus poids lourds depuis 1971.

La décision de fermeture a été annoncée jeudi matin au personnel de l'usine, sur place, par des dirigeants de Michelin. Le ton est monté, certains salariés invectivant les responsables en criant "assassins", "menteurs" ou encore "escrocs", a constaté une journaliste de l'AFP.

Amertume: "On a joué le jeu et pour remerciement, on est licencié"

"On a joué le jeu pour garder nos emplois. On nous a demandé sans arrêt de changer nos horaires et on l'a fait (...). Et le remerciement, c'est qu'on est licencié", a lancé, amère, Sandrine, 42 ans, dans l'usine depuis 2008.

"Notre objectif, c'est que tous les salariés retrouvent rapidement un emploi", et de "vérifier que l'emploi retrouvé est de qualité", au sein du groupe ou à l'extérieur, notamment sur "un territoire vendéen qui est très dynamique", a assuré à l'AFP une source proche de la direction.

Par ailleurs, 74 personnes travaillant à l'usine de Cholet (Maine-et-Loire) à la fabrication de "mélanges de gomme" pour La Roche-sur-Yon "sont concernées par le projet de fermeture". "Au-delà des mesures de préretraite", chacune "se verra proposer un nouveau poste sur le site" de Cholet, a précisé le groupe.

La fermeture de l'usine vendéenne aura aussi des répercussions sur les postes de 13 salariés à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), 2 à Vannes et 1 à Poitiers, mais tous pourront rester sur leur site sans modification de contrat de travail, a indiqué à l'AFP la direction des ressources humaines de Michelin France.

"Difficulté du marché", "concurrence exacerbée"

"Pendant des années, nous avons essayé de maintenir le site, mais nous n'y arrivons pas, les conditions du marché ne le permettent plus", a fait valoir le président de Michelin, Florent Menegaux, dans un entretien au quotidien Ouest-France. "Le site est petit et, malgré les investissements que nous avons réalisés pour essayer de lui donner une taille critique, il n'est pas suffisamment performant en termes de coût de revient industriel", a-t-il argumenté.

En cause, les "difficultés du marché des pneus poids lourds haut de gamme, tant en Europe qu'à l'export" avec notamment un marché européen attendu sans croissance" et une "concurrence exacerbée".

Un argument insuffisant pour le syndicat SUD Michelin, qui dénonce une "trahison". Les salariés "ne sont pas responsables de la calamiteuse stratégie de marge et de prix (...) qui conduit à cette catastrophe sociale", a estimé le syndicat, appelant à une "grève illimitée" et à "un rendez-vous de toute urgence" avec le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

"On sacrifie des emplois" pour "un objectif de rentabilité financière à court terme", s'est indigné auprès de l'AFP Jean-Christophe Laourde (CFE-CGC).

Quinze sites en France et plus de 20.000 employés

Laurent Bador (CFDT) a de son côté exprimé un  "sentiment d'accablement et une immense tristesse pour les salariés".

"Ils avaient fait énormément d'efforts ces dernières années. Ils ont l'impression d'être lâchés en pleine campagne", a-t-il poursuivi, estimant que Michelin "a les moyens" de "trouver une solution" pour chacun.

Le groupe employait quelque 110.000 salariés (équivalent temps plein) fin 2018, dont plus de 20.000 en France où l'entreprise possède une quinzaine d'implantations industrielles.

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a écrit le 11/10/2019 à 17:56 :
Il faut à ts prix éviter une casse sociale qui va conduire inévitablement à une catastrophe sociétale aux prochaines élections.
Ts ces salariés qui n'ont pas démérité cpte tenu des adaptations qui leur ont été imposé doivent être accompagnés dignement dans leurs choix futurs avec si nécessaire, formation de reconversion diplomante avec de copieuses indemnités et maintien du salaire sachant le tissu industriel très dynamique de la Vendée et le besoin d'opérateurs qualifiés qui va avec : 1er fabricant mondial de bateaux de plaisance , industrie du meuble très importante, industrie agroalimentaire en plein essor avec l'augmentation du bio.
Tt doit être mis sur la table pour trouver le meilleur choix en terme d'emplois de qualité ds la reconversion du site à financer par ce fleuron industriel très profitable.
Et les actionnaires doivent bien sûr financer par un effort demandé sur les dividendes, comme cela a été imposé en son tps au personnel.
Idem bien évidemment pour GE à Belfort qui de plus n'a pas respecté ses engagements... ou Ford à Blanquefort.
a écrit le 11/10/2019 à 10:12 :
Dans les nouveaux pays membres de l'UE, à salaire net après impôts égal, un centre R&D coute 1/3 de ce qu'il coute en France.malgré CICIE et CIR. Pour cause, le plein emploi, pas beaucoup de dette publique, et un immobilier pas cher qui fait qu'il n'y a pas besoin de dépenser des dizaines de milliards par an pour le logement social dans ces nouveaux pays membres.
Dans cette mondialisation on ne maîtrise pas tout, mais avoir un immobilier nettement moins cher en France, là ou se trouvent des emplois et pas à 50 km, permettrait d'améliorer la compétitivité du pays. Car les dépenses numéro 1 et 2 d'un foyer sont le logement et l'automobile. En Europe de l'Est ils l'ont bien compris, et on peut par exemple construire sur un terrain agricole sur simple demande en mairie, les terrains à bâtir sont donc à 2€/m2 à 35 minutes de TER des capitales.
a écrit le 11/10/2019 à 0:00 :
les dirigeants les actionnaires c' est vraiment prendre les ouvriers pour c.....les économistes devraient etre dégagés des plateaux de télé et leurs bouquin mis au pilon
a écrit le 10/10/2019 à 18:58 :
he oui
on demolit l'industrie auto, forcement ca tape
bon, apres, michemin a un peu trop abuse de son ' pricing power', et quand on tire sur la corde....
cela dit rejouissons nous, tous ces futurs chomeurs reduisent les inegalites en devenant chomeurs avec ceux qui l'etaient deja!
ce bon nivellement par le bas doit rejouir le gouvernement hollande qui a tout fait pour, et ce des l'ecole!
du bon miserabilisme, ca rappelle les plans cynique de lenine reenchante dans ses ecrits pour tous d'il y a un siecle!
que du bonheur
a écrit le 10/10/2019 à 15:57 :
Et en plus ,ils vont se taper la nouvelle réforme de l'assurance chômage.
a écrit le 10/10/2019 à 15:14 :
et voila , michelin touche cette année le CICE et ...les allégements de charge et c est avec l argent du contribuable qu il va licenciés .elle est pas belle la vie !
quand aux propos du directeur de site c est vraiment prendre les ouvriers pour des lapins de huits jours cette décision a éré prise il y a bien longtemps et planifiée ,quand tu veut tuer ton chien dit qu il est malade ! je vous laisse méditer
Réponse de le 10/10/2019 à 17:45 :
"et voila , michelin touche cette année le CICE "

Pas que cette année mais depuis la création du CICE. 70 millions d’euros en 2017 par exemple.
a écrit le 10/10/2019 à 14:20 :
Achetez vous des pneus Michelin ou des pneus de sous marque ? J'achète des michelin car ils sont de bonne qualité et je sais ce que ça impliqué derrière au niveau humain, et vous ?
a écrit le 10/10/2019 à 13:51 :
Et tout ceci n'est qu'un problème de pouvoir d'achat et de dumping social puisque les michelin d'un point de vue rapport qualité prix durent plus longtemps, sont plus sûr que les chinois à 40 euros mais quand on a que 40 euros et qu'il faut changer ses pneus ben...

Là aussi oh non de la protection de la nature on pourrait aider les pneumatiques de meilleurs qualité qui durent plus longtemps mais bon...

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