Navettes autonomes : « un enjeu pour le premier et le dernier kilomètre » (Etienne Hermite, Navya)
Marie Lyan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Le président du directoire du lyonnais Navya, Etienne Hermite, voit dans le développement des navettes autonomes un enjeu pour le premier et le dernier kilomètre, en vue de permette une décarbonation des transport de manière plus massive.
GRAND ENTRETIEN. A l’issue d’une transformation engagée il y a 18 mois, le lyonnais Navya accélère et veut laisser le mauvais karma derrière lui. La société, fondée en 2014 sur les cendres du groupe Induct, s’est recentrée autour de la fourniture de systèmes de conduite pour les navettes autonomes, avec plus d’une centaine de navettes déployées au sein de 23 pays. Avec, comme dernière signature en date, un accord visant à équiper les futurs « Bluebus » autonomes du groupe Bolloré. Le français veut damer le pion aux Gafa en se concentrant sur le segment des transports collectifs autonomes,...
ETIENNE HERMITE - Navya est encore une startup qui a été effectivement chahutée, comme le sont très souvent les sociétés qui démarrent assez vite et qui ont à un certain moment besoin de se repositionner. Depuis ses débuts, Navya avait intégré beaucoup d'activités et le moment était venu de se poser la question de savoir ce que la société voulait réellement faire dans le domaine des véhicules autonomes.
Nous avons travaillé à repositionner sa stratégie, en prenant le parti de développer les systèmes de conduite autonome, qui permettent d'atteindre un niveau 4 d'autonomie sans opérateur de sécurité à bord, au sein d'un domaine d'opération défini en termes de vitesse et de complexité de l'environnement.
Quelles sont les applications visées avec ces systèmes de conduite autonomes, dits de niveau 4 ?
La première application que nous ciblons est celle de la navette dans laquelle nous souhaitons petit à petit pouvoir retirer l'opérateur de sécurité au sein de certains cas d'usages précis, c'est-à-dire lorsque la vitesse est réduite, et que le véhicule opère dans certains environnements.
Bien que nous ne nous positionnions plus comme un constructeur, nous continuons de fabriquer en interne des navettes car cela nous permet d'avoir un démonstrateur de nos technologies, puis de les déployer ensuite sur tout type de plateformes. C'est par exemple le cas avec le groupe Charlatte, avec qui nous avons déployé nos technologies sur des tracteurs logistiques qui servent à déplacer les bagages au sein des aéroports.
Pourquoi avoir choisi de vous retirer de la position de constructeur automobile ?
Nous nous sommes aperçus que lorsque le marché du véhicule autonome se développerait, la demande serait surtout centrée vers la conception et l'intégration de systèmes embarquant des capteurs ainsi qu'une intelligence permettant d'assurer la sécurité des passagers. Car il existait déjà des fabricants de bus ou de voiture qui fabriquent déjà les véhicules.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.