Plus robuste que jamais, Volkswagen accélère dans l'électrique

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La rentabilité du groupe automobile allemand n'a jamais été aussi élevée et devrait augmenter en 2018 avec la disparition des charges liées au scandale des moteurs truqués.
La rentabilité du groupe automobile allemand n'a jamais été aussi élevée et devrait augmenter en 2018 avec la disparition des charges liées au scandale des moteurs truqués. (Crédits : © Kacper Pempel / Reuters)
L'exercice 2017 pourrait être le dernier à enregistrer un lourd impact du scandale des moteurs truqués. Le groupe affiche des niveaux de rentabilité au plus haut niveau, et promet de consolider davantage encore cette robustesse dans les années à venir. Matthias Müller, Pdg du groupe automobile allemand, a dévoilé une ambitieuse feuille de route pour accélérer l'industrialisation de ses voitures électrifiées.

« Un niveau jamais atteint par notre groupe », a affirmé Matthias Müller, Pdg du groupe automobile allemand, avec beaucoup de sobriété ce mardi à l'occasion de la présentation de résultats financiers du groupe Volkswagen. Il faudra néanmoins distinguer deux types de ratio pour bien jauger de la performance du groupe.

Double lecture des résultats opérationnels

Le résultat opérationnel avant charges exceptionnelles ressort à 17 milliards d'euros, soit une hausse de 16,5%. Sauf que les charges liées au scandale Volkswagen ont encore lourdement impacté les résultats du groupe, mais moins que l'année précédente. Ainsi, après ces "éléments exceptionnels", le bénéfice atteint 13,8 milliards d'euros, en hausse de 95%. La marge opérationnelle est même doublée à 6%, bien qu'elle ressortirait à 7,4% sans les charges liées au scandale.

La performance opérationnelle de Volkswagen est donc plutôt bonne, quoiqu'en ligne avec le reste du marché (PSA a enregistré une marge opérationnelle de 7,4%). Le chiffre d'affaires a atteint 230,7 milliards d'euros (+6,2%) pour 10,7 millions de voitures livrées (+4,3%).

En revanche, les effets du dieselgate n'impactent pas seulement des écritures comptables, ils affectent lourdement la trésorerie. Le cash flow est négatif d'environ 6 milliards d'euros ce qui ramène la trésorerie nette à 22,3 milliards d'euros, contre 27,18 l'année précédente. Soit un niveau, somme toute, très confortable pour envisager d'importants investissements.

Il est à noter d'importantes disparités dans les performances entre les différentes marques du groupe.

  • Volkswagen

La marque Volkswagen progresse enfin après plusieurs années engluée dans une très faible rentabilité. Elle double en 2017 passant de 1,8% à 4,1%. Cette performance restera néanmoins à confirmer puisque la base de comparaison des deux exercices est différente en raison d'une importante déconsolidation notamment de la coentreprise chinoise (soit près de 25% du chiffre d'affaires si on en croit l'écart de chiffre d'affaires entre les deux exercices).

  • Audi

La marque premium du groupe affiche des ventes en stagnation (+1,4% à 60 milliards d'euros), mais assorties d'une progression de 4,4% du résultat opérationnel (5 milliards d'euros), soit une légère hausse de la marge (+0,2 point à 8,4%). La marque aux anneaux rencontre des difficultés sur sa gamme de berlines qui enregistre toutes des ventes en baisse, hormis l'Audi A5 (ventes multipliées par deux). Même l'Audi A4 est en baisse malgré son jeune âge (2 ans). La gamme des SUV n'est pas non plus à la fête puisque même les ventes de Q5 se tassent deux ans seulement après son lancement. C'est le Q2 qui a permis de sauver les volumes de ventes avec 120.000 immatriculations.

  • Seat

Seat réalise la meilleure progression des ventes (+14,6%), mais reste encore confiné à des volumes restreint à l'échelle du groupe (468.000 ventes). Mais la dynamique satisfait son PDG, Luca di Meo qui espère amplifier le mouvement avec la poursuite du déploiement de son plan produit notamment axé sur les SUV. Après l'Ateca, la marque espagnole est en plein lancement de l'Arona, et devrait lever le voile sur un troisième SUV cette année. Le résultat opérationnel bondit de 25%, mais la marge opérationnelle progresse peu (+0,2 point à 1,9%).

| Lire aussi : Déçu, le patron de Seat veut une reprise en main de son marché français

  • Skoda

Skoda poursuit sa croissance au même rythme que l'année précédente avec une hausse de 6,6% des ventes. Celles-ci atteignent 1,2 million de voitures, soit un chiffre record pour la marque tchèque. Preuve de la montée en gamme de Skoda, le chiffre d'affaires augmente plus vite que les volumes (+20,8% à 16,5 milliards d'euros) et les bénéfices s'envolent de 34,6% à 1,6 milliard d'euros. Fort de ces performances spectaculaires, Skoda voit sa marge opérationnelle augmenter d'un point à 9,7% du chiffre d'affaires, soit la meilleure rentabilité du groupe derrière Porsche !

  • Porsche

La marque de luxe affiche effectivement une marge de 18%, soit un bénéfice opérationnel de 4 milliards d'euros (+7,2%) et un chiffre d'affaires en hausse de 4,7% à 21,6 milliards d'euros. Porsche doit cette dynamique grâce à la Panamera dont les ventes ont plus que doublé sur un an.

Accélération du plan d'électrification du groupe

Malgré ces disparités, l'ensemble semble s'inscrire dans une bonne dynamique, ce qui fait dire à Matthias Müller que l'entreprise est « en pleine forme ». Selon le PDG du groupe automobile allemand, le « voyage au pays de la Crise » est derrière lui... Il a effectivement estimé que l'année 2017 était l'année « du retour à l'offensive » avec « une abondance de nouveaux modèles » qui se poursuivra en 2018 avec une avalanche de nouveautés, dont 75 nouveaux produits.

Matthias Müller a également jugé que 2017 a été l'année d'un nouveau départ pour le groupe vers une nouvelle ère qui n'aurait jamais été permise sans la crise du diesel qualifiée de « plus sérieux revers que ce groupe n'ait jamais expérimenté ». Selon lui cette expérience a permis à Volkswagen de se doter « d'un business opérationnel encore plus solide qu'auparavant ».

Matthias Müller a profité de la présentation des résultats financiers pour développer le volet industriel de sa stratégie d'électrification de sa gamme avec un plan de construction de capacités en batteries électriques. En 2022, le groupe Volkswagen produira des batteries dans 16 sites répartis dans le monde entier, contre trois actuellement. Ce dispositif industriel baptisé Roadmap E doit répondre à l'objectif de plus de 3 millions de voitures électrifiées à horizon 2025 à partir de 80 modèles (dont 50 voitures 100% électriques, et 30 hybrides). D'ailleurs, le groupe lancera neuf voitures électrifiées cette année dont 3 pures électriques.

Matthias Müller a toutefois tenu à préciser que Volkswagen ne se désengageait pas pour autant des motorisations conventionnelles. Il a indiqué que le groupe allait encore investir 90 milliards d'euros dans celles-ci pour les cinq prochaines années. Il s'appuie sur la solidité financière du groupe pour justifier de tels investissements sur autant de chantiers technologiques. Volkswagen se veut plus solide qu'avant la crise, et qui promet de l'être davantage encore les années à venir...

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Commentaires
a écrit le 15/03/2018 à 11:45 :
Beaucoup aiment les tricheurs...
a écrit le 15/03/2018 à 10:20 :
Ben oui et c'est bien pour ça qu'elle investi dans le gazage de cobayes... :

"Des chercheurs (financés par Volkswagen, Daimler et BMW) auraient fait inhaler des gaz d'échappement à des cobayes humains" https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/des-chercheurs-finances-par-volkswagen-daimler-et-bmw-auraient-fait-inhaler-des-gaz-d-echappement-a-des-cobayes-humains-766458.html

Si vous me le validez toujours pour protéger vw c'est que vous estimez que votre article vaut plus que celui de vos collègues dont vous avez peut-être en plus participé à la rédaction hein...

Bref cette censure qui ne veut pas qu'on parle du dysfonctionnement majeure de cette multinationale qui devrait se prendre procès sur procès est intenable sur internet sans totalement se compromettre dans le mensonge et la désinformation.

VW ne nous démontre que des pratiques de voyous, si vous ne voulez pas en faire d'articles laissez nous au moins en parler dans les commentaires sinon tout ceci nous mène à rien.

Merci.
a écrit le 14/03/2018 à 19:31 :
GAZ AUTO !
a écrit le 14/03/2018 à 12:43 :
Audi stagne....Vu la qualité de leurs boites de vitesses polonaises, ça m'étonne pas trop.
Porche à les meilleurs marges....Vu le prix de la moindre de leurs pièces, ça ne m'étonne pas trop non plus.
a écrit le 14/03/2018 à 8:40 :
La marge du généraliste Volkswagen marque est à peine à hauteur de la moitié de la marge de PSA et très inférieure à Renault quand le groupe qui accumule les retards et ne vend rien dans l' électrique est au top ...?

VW groupe qui n' a d' ailleurs pas encore soldé la facture du dieselgate et les suspicions dans son propre pays.

S' agit-il d' un publi-reportage monsieur Bourassi ?
a écrit le 14/03/2018 à 8:35 :
- HELMUT ! Remets un singe sous la Passat !!

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