PSA et General Motors officialisent le rachat d'Opel pour 1,3 milliard d'euros

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(Crédits : Statista*)
PSA a annoncé lundi être parvenu à un accord avec General Motors (GM) afin d'acquérir sa filiale automobile européenne déficitaire pour 1,3 milliard d'euros, ce qui va donner naissance au deuxième constructeur de véhicules du Vieux continent.

>> Papier en ligne le 6 mars 2017 à 8h, mis à jour à 10h30

Outre le rachat des marques Opel et Vauxhall, qu'il espère faire revenir dans le vert d'ici à 2020, PSA (marques Peugeot, Citroën et DS) va reprendre conjointement avec la banque française BNP Paribas la filiale financière de GM Europe pour 900 millions d'euros, a-t-il précisé dans un communiqué.

"La valeur de transaction pour PSA, y compris Opel/Vauxhall et 50% des activités européennes de GM Financial, sera de 1,8 milliard d'euros", a souligné le groupe automobile français, qui a engrangé un bénéfice net de 2,15 milliards d'euros en 2016.

La division européenne de GM est en déficit chronique, ayant encore perdu 257 millions de dollars l'année dernière. Sur 16 ans, la facture s'élève à 15 milliards de dollars pour le colosse de Detroit.

Une rentabilité dès 2020

PSA vise de son côté un retour à la rentabilité d'Opel et Vauxhall dans les trois prochaines années.

"En tirant profit du partenariat fructueux conclu avec GM, PSA attend qu'Opel/Vauxhall atteigne une marge opérationnelle courante de 2% d'ici à 2020 et 6% d'ici à 2026, et génère un free cash-flow opérationnel positif d'ici à 2020", dit-il.

Côté retraites, "tous les régimes de retraite européens et du Royaume-Uni, financés et non financés, d'Opel et Vauxhall, à l'exception de l'Actives Plan allemand et de certains petits régimes de retraite, seront maintenus auprès de GM", a précisé PSA.

En outre, "les obligations relevant de l'Actives Plan allemand et de ces petits régimes de retraite d'Opel/Vauxhall seront transférées à PSA. GM versera à PSA 3 milliards d'euros pour le règlement complet des pensions transférées", selon la même source.

PSA a dit s'attendre à voir l'opération bouclée d'ici à la fin 2017. Elle va augmenter son périmètre d'un tiers, ajoutant le 1,2 million de véhicules vendus annuellement par Opel (et Vauxhall au Royaume-Uni) aux 3,15 millions qu'il a immatriculés en 2016.

La transaction "inclut l'ensemble des activités automobiles d'Opel/Vauxhall, qui comprennent les marques Opel et Vauxhall, six usines de montage et cinq usines de production de pièces, un centre d'ingénierie (Rüsselsheim, Allemagne) et environ 40.000 salariés", détaille le communiqué.

En revanche, General Motors conservera le centre d'ingénierie de Turin, en Italie.

"En outre, Opel/Vauxhall bénéficiera toujours des licences de propriété intellectuelle de GM jusqu'à l'adaptation progressive de ses véhicules aux plates-formes de PSA dans les années à venir", a promis PSA.

"Une opportunité" pour les syndicats de PSA

Cinq des six syndicats de PSA ont indiqué dimanche voir dans le projet d'acquisition d'Opel "une opportunité à saisir", qu'ils se disent prêts à soutenir "après la levée des interrogations sur les conséquences sociales".

A la veille de l'officialisation de l'opération, ces syndicats (FO, CFE-CGC, CFDT, CFTC et SIA-GSEA) saluent dans un communiqué commun "une opportunité intéressante", qu'ils "pourraient se déclarer prêts à accompagner".

Les organisations soulignent néanmoins que le projet, qui doit donner naissance au deuxième constructeur de véhicules en Europe, derrière Volkswagen, est "extrêmement complexe".

Pour cette raison, elles demandent à la direction "de présenter des éléments détaillés pour confirmer la viabilité du projet d'acquisition" et "apporter des garanties sur les conséquences stratégiques, économiques et sociales de ce projet".

"Dès lors, les organisations réformistes pourraient officialiser leur soutien", écrivent-elles en évoquant la tenue, "prochainement", d'un Comité central d'entreprise consacré au sujet.

"S'attaquer à l'emploi après les élections allemandes"

Pour sa part, la CGT s'était montrée très critique en réagissant la première, dès l'annonce vendredi. Qualifiant l'opération de "très juteuse pour les actionnaires de PSA", le syndicat "met en garde" les salariés, de PSA comme d'Opel.

Car "une fois les élections politiques allemandes passées (fin 2018), il est évident que Carlos Tavares aura comme premier objectif de s'attaquer à l'emploi", craint la CGT.

FO, CFE-CGC, CFDT, CFTC et SIA-GSEA rappellent avoir signé l'accord 2016-2019 sur l'emploi et la compétitivité et à ce titre considèrent être "garantes du maintien de l'emploi sur l'ensemble du territoire".

Cet accord social comprend des objectifs en matière d'emploi (1.000 embauches CDI, 6.000 emplois jeunes), de production (un million de véhicules produits par an) et de nouveaux modèles lancés (huit en tout, au minimum un par usine) jusqu'en 2019.

Pour Tavares, le rachat d'Opel "change la donne"

Le rachat d'Opel à General Motors "change la donne" pour le groupe PSA, s'est réjoui lundi le patron de l'entreprise automobile française, Carlos Tavares, lors d'une conférence de presse conjointe à Paris avec son homologue de GM, Mary Barra.

Cette dernière a de son côté concédé que se séparer d'Opel après 88 ans passés par la marque allemande dans le giron du géant automobile américain constituait une "décision difficile" mais était "la bonne", alors que la filiale européenne de GM est dans le rouge depuis 16 ans.

"Cette acquisition change la donne pour PSA, car nous devenons une entreprise avec un chiffre d'affaires de 55 milliards d'euros et une solide deuxième place sur le marché européen" derrière Volkswagen, a détaillé M. Tavares, président du directoire de l'entreprise française.

Plus tôt lundi, PSA (Peugeot, Citroën et DS) a annoncé être parvenu à un accord avec GM afin d'acquérir sa filiale automobile européenne déficitaire (marques Opel et Vauxhall) pour 1,3 milliard d'euros.

Mme Barra, PDG de GM, a reconnu que la cession constituait "une décision difficile pour General Motors, mais nous pensons tous que c'est la bonne pour nos employés, nos clients et nos actionnaires", a-t-elle déclaré.

*Un graphique de notre partenaire Statista

(Avec agences)

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Commentaires
a écrit le 06/03/2017 à 16:54 :
Quid de la e-Ampera d'Opel (petit SUV électrique 350km d'autonomie) prévu pour cette année, sur base de Chevrolet Bolt ?
Fait-elle partie du package ?
Réponse de le 06/03/2017 à 21:22 :
Ben...non car c'est un brevet GM, comme c'est ballot ! ils ont vendu Opel, mais pas les brevets qui vont avec...la bonne blague !!!
Réponse de le 07/03/2017 à 9:27 :
Êtes-vous sûr de ce que vous dites ? car...
"En outre, Opel/Vauxhall bénéficiera toujours des licences de propriété intellectuelle de GM jusqu'à l'adaptation progressive de ses véhicules aux plates-formes de PSA dans les années à venir", a promis PSA.
Cela ne voudrait-il pas dire que la e-Ampera est dans le package de la vente ?
a écrit le 06/03/2017 à 13:34 :
Pour info , c'est la seule news française et européenne sur le site du NY Times .
Merci à eux de savoir bien trier what matters et le reste .
a écrit le 06/03/2017 à 11:39 :
Une bonne affaire c'est une évidence, et merci à la famille peugeot d'avoir lâché cette entreprise cela lui a redonné un second souffle.

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