Voiture électrique : l'Allemagne met fin sans préavis aux aides à l'achat, les constructeurs inquiets
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L'arrêt de ce bonus porte un coup sévère à l'industrie allemande, qui peine à opérer sa transition écologique.
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L'arrêt de ce bonus porte un coup sévère à l'industrie allemande, qui peine à opérer sa transition écologique.
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Les Allemands n'ont plus le droit depuis ce lundi aux bonus à l'achat d'une voiture électrique. Ils font les frais de la crise budgétaire consécutive au séisme financier déclenché en novembre par la Cour constitutionnelle allemande.
L'instance avait alors estimé que le gouvernement avait enfreint les règles budgétaires constitutionnelles en réaffectant des dépenses de 60 milliards d'euros, prévues dans le cadre de la pandémie, à la lutte contre le réchauffement climatique. Cette décision a creusé un énorme trou budgétaire et plongé la coalition du chancelier Olaf Scholz au pouvoir dans la tourmente.
Un porte-parole du ministère de l'Economie a reconnu que cette suppression créait « une situation regrettable » pour les consommateurs. Mais cette décision était nécessaire « car il n'y plus assez d'argent disponible pour prendre en compte les demandes reçues après dimanche », a affirmé le porte-parole.
« La compétitivité des constructeurs automobiles sera à présent sévèrement mise à mal », estime Ferdinand Dudenhoeffer du Centre de recherche sur l'Automobile, pour qui cette décision pourrait avoir des conséquences dramatiques. Le journal économique Handelsblatt a averti que la suppression du bonus risquait de compromettre l'objectif de l'Allemagne de mettre sur les routes 15 millions de voitures électriques d'ici 2030. « Cet objectif était déjà considéré comme extrêmement irréaliste, il semble à présent complètement illusoire », a estimé le journal.
Un total de 10 milliards d'euros ont été alloués pour quelque 2,1 millions de véhicules électriques depuis 2016, selon le ministère de l'Economie. Les fleurons de l'industrie automobile allemande affrontent avec difficulté la transition vers l'écomobilité. Ce, dans un contexte d'une faible demande liée à une économie mondiale moribonde.
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En outre, les constructeurs allemands sont confrontés à la concurrence de leurs rivaux chinois, alors que la Chine est l'un de leurs principaux marchés. « Les Chinois accroissent massivement leur industrie automobile car ils ont des consommateurs. Nos constructeurs n'en ont plus » a encore souligné Ferdinand Dudenhoeffer.
Le marché automobile allemand est ainsi reparti à la baisse en novembre, pénalisé par les modèles électriques. Au total, 245.701 voitures ont été immatriculées en Allemagne le mois dernier, soit une baisse de 5,7% par rapport à novembre 2022, a indiqué l'Agence fédérale pour l'automobile (KBA).
fédération allemande des constructeurs automobiles internationaux.
Alors que le prix des voitures électriques reste, selon lui, 10 à 12% supérieurs à un modèle traditionnel équivalent, il a appelé les constructeurs à proposer des modèles électriques d'entrée de gamme « dans tous les segments », et pas seulement les petits véhicules, « afin de démocratiser le processus global de décision d'achat ».
Cette décision de supprimer les aides à l'achat d'un véhicule électrique reflète la difficulté de l'Allemagne à boucler son budget. Mercredi dernier, le chancelier allemand et sa coalition sont parvenus à un accord de dernière minute pour résoudre, via des coupes dans les dépenses, ce casse-tête.
Le compromis annoncé doit permettre à la première économie européenne de respecter à nouveau l'an prochain sa règle de stricte limitation du déficit public. La majorité gouvernementale a opté pour des baisses de dépenses publiques afin de combler un trou budgétaire de 17 milliards d'euros en 2024. « Nous devons nous contenter de beaucoup moins d'argent », a souligné le chancelier Olaf Scholz en présentant l'accord, expliquant qu'il avait fallu « établir des priorités ».
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Conséquence : la Banque centrale allemande a nettement abaissé sa prévision de croissance pour 2024. La Bundesbank table désormais sur une hausse du PIB de 0,4% l'an prochain en Allemagne, contre 1,2% dans ses dernières prévisions de juin. Pour 2023, elle voit la récession se limiter à 0,1%, contre 0,3% estimé précédemment.
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