« 2025 démarre bien » : après les faillites record, les agences immobilières reprennent leur souffle

En 2024, 1.232 agences ont dû mettre la clé sous la porte.
Reuters

En 2024, 1.232 agences ont dû mettre la clé sous la porte.
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« 2024 a globalement été une année compliquée, mais on s'en est tout de même sorti », confie Eric Bremaud, directeur de l'agence immobilière Nestenn à Issy-les-Moulineaux. Depuis 2022, les agences ont été en première ligne face aux hausses successives des taux d'intérêt qui ont restreint l'accès au crédit. Et elles en payent encore les pots cassés : en 2024, les faillites ont explosé. 1.232 agences ont dû mettre la clé sous la porte, soit une augmentation de 225% par rapport à 2019, d'après les chiffres de BPCE L'Observatoire.
« En 2024, le marché immobilier a atteint sont point bas, marquant une troisième année consécutive de baisse des ventes », pointe ainsi une note de la Fédération Nationale de l'Immobilier (FNAIM). Selon ses chiffres, les transactions ont chuté de 11% sur un an, et de 36% par rapport à 2021, année où les ventes avaient atteint un pic.
Parmi les entreprises qui ont le plus souffert, beaucoup n'avaient pas diversifié leurs activités. « Ce qui a permis de tenir le coup, c'est d'avoir plusieurs métiers : de faire de la location, de la gestion locative... », explique le directeur Eric Bremaud. « Ceux qui avaient un peu de trésorerie d'avance ont également pu amortir le choc, alors que les autres ont dû faire des choix radicaux », comme des licenciements et des fermetures.
Mais pour 2025, il entrevoit tout de même quelques éclaircies : « Déjà fin 2024, le marché bougeait un peu plus ». « Cela se fera progressivement, je ne pense pas que nous allons avoir un sursaut énorme », tempère-t-il néanmoins. De son côté, Sylvie Vazia de l'agence Vazia immobilier à Puteaux, se montre davantage confiante. « Ce début 2025 démarre bien, il y a plus d'acquéreur, on reçoit plus d'appels... 2024 était plus en dent de scie », constate-t-elle.
En effet, la FNAIM prévoit cette année « une amélioration ». « Le secteur a atteint le pic des liquidations judiciaires en 2024, et elles vont s'amenuiser en 2025 au rythme de la reprise progressive du marché », anticipe Loïc Cantin, le président de la FNAIM. Les volumes de transaction devraient ainsi augmenter de 6% cette année, soit 825.000 ventes.
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Un redoux qui s'explique en grande partie par la baisse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne. Résultat, les taux de crédit devraient atteindre environ 3%. « Le deuxième semestre 2023 a notamment été soutenu grâce aux quatre baisses successives de taux de la BCE, et les perspectives annoncées laissent présager deux nouvelles baisses cette année », explique Loïc Cantin. Un assouplissement des conditions d'octroi du crédit qui permettent une baisse des prix des biens immobiliers, de quoi redonner un peu de pouvoir d'achat aux Français, plus enclins donc à devenir propriétaires.
Néanmoins la profession va devoir faire face à de nombreux défis encore cette année. À commencer par l'instabilité politique. La dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2023 et plus récemment de la censure du gouvernement Barnier en décembre ont assombri les perspectives d'achat immobilier des Français, en attendant le vote du budget pour 2025.
« Sur le budget, nous espérons qu'il ne comprenne pas de signaux négatifs au niveau de la politique du logement », argue à ce propos Loïc Cantin. Il espère notamment l'extension du prêt à taux zéro (PTZ), qui bénéficie aux primo-accédants, à l'ensemble des logements, et non plus uniquement aux appartements neufs en zone tendue. Pour le moment, le Sénat a voté son extension aux maisons neuves, mais conditionne l'ancien à la réalisation de travaux de rénovation. Autre mesure décriée voulue par François Bayrou : l'augmentation des droits de mutation de 0,5%, compris dans les frais de notaire, qui pénaliseraient les acquéreurs. Et la liste des contraintes sur les propriétaires est encore longue, puisqu'à cela s'ajoute désormais l'interdiction de louer des « passoires thermiques », ou encore les nouvelles mesures de régulation des meublés de tourisme (nouveau taux d'abattement fiscal, obligation d'un diagnostic de performance énergétique...).
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Enfin, alors que la BCE devrait baisser ses taux une nouvelle fois lors de sa prochaine réunion jeudi prochain, les acteurs du secteur gardent tout de même en tête le risque d'un revirement de la politique monétaire. L'arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump aux États-Unis fait craindre un retour de l'inflation. « Un mauvais signal pour la BCE », note Loïc Cantin.