Climat : Comment la filière bois veut renverser la table en Centre-Val de Loire
A Tours, Guillaume Fischer
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Les entreprises forestières sont d’autant plus soutenues en Centre-Val de Loire que la COP régionale affiche son ambition de diminuer de 50% l’émission de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1997. La neutralité carbone sur le territoire est...
Reuters
Avec l’aide de la région et de l’Europe, la filière forestière du Centre-Val de Loire investira lourdement d’ici 2027 pour développer la part du bois comme matériau de construction et source d’énergie. Malgré ses vertus pour lutter contre le changement climatique, les freins à son utilisation massive restent nombreux. Explications.
Seulement 10% des constructions, tous types confondus, ont été réalisées en bois en Centre-Val de Loire en 2023. La consommation énergétique issue du bois est restée quant à elle limitée à 7% de l'ensemble. Alors qu'il constitue la première énergie renouvelable et que les forêts sont une source significative de séquestration du carbone, le matériau peine encore à s'imposer dans les habitudes. En cause, notamment, des investissements coûteux pour le chauffage et une culture du béton ancrée dans le secteur du BTP.
En signant le 20 décembre dernier avec l'exécutif régional un nouveau contrat d'appui au projet (CAP) de la filière forêt-bois pour quatre ans, Fibois compte faire sensiblement bouger les lignes. L'organisme des professionnels du bois en Centre-Val de Loire, qui représente 2700 entreprises et 20000 emplois ayant généré un chiffre d'affaires total de 2 milliards d'euros l'année dernière, vise ainsi une progression globale de 25% sur ses deux principaux débouchés d'ici 2027.
Dans ce cadre, le nouveau CAP intègre la signature de pactes avec les principaux maîtres d'ouvrages régionaux, promoteurs et collectivités territoriales, dans lesquels ils s'engagent à amplifier de façon significative l'utilisation du bois. Une douzaine d'entre eux, dont Linkcity, Nexity, Bouygues immobilier, Kaufmann & Broad, Cogedim, ainsi que la région Centre-Val de Loire, Tours Métropole et Valloire habitat, y ont déjà adhéré. La seconde vague d'accords prévue en 2024 intégrera probablement Orléans et sa métropole.
Plantations d'espèces mieux adaptées au changement climatique
Au plan financier, l'ambition d'accélération de Fibois est soutenue par une aide globale de 6,6 millions d'euros émanant à la fois de la région et du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). La filière injectera de son côté une dizaine de millions d'euros.
Cette enveloppe totale de près de 17 millions d'euros aura deux destinations prioritaires d'investissement. Elle permettra d'une part d'améliorer l'entretien des massifs forestiers. D'une superficie d'un million d'hectares, ils constituent des puits de carbone essentiels pour limiter l'émission de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. « Il s'agit de couper plus systématiquement les arbres morts n'assurant plus ce rôle de séquestre du CO2, explique Eric de la Rochère, délégué général de Fibois. Nous replantons également des espèces mieux adaptées au réchauffement climatique comme les résineux, notamment les pins maritimes. En sachant que les forêts du Centre-Val de Loire resteront très majoritairement peuplées de chênes, l'idée est aussi de les renouveler avec des essences à la pousse plus rapide».
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