Rénovation thermique des bâtiments, le poids du retard français

 |  | 509 mots
Lecture 3 min.
Environ 40.000 rénovations permettant d'amener un logement au niveau basse consommation (étiquette 5) ont été menées en 2018.
Environ 40.000 rénovations permettant d'amener un logement au niveau "basse consommation" (étiquette 5) ont été menées en 2018. (Crédits : Hauke-Christian Dittrich / DPA / DPA Picture-Alliance)
Depuis le Grenelle de l'environnement en 2007, l'objectif de rénovation de 500.000 logements par an, réaffirmé d'année en année, n'a jamais été atteint.

Lors d'un point d'étape sur la révision de la feuille de route énergétique (PPE) de la France et de sa stratégie bas carbone (SNBC) en 2018, il ressortait que sa trajectoire la plaçait à un niveau de 6 % supérieur au volume maximum d'émissions de gaz à effet de serre prévu pour 2023. Et que la principale cause de ce retard était imputable à la situation dans les secteurs des transports et surtout du bâtiment, qui a enregistré la hausse la plus significative de ses émissions (+ 11 %) sur la période étudiée.

Pourtant les plans se succèdent depuis le Grenelle de l'environnement, qui fixait dès 2007 l'objectif de 500.000 logements rénovés chaque année. La Loi de transition énergétique de 2015 prévoyait la rénovation à l'horizon 2025 de 7 millions de « passoires énergétiques ». Le plan présenté par Nicolas Hulot en mars 2018 visait lui l'éradication « d'ici dix ans » (soit 2028) de 1,5 million de ces logements de classe énergétique F et G occupés par des propriétaires aux faibles revenus. Mais un an après, force est de constater que les actions prévues pour atteindre ces objectifs, pourtant déjà révisés à la baisse, n'ont pas été mises en oeuvre.

Baisse de 25 % des aides

De nombreuses mesures n'ont toujours pas été appliquées, ou dans des proportions largement insuffisantes : la transformation du crédit d'impôt en « prime travaux », un diagnostic de performance énergétique opposable, un critère de performance énergétique minimum pour les locataires, la réécriture du cadre pour les bâtiments tertiaires, et la mise en place d'un service public de la performance énergétique de l'habitat, destiné à informer, conseiller et accompagner les ménages tout au long de leur parcours de rénovation, pourtant annoncée à plusieurs reprises.

La priorité donnée à la rénovation par étapes et au comportement économe des usagers est fustigée par de nombreux experts au motif qu'elle se fait au détriment d'investissements réels dans une rénovation vraiment performante. Pour couronner le tout, une baisse de 25 % des aides a été observée en 2019... On estime qu'environ 40 000 rénovations permettant d'amener un logement au niveau « basse consommation » (étiquette B) ont été menées en 2018, d'autres opérations ayant permis d'améliorer l'efficacité énergétique de quelque 250.000 logements, à un niveau cependant insuffisant pour atteindre la performance nécessaire.

Pourtant, 83 % des Français interrogés lors d'un sondage BVA en mars dernier estiment qu'il faut « dégager des financements pour engager la rénovation thermique des bâtiments les plus mal isolés ». Les 150 citoyens tirés au sort pour composer la Convention citoyenne, qui doivent « redessiner toutes les mesures concrètes d'aides aux citoyens [...] de la rénovation des logements (qu'il s'agisse de l'isolation ou du chauffage) pour les rendre plus efficaces, de définir si besoin était d'autres mesures incitatives ou contraignantes et aussi des ressources supplémentaires et de proposer des financements pour ce faire », sauront-ils inventer les outils ad hoc et entraîner l'adhésion du gouvernement ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/06/2019 à 11:18 :
Maintes isolation mal conduites de maisons anciennes, en particulier, risque de réveiller la redoutable mérule présente à l'état de spores dans beaucoup de régions et qui bouffe le bois (charpente..) en présence d'humidité, d'absence de ventilation et du noir. Il faut impérativement que toutes les parties en bois soient aérées par une lame d'air de 5CM environ sinon rendez-vous dans 30 ans..
a écrit le 12/06/2019 à 9:24 :
Pour qu'il y ai rénovation énergétique, il faudrait qu'elle soit rentable. Imaginons une rénovation de pavillon de 100 m2 pour 30 000 €. Durée de vie de l'isolation = 30 ans, soit 1000 € d'amortissement par année. Quel est l'intérêt financier de l'opération pour une telle somme ? Avec 1000 € de plus de facture de chauffage par an, on arriverai à un confort tropical dans la maison :) Il faut aussi tenir compte du fait que les hivers sont de plus en plus doux, et les été plus frais, mis à part quelques pics ponctuels.
Réponse de le 12/06/2019 à 11:13 :
A Pafo.
Votre point de vue se respecte, mais souffre quelques objections.
Lors de l'achat d'une maison ancienne, il faut y faire des frais.
L'isolation est le poste No1. Par consequent l'investissement y sera rentable quelque soit la saison, meme si ce dernier est lourd. L'idee est de vivre confortablement et pour longtemps.
Ici en Coree, les hivers sont tres longs et secs. Par opposition les ete y sont tres humides et vivre sans clim inimaginable surtout en saison des pluies.
Resumons : Hivers longs et froids, ete chauds et humides.
A tout cela rajoutez un equipement solaire et l'on obtient un resultat tres satisfaisant. Des factures energetiques derisoires.
Une tole bien isolee est un eden tout du long de l'annee. CQFD.
Cordialement
Réponse de le 12/06/2019 à 11:40 :
On parle ici des logements dont le DPE est F ou G, ce qui veut dire des factures de plus de 2000 €/an/100 m2 (voire beaucoup plus avec des radiateurs grille pain) et une consommation de 450 KWh/m2/an ou plus.
Dans ces logements, doubler la consommation n'apporterait pas grand chose en confort thermique.

Pour ces logements on arrive rapidement à amortir les travaux. Rien qu'en installant des doubles vitrages (8 000 €), de l'isolation de toit (5000 €), un chauffage central à pellets (20 000€), on réduit la consommation initiale de 60 à 70%.
Disons 1500 € d'économies sur la facture annuelle et une maison qui reprend 20 à 30 % de valeur mobilière.

C'est amorti en moins de 10 ans. Pour ceux qui peuvent bénéficier des opération d'isolation à 1 €, des déductions fiscales et des aides de l'Anah, l'amortissement est presque immédiat.

Pour les maisons qui sont dans la zone C D E, la rentabilité est moins évidente et moins rapide mais il faut considérer que l'opération a également et surtout pour but de décrocher de la dépendance aux énergies fossiles à effet de serre.
Réponse de le 12/06/2019 à 15:04 :
@Réponse de matins calmes
VOTRE réponse n'est pas cohérente. L'article porte sur la rénovation énergétique EN FRANCE. J'ai vu la rivière HAN gelée il n'y a pas si longtemps; en France je n'ai vu la Seine dans cet état qu'en 1956... POURQUOI "FAUT" il faire des travaux dans une maison d'occasion ? En fonction de l'état de CETTE maison, l'investissement sera rentabilisé... ou pas ! (expérience vécue). Si on y rajoute la population de margoulins qui occupe le créneau, il y a lieu de calculs initiaux de quantification sérieux (et pas "à la mode") avant de se lancer.
a écrit le 12/06/2019 à 8:32 :
Oui mais les grandes déclarations politiciennes et belles promesses ont été médiatisées des milliers de fois tandis que cette vérité elle ne va l'être que quelques fois diminuant son exposition par au moins 100.

Vous commencez à comprendre comment se fabrique l'opinion ?

"UNe partie importante de la population pense comme la télévision." P. Bourdieu
Réponse de le 13/06/2019 à 9:00 :
@ multipseudos:

Comme tu t'es trompé visiblement de commentaire je te signale hein...

JE sais que c'est gênant de mettre les techniques de manipulation courantes sous les yeux de tous mais il y en a tellement que d'une part cela ne peut pas faire de mal aux imposteurs de se renouveler et d'autre part je n'en expliquerais que quelques unes parmi des milliers.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :