Avec la biotech SpikImm et l'Institut Pasteur, bientôt un anticorps français contre le Covid
Florence Pinaud
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THOMAS PETER
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La France a, pour l'heure, raté la course au vaccin, mais elle compte bien se rattraper dans celle des traitements des cas graves de Covid-19. Et c'est une innovation qui fera peut-être du bruit dans les mois qui viennent sur laquelle travaille la nouvelle biotech SpikImm SAS, créée par Truffle Capital, qui vient de signer un contrat de licence exclusive avec l'Institut Pasteur. Objectif de ce partenariat : développer un traitement à base d'anticorps monoclonaux anti-SARS-CoV-2. En s'associant dès le début à cette innovation, Truffle Capital entend mettre en avant son savoir-faire de capital-risqueur dans son domaine de prédilection: les biotechnologies. Ce goût du risque qui a manqué à la France dans le développement des vaccins à ARN-messager.
Les anticorps contre le Covid 19 ont commencé à se faire connaître à l'automne dernier. Deux d'entre eux avaient été injectés à l'ancien président américain Donald Trump alors infecté par le virus. Depuis, la Haute Autorité de Santé a délivré une autorisation temporaire à deux anticorps du laboratoire américain Elli Lilly et l'Académie de médecine belge vient de se prononcer pour l'utilisation précoce de ce type de traitement. Ces anticorps sont des molécules qui miment les anticorps humains en neutralisant les virus dangereux. Pour le virus du Covid, ils s'accrochent à sa protéine de surface appelée Spike et l'empêchent ainsi d'infecter de nouvelles cellules. De la sorte, le virus ne parvient plus à se répliquer dans nos cellules et la charge virale diminue. Ce type de traitement est efficace quand il est administré en tout début d'infection chez les patients risquant des formes graves de la maladie.
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Pour le Dr Philippe Pouletty, Directeur Général et co-fondateur de Truffle Capital et président de SpikImm, les anticorps isolés par Pasteur et développés par la nouvelle biotech présentent deux intérêts. « D'une part, ils possèdent une très haute affinité avec le virus. Cela implique que le traitement pourrait nécessiter une dose plus faible pour se montrer efficace. De plus, ces anticorps ont également une très bonne réactivité face aux variants du coronavirus SARS-CoV-2, comme les variants brésiliens et sud africains. Les études porteront également sur le variant indien. »
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