Biotech : le fleuron français DBV s'effondre en Bourse

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Le traitement phare du groupe, le Viaskin Peanut, un traitement par immunothérapie contre l'allergie aux arachides, fonctionne grâce à l'application d'un patch quotidien.
Le traitement phare du groupe, le Viaskin Peanut, un traitement par immunothérapie contre l'allergie aux arachides, fonctionne grâce à l'application d'un patch quotidien. (Crédits : DR)
La biotech a publié de mauvais résultats dans une étude clinique pour son produit thérapeutique principal, le Viaskin Peanut. Cela pourrait retarder la commercialisation de ce traitement contre l'allergie aux arachides. DBV a été sanctionné sévèrement lundi en Bourse par un plongeon de l'action de près de 50%.

( Publié le 23/10/2017 à 13:44, mis à jour à 16:14 )

C'est une mauvaise nouvelle pour le secteur des sciences de la vie français. DBV Technologies a publié vendredi soir les résultats de son étude de phase III baptisée "Pépites" pour le Viaskin Peanut, un traitement contre l'allergie aux arachides. Malheureusement, "le critère principal, qui évalue l'intervalle de confiance (IC) à 95% de la différence des taux de réponse entre le groupe actif et le placebo, n'a pas atteint la limite basse de 15% de l'IC".

Ce critère permet d'estimer l'ampleur de l'effet thérapeutique du produit sur la population des 4-11 ans. Elle est moins élevée qu'attendu. Par ailleurs, la différence entre les patients répondant au traitement de DBV (35,3%) et ceux répondant au placebo (13,6%) n'est pas aussi significative que ce que DBV avait obtenu durant la phase II. Lors de l'étude Vipes, "53,6% des enfants avait répondu au traitement contre 19,4% dans le groupe placebo".

Lundi vers midi, l'action plongeait de presque 50%

La sanction en Bourse de Paris ne s'est pas fait attendre, et son statut de biotech à la plus forte capitalisation boursière risque d'être chamboulé. A 12 heures, lundi 23 octobre, la biotech française chutait de plus de 48,49% à 42,27 euros. La société, également cotée au Nasdaq, "devrait perdre près de 1 milliard d'euros en Bourse. Le marché avait déjà tarifé la réussite de l'étude", avance à La Tribune Sacha Pouget, co-gérant du fonds d'investissement Kalliste Biotech Fund.

Il faut dire qu'il s'agit du produit principal de la société, amené à devenir un blockbuster (plus de 1 milliard de dollars de ventes annuelles, avec un prix de traitement fixé entre 5.000 et 10.000 dollars par an par patient). DBV Technologies comptait commercialiser son produit courant 2018, et ce résultat pourrait bien forcer la société à revoir cet objectif.

La date du lancement du produit va dépendre des discussions de DBV avec la FDA. Cela pourrait mener à un dépôt de dossier vers la mi-2018 auprès de l'Agence américaine des médicaments. La FDA pourrait mettre 6 à 12 mois avant de donner son verdict d'autorisation de commercialisation soit une approbation effective dès 2019", explique Sacha Pouget.

De nouveaux résultats cliniques attendus

La biotech française reste optimiste. Elle explique continuer à discuter avec la FDA (l'agence américaine des médicaments) en vue de l'enregistrement de son produit sur le marché américain sans évoquer -pour le moment- un nouvel objectif pour son lancement sur le marché.

Elle attend en outre les premiers résultats d'une autre étude de phase III appelée "Realise", sur le Viask Penaut, également consacrée aux patients âgés de 4 à 11 ans. Elle en publiera les premiers résultats en novembre. Par ailleurs, un autre essai de phase III en cours, appelé Epitope, vise quant à lui les enfants âgés de 1 à 3 ans. DBV développe également des produits contre les allergies au lait et aux œufs à des phases cliniques intermédiaires.

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a écrit le 24/10/2017 à 13:51 :
5000 a 10 000 dollars quelle escroquerie le monde du médicament.
Réponse de le 25/10/2017 à 14:46 :
la seule alternative reste le capitalisme..à la XI JIN PING si vous n'aimez pas les lois du marché...!
Réponse de le 25/10/2017 à 14:46 :
la seule alternative reste le capitalisme..à la XI JIN PING si vous n'aimez pas les lois du marché...!
a écrit le 24/10/2017 à 10:42 :
Les commentaires des néophytes font bien sourire et ce genre de péripéties entretient leur frilosité. Mais pour quelqu'un qui gère un portefeuille équilibré et investit une petite part sur différentes startups, cette baisse reste anecdotique d'autant que rien ne dit qu'elle soit définitive.
a écrit le 23/10/2017 à 22:16 :
Mort de rire. En voilà qui n’iront pas se dorer la pilule aux Bahamas comme Simoncini and Co. Quelle bouffonnerie ces pipeaux start up...
a écrit le 23/10/2017 à 21:05 :
Faut être "c.n" aussi pour appeler son produit "Peanut(s)"...
a écrit le 23/10/2017 à 17:35 :
Ce n'est pas parce que la recherche n'avance pas chez les laboratoires pharmaceutiques que les actionnaires sont inquiets c'est parce que du coup ça ne fera pas d'argent.

Comment avons nous pu faire pour confier la santé des gens à des esprits marchands ? A oui c'est vrai la fête des pères a été imposée par un marchand de briquets, j'oubliais.
a écrit le 23/10/2017 à 17:31 :
Et les joyeux drills du gouvernement, chef de l'état compris, voudraient que le bon peuple dirige son épargne vers la bourse...les candidats au suicide peut-être.
Réponse de le 23/10/2017 à 21:45 :
@Virtute et armis: En restant dans le domaine de DBV et sans chercher la difficulté, l'ETF SPDR S&P Biotech (XBI) qui suit les biotechs US a fait +200% en 5 ans et +450% en 10 ans (ce qui inclut la "crise" de 2008).

A condition de diversifier et de tolérer de la volatilité a court et moyen terme, placer de l'argent en bourse n'est pas spécialement risqué et offre un rendement largement supérieur au livret A ou aux fonds Euros.
a écrit le 23/10/2017 à 17:16 :
Les actions de biotechs, c'est un peu comme des tickets de Loto. On achète des parts dans une entreprise qui brûle du cash à toute vitesse en espérant qu'elle va avoir des résultats qui vont faire exploser sa valorisation. Et si les résultats tardent à arriver, c'est perdu.
a écrit le 23/10/2017 à 17:10 :
prenez des risques a dit macron! faut financer la france de main, laissez y vos economies, petites gens! ceux qui ne sont pas encore sans dents vont le devenir!
a écrit le 23/10/2017 à 14:30 :
Au 31/12/2016 cette société affichait une perte de plus de 81 millions d'€.....là maintenant le résultat d'un essai thérapeutique ne correspond pas aux attentes des investisseurs...Eh bien oui parfois on cherche et on ne trouve pas dans les quelques mois qui suivent....la Bourse le règne de l'immédiateté...cela peut prendre des années (Cf. le SIDA etc...)

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