Coût des innovations santé : "Une inquiétude à l'échelle internationale" s'alarme l'OCDE

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La santé est l'un des rares secteurs où l'innovation est suivie d'une une augmentation des coûts. Les prix sont élevés alors que le nombre de patients est importants en termes de volume, s'inquiète Francesca Colombo, Chef de la Division de la santé de l'OCDE.
"La santé est l'un des rares secteurs où l'innovation est suivie d'une une augmentation des coûts. Les prix sont élevés alors que le nombre de patients est importants en termes de volume", s'inquiète Francesca Colombo, Chef de la Division de la santé de l'OCDE. (Crédits : iStock)
Francesca Colombo, chef de la division Santé à l'OCDE, s'interroge sur la soutenabilité économique des traitements et dispositifs médicaux à long terme pour les systèmes de santé. Pour tenir le choc, les pays devront mener des politiques de santé plus efficientes, estime l'organisation internationale.

"Les traitements et dispositifs médicaux innovants qui arrivent sur le marché, poussés par l'accélération dans la médecine de précision, vont entraîner forcément des augmentations de coûts. Il y a une inquiétude à échelle internationale."

Lors d'une présentation du dernier Panorama de la santé de l'OCDE, à Paris, Francesca Colombo, chef de la division Santé, a fait part de son inquiétude sur la capacité des pays de l'OCDE d'absorber sans broncher les prix onéreux des produits innovants en santé (médicaments et dispositifs médicaux) arrivant sur le marché.

"La santé est l'un des rares secteurs où l'innovation est suivie d'une augmentation des coûts. Les prix sont élevés alors que le nombre de patients est important. Nous nous demandons si le modèle du paiement actuel (des traitements très onéreux pour chaque patient, en dépit du nombre élevé de malades, NDLR) ne doit pas être remis en cause."

Des dépenses en santé amenées à grossir

Dans son Panorama santé 2016, publié mercredi 23 novembre, l'OCDE estime que les pays doivent "réaliser des gains d'efficience" pour prévenir l'augmentation des dépenses de santé due au vieillissement de la population et et à la "diffusion des nouvelles technologies de diagnostics et de traitements".

En clair, l'OCDE prône le développement d'une meilleure "observance" (le respect des prescriptions des médecins et de la prise des traitements), plus de chirurgie ambulatoire, des opérations moins invasives, le développement de la prévention (tabac, obésité,...). D'ici à 2060, les dépenses publiques totales de santé en France (qui y consacre 11,5% de son produit intérieur brut chaque année) augmenteront de plus de 1 point de PIB, selon un scénario moyen établi par l'organisation internationale.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2016 à 2:20 :
Il est évident que, comme pour la nourriture ou le "support" en fin de vie, les vautours se pressent pour "gagner leur vie" au détriment des autres. Là, c'est, tout comme l'éducation, un secteur a presser afin de rentabiliser l' "investissement". Vive la privatisation et, finalement, prendre l'ocde comme référence, franchement, c'est pitoyable. Ils sont, comme beaucoup trop, largement responsables de la "légère" crise actuelle. Bonne crise à tous.
a écrit le 23/11/2016 à 20:56 :
Et si le problème c'était que les firmes pharmaceutiques n'investissent en recherche que l'équivalent de la moitié de leurs bénéfices?

Les 5 plus grosses entreprises pharmaceutiques mondiales ont un CA cumulé de 200 milliards de dollars, pour un bénéfice de 50 milliards de dollars.
Pour deux dollars versés aux actionnaires, il n'y en a qu'un de réinvesti dans la recherche.

En chargeant la recherche publique de faire le même job, on pourrait multiplier les sommes investies dans la recherche par deux sans problème et baisser le coût des médicaments de 25%. Sans compter que la puissance publique pourrait orienter les recherche vers les pathologies les plus nuisibles, plutôt que les plus lucratives.
Réponse de le 24/11/2016 à 2:23 :
Oui, mais non. Vu la crise actuelle, soit le manque de fric, il FAUT tout privatiser... Car ce ne sont plus que les milliardaires qui ont les moyens. C'est tout simple, finalement, Marx le savait déjà, le pauv'gars.
a écrit le 23/11/2016 à 20:30 :
Je crois que dans "Soleil vert" il y a une solution qui répond aux inquiétudes de Mme Colombo...pourquoi ne pas la mettre en oeuvre? Encore un petit effort et nous y serons...
a écrit le 23/11/2016 à 18:40 :
"le développement de la prévention (tabac, obésité,...)."

Pollution aussi ?

"Gardes ! Saisissez vous de cet individu !"
a écrit le 23/11/2016 à 18:27 :
Personne ne niera que nous sommes tous mortels... et heureusement d'ailleurs, à partir d'un certain temps de vie sur terre on doit quand même finir par se faire ch...r. 100 ans, du fauteuil au lit, du lit au fauteuil, une vue et une ouie déficiente... une vie? Bof!
Les progrès de la médecine sont spectaculaires. Bravo. Les coûts sont exponentiels, rapidement seuls ceux les riches pourront se payer ces traitements pour une ... vie?Bof!

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