Les dépenses faramineuses des labos pharmaceutiques en publicités TV

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En 2015, Abbvie n'avait consacré que 98,6 millions de dollars pour vanter les mérites de l'Humira à la télévision. Ce montant a déjà était largement dépassé cette année.
En 2015, Abbvie n'avait consacré "que" 98,6 millions de dollars pour vanter les mérites de l'Humira à la télévision. Ce montant a déjà était largement dépassé cette année. (Crédits : Capture d'écran Abbvie)
Plusieurs laboratoires pharmaceutiques dépensent des dizaines de millions d'euros par an chacun pour vanter les mérites de traitements prescrits sur ordonnance aux Etats-Unis et en Nouvelle-Zélande, les seuls pays autorisant une telle pratique. Pour le seul mois de septembre, Abbvie a investi 32,3 millions de dollars pour vanter les mérites de l'Humira à la télévision, rien qu'au mois de septembre.

Aux Etats-Unis, marché numéro 1 des produits de santé, la promotion directement adressée aux consommateurs de médicaments sur ordonnance a le vent en poupe. Par traitement, le plus dépensier est actuellement Abbvie, selon des données de iSpottv relayées par le site spécialisé Fierce Pharma. Le laboratoire américain a injecté 32,3 millions de dollars pour l'Humira en publicités TV le mois dernier. Ces dépenses concernent des spots dédiés à trois maladies: l'arthrite, la maladie de Crohn, et le psoriasis.

En août, le laboratoire pharmaceutique avait déboursé 26,9 millions de dollars, 34,5 millions en juillet, et 25 millions un mois plus tôt. Ainsi, Abbvie va exploser cette année ses dépenses publicitaires TV pour vanter les mérites de son traitement phare. En 2015, le laboratoire pharmaceutique américain n'y avait consacré "que" 98,6 millions de dollars.

Si Abbvie accélère significativement ses dépenses pour promouvoir le médicament plus vendu au monde (14 milliards de dollars de chiffre d'affaires par an), c'est parce que ses revenus sont menacés par l'arrivée des biosimilaires. Vendredi 23 septembre, la FDA (l'agence américaine des médicaments) a notamment approuvé l'entrée sur le marché de l'Amjevita fabriqué par Amgen.

Le top 5 représente 99 millions de dollars de dépenses

En deuxième position, dans le top 5 des dépenses en publicité TV par médicament le mois dernier figure le Lyrica, un antiépileptique. Pfizer y a consacré 21,4 millions de dollars.

Suivent l'Invokana, un antidiabétique de J&J (17,8 millions de dollars), le Latuda, un antipsychotique de Sunovion (15,9 millions de dollars). Le Cialis (11,8 millions de dollars) utilisé contre la dysfonction érectile est classé en 5e position. Ainsi, les cinq premiers produits de santé représentent 99 millions de dollars d'investissements en publicités télévisées.

5,2 milliards de dollars de pub pour les médicaments prescrits en 2015

En 2015, Pfizer était le laboratoire pharmaceutique le plus dépensier, avec les deux premiers médicaments générant le plus de dépenses en spots publicitaires TV (116,2 millions de dollars pour le Lyrica et 101,7 millions de dollars pour le Prevnar, un vaccin contre la pneumonie). Au total, le laboratoire pharmaceutique américain a classé cinq médicaments dans le top 10 cette année-là.

Globalement, l'industrie pharmaceutique a dépensé 5,2 milliards de dollars en publicité pour des médicaments prescrits, tous supports confondus en 2015. Pour rappel, les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande sont les seuls pays autorisant les laboratoires pharmaceutiques à faire de la publicité directement adressée aux consommateurs pour des médicaments prescrits sur ordonnance.

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Commentaires
a écrit le 05/09/2018 à 21:28 :
la publicité en soi n'est pas le problème. c'est l'usage qu'on en fait qui peut poser problème sur la crédibilité et certitude des informations communiquées.
a écrit le 12/10/2016 à 10:21 :
En France on a divisé par 2 en 10 ans le nombre de visiteurs médicaux qui allaient "faire l'article" chez les médecins
a écrit le 11/10/2016 à 20:11 :
Là, c'est EXACTEMENT l'application du malheur des uns qui fait le bonheur des autres. Une honte.
a écrit le 11/10/2016 à 18:13 :
Ces depenses sont dans le prix des medicaments. Au final c'est nous qui finançons tout cela....et comme nous sommes dans une economie dite liberale....pourquoi s'arrêter ?
a écrit le 11/10/2016 à 18:05 :
Et bien entendu si on fait le rapprochement avec le fait que ceux-ci n'ont découvert aucun médicament majeur ces 20 dernières années on va nous dire qu'on est des jaloux hein...

Merci beaucoup pour cet article qui ne fait que montrer le cynisme de notre économie néolibérale.

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