Médicaments : enquête sur d'éventuels conflits d'intérêts entre laboratoires et autorités

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Dans une enquête titrée Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les laboratoires, Mediapart faisait état de réunions fréquentes où des membres éminents de ces commissions donnaient des conseils rémunérés aux laboratoires sur la meilleure manière de monter leur dossier.
Dans une enquête titrée "Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les laboratoires", Mediapart faisait état de réunions fréquentes où des "membres éminents" de ces commissions donnaient des conseils rémunérés aux laboratoires sur la meilleure manière de monter leur dossier. (Crédits : Reuters)
Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur de possibles liens entre laboratoires pharmaceutiques et autorités de santé, suite à des révélations de Mediapart. L'agence du médicament et la Haute autorité de santé ont ouvert des enquêtes internes.

Les dernières révélations de Mediapart sur le monde du médicament ont fait réagir vivement la justice. Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur de possibles conflits d'intérêts dans le monde des médicaments, a appris jeudi 9 avril l'AFP de source judiciaire.

L'enquête préliminaire, ouverte pour prise illégale d'intérêts, a été confiée à l'Office anti-corruption de la police judiciaire (OCLCIFF), a précisé cette source.

"Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les laboratoires"

L'agence du médicament (ANSM) et la Haute autorité de santé (HAS), dont les commissions interviennent dans les décisions cruciales de mise sur le marché pour la première, et le remboursement ou non des médicaments pour la seconde, avaient annoncé des enquêtes internes et transmis un signalement au procureur après l'article de Mediapart paru le 24 mars.

Dans une enquête titrée "Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les laboratoires" (lien abonnés), Mediapart faisait état de réunions fréquentes où des "membres éminents" de ces commissions donnaient des conseils rémunérés aux laboratoires sur la meilleure manière de monter leur dossier.

Un scandale qui rappelle le Mediator

"Si les faits rapportés sont exacts, ils sont inacceptables, et même d'une extrême gravité", avait réagi la ministre de la Santé Marisol Touraine, en demandant à la HAS et à l'ANSM de "faire la lumière sur ces affirmations".

Des liens controversés entre experts des autorités de santé et laboratoires pharmaceutiques étaient déjà apparus dans le scandale sanitaire du Mediator, un médicament prescrit pendant des années comme coupe-faim et pouvant avoir des effets graves sur les valves du cœur.

Dans cette affaire, où les investigations sont terminées, plusieurs fonctionnaires et médecins sont mis en examen pour leurs liens avec les laboratoires Servier, qui commercialisaient ce produit.

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Commentaires
a écrit le 05/05/2015 à 13:40 :
Extraordinaire :-) Madame Touraine, qui est partie à l'establishment, ne se propose pas de lancer ou faire une enquête administrative sur les procédés dénoncés ; mais demande à ce que la HAS, dont le président est directement mis en cause, enquête sur elle-même.
a écrit le 10/04/2015 à 11:42 :
Entre "dialogue" et "rémunération pour monter le dossier", il y a une sacrée différence: dialoguer avec une autorité de contrôle est inévitable et légitime, la payer comme collaboratrice anéantit sa capacité de contrôle, sauf peut-être sur des détails, pour donner le change...
Au demeurant, amiante, sang contaminé, hormone de croissance, pétrole, médiator, c'est toujours la même chanson: gageons que la redoutable information judiciaire, assortie du cinéma de la ministresse, finira en non-lieu (le plus probable), en relaxe, si on va jusqu'au procès, ou, au plus grave, par une condamnation dérisoire, dans au moins 15 ans, de personnes en retraite, les décédées entre temps étant sorties du jeu. Comme d'hab!
a écrit le 09/04/2015 à 18:10 :
Malheureusement, ces faits ont déjà été dénoncés à plusieurs reprises... mais bon, le copinage étant partout dans cette administration, il a été difficile de pousser ces personnes dans leurs retranchements. et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg...pensez vous, des marchés à plusieurs milliards, ça vaut bien des tentatives de corruption et l'achat de fonctionnaires peu scrupuleux....
a écrit le 09/04/2015 à 17:47 :
Des journalistes qui ont bien peu d'expérience professionnelle dans l'aboutissement de projets à long terme impliquant la coopération de centaines de personnes : OUI cela nécessite de dialoguer, même avec les autorités de sureté ... des journalistes qui ne savent que dénoncer avec une gâchette facile et à la moindre suspicion ! Ces mêmes journalistes qui dénoncent connivence, ne défendent en réalité que leur audimat et les actionnaires de leur journal...
Réponse de le 09/04/2015 à 21:09 :
...quelle blague.
Je pense que vous avez oublié de lire la moitié de l'article. Allez je vous aide un peu : "réunions fréquentes où des "membres éminents" de ces commissions donnaient des conseils rémunérés aux laboratoires"
Ca s'appelle du conflit d'intêret. Pas de la collaboration...
Réponse de le 10/04/2015 à 11:00 :
@alex : dialogues "fructueux" ? Ça vous choque tellement que ça vous semble impossible (déni) ce genre de "pratiques" ? Je crois que l'industrie pharmaceutique est plus puissante que les pétroliers (niveau $$$).

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