Marée noire : une nouvelle opération envisagée, la démission du patron de BP à nouveau évoquée

 |  | 814 mots
(Crédits : Reuters)
La plateforme de forage de secours qui travaille à colmater la fuite de brut dans le golfe du Mexique est revenue samedi sur sa zone d'intervention, qu'elle avait évacuée à cause de la tempête tropicale Bonnie. La presse évoque le départ du patron de BP à l'occasion des résultats semestriels du groupe, mardi prochain. L'enquête sur l'explosion à l'origine de la marée noire a apporté de nouveaux éléments, surprenants.

La plateforme de forage Development Driller 3, plateforme de secours qui travaille à colmater la fuite de brut dans le golfe du Mexique, est retournée samedi sur sa zone d'intervention. Elle travaillait au forage de deux puits de dérivation pour colmater la brèche qui, depuis avril, suite à l'explosision sur la plateforme Deepwater Horizon exploitée par BP, déverse des millions de barils dans l'océan.

Development Driller 3 a été temporairement évacuée en raison des craintes liées à la dépression tropicale Bonnie. L'arrivée de Bonnie a également obligé le gros des équipes luttant contre la pollution à quitter vendredi la zone située à quelque 80 km au large des côtes de Louisiane (sud). La tempête tropicale a faibli samedi à mesure qu'elle avançait dans le golfe du Mexique pour se transformer en dépression, permettant à la compagnie britannique d'annoncer le retour de Development Driller 3.

Les opérations de lutte contre la marée noire avaient déjà été perturbées fin juin par Alex, le premier ouragan de la saison dans l'Atlantique. L'entonnoir récemment installé par BP sur la fuite de brut en eaux profondes est conçu pour résister à de telles conditions climatiques, alors que la saison cyclonique dans l'Atlantique promet de battre des records.

"Nous nous attendons [...] à ce que Bonnie aide à dissoudre le pétrole à la surface, à réduire la taille des billes de goudron, ce qui permet une dégradation plus rapide", a souligné Jane Lubchenco, sous-secrétaire au Commerce chargée de l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA).

Une nouvelle opération prévue dans les jours qui viennent

Avec le départ de Bonnie, BP a également annoncé qu'elle espérait tenter une nouvelle tentative pour boucher définitivement le puits. Si le puits a été fermé, récemment, grâce à la pose d'un entonnoir, ce n'est en effet que de manière provisoire. La nouvelle manoeuvre, sur laquelle planchent depuis plusieurs jours les ingénieurs du groupe, consisterait à injecter un mélange d'eau et de matières solides par la tête du puits avant de le sceller avec du ciment.

L'opération pourrait commencer dans "trois à cinq jours à partir de maintenant [samedi, Ndlr], c'est une estimation brute", a déclaré l'amiral Thad Allen, qui supervise la lutte contre la marée noire pour le compte de l'administration américaine. Baptisée "Static kill", l'opération ressemble cependant fort à celle tentée, sans succès, fin mai.

Le départ du patron de BP interviendrait "avant mardi"

Les efforts de BP sont encore loin de suffire à stopper les critiques à l'encontre du directeur général du géant pétrolier, Tony Hayward, pour sa gestion de la crise. Le journal britannique  Sunday Telegraph a annoncé ce dimanche qu'il quitterait ses fonctions dans les prochains jours. Selon le journal, Tony Hayward est résolu à démissionner avant l'annonce, mardi, des résultats semestriels du groupe.

Mercredi, le Times de Londres avait indiqué qu'il allait annoncer sa démission dans les dix prochaines semaines afin d'aider le groupe à repartir du bon pied.

Nouveaux éléments d'enquête

Par ailleurs, dans l'enquête américaine sur les causes de la marée noire, un ingénieur de forage de la plateforme Deep Horizon a fait des déclarations surprenantes vendredi aux enquêteurs. Selon lui, une alarme aurait été volontairement désactivée. Cette alarme aurait pu détecter la formation d'une poche de méthane dans la conduite montante, à l'origine de l'explosion du 20 avril qui a déclenché la pollution, a précisé Mike Williams.

Les responsables de la plateforme "ne voulaient pas que les employés soient réveillés à trois heures du matin par de fausses alertes", a-t-il déclaré devant les six membres d'une commission d'enquête fédérale, lors d'une audience à Kenner, en banlieue de la Nouvelle-Orléans.

Les déclarations de Williams semblent contredire des témoignages écrits recueillis auprès d'autres employés et que Reuters a pu consulter. "Au moment de l'accident, j'étais dans la salle de contrôle des moteurs en train d'effectuer mes tâches de nuit. Plusieurs alarmes au gaz ont alors retenti", a ainsi raconté Douglas Brown, mécanicien en chef de la plat-forme. Selon Transocean, le propriétaire de la plateforme, "la configuration générale des alarmes sur Deepwater Horizon était intentionnelle et conforme aux pratiques maritimes en vigueur".

Le groupe ajoute que la plate-forme disposait de "centaines d'alarmes distinctes contre l'incendie et le gaz, qui avaient toutes été testées, se trouvaient en bon état et étaient contrôlées depuis le poste de commandement. Aucune n'avait été désactivée".

Après une semaine d'audiences de responsables de Transocean à Kenner, la commission d'enquête doit se réunir à Houston du 23 au 27 août pour entendre les dirigeants du groupe ainsi que ceux de BP.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :