Total n'entend pas se brader en Irak

L'Irak organisait un nouvel appel d'offres pour le développement de trois champs gaziers. Total, seule major occidentale à postuler, n'a pas été retenue.
(Crédits : Reuters)

Mêmes causes, mêmes effets, mais dans un contexte bien distinct. Pour le troisième appel d?offres de l?Irak portant sur le développement de ses réserves d?hydrocarbures depuis l?invasion américaine, Total a une nouvelle fois échoué à remporter le champ convoité en raison d?une proposition jugée trop chiche, "conforme à notre discipline financière", selon le groupe.

Cet échec est toutefois à relativiser. L?appel d?offres ne portait que sur trois champs de gaz, représentant environ 10% des réserves gazières du pays, et non d?huiles, plus convoitées. La Française était en outre la seule des grandes majors occidentales à postuler au développement de ces champs, requérant de gigantesques investissements pour bâtir un réseau de transport presque inexistant.

Le gagnant : un consortium de compagnies d'Etat coréenne et kazakhe

Un consortium composé des compagnies d?état coréenne KoGas et kazakhe KazMunai a été préféré à Total et à son partenaire public turc TPAO pour développer le plus important des trois champs mis aux enchères, celui d?Akkaz (170 milliards de mètres cubes de réserves estimées). Les deux groupements s?étaient engagés sur des volumes de production à peu près comparables, mais Total réclamait 19 dollars par baril équivalent pétrole extrait, plus du triple des 5,5 dollars demandés par ses concurrents. Les deux autres champs ont été attribués à des consortiums regroupant les entreprises d?état koweitienne, turque, et coréenne.

L?Irak impose des conditions drastiques aux producteurs d?hydrocarbures souhaitant développer ses fantastiques réserves. Au terme des deux précédents appels d?offres, la stratégie de Total avait été largement questionnée, alors qu?il avait refusé de transiger avec ses principes d?investissements pour prendre position dans le pays. Total n?avait obtenu qu?un lot de consolation, tandis que de ses grands concurrents occidentaux décrochaient des rôles d?opérateurs d?immenses gisements.

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