Victime d'une cyberattaque, l'oléoduc qui achemine 45% des produits pétroliers américains du Golfe du Mexique vers la côte Est est en train d'être remis en service. Cette attaque, attribuée au groupe criminel DarkSide, illustre la nécessité de mettre à niveau le système de sécurité informatique de nombreuses entreprises américaines dont plusieurs ont subi ces dernières semaines des piratages, attribués à des groupes soutenus par Pékin ou Moscou. La Maison Blanche a pris mercredi un décret pour renforcer cette sécurité.Le groupe Colonial Pipeline a annoncé mercredi avoir "amorcé" le redémarrage des opérations de son oléoduc, mis à l'arrêt après une cyberattaque cinq jours plus tôt, provoquant une ruée dans les stations services qui a conduit Washington à lever certaines restrictions pour faciliter l'approvisionnement et enrayer la pénurie croissante d'essence. Il faudra cependant "plusieurs jours" avant un retour à la normale de ce réseau qui transporte 45% de l'essence, du diesel et du kérosène américains depuis les raffineries du Golfe du Mexique vers la côte Est américaine.
L'affolement des automobilistes renforcé
Alors que plusieurs Etats allant de la Floride à la Virginie avaient déjà déclaré l'état d'urgence, renforçant l'affolement des automobilistes et les risques de pénurie, la Maison Blanche a annoncé mercredi soir avoir levé des restrictions imposées par une loi appelée "Jones Act" pour aplanir les difficultés actuelles. Cette loi qui empêche le transport de carburant par des bateaux non américains sera ainsi "temporairement suspendue" pour permettre des transferts additionnels entre le Golfe du Mexique et les ports de la côte Est et faciliter ainsi l'approvisionnement, a expliqué la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki. Washington continuera à suivre de près la situation, a-t-elle ajouté en demandant aux Américains de n'acheter que ce dont ils ont besoin.
Dans son communiqué, Colonial Pipeline a aussi prévenu que certains marchés pourraient continuer de subir "des interruptions de service intermittentes pendant la période de redémarrage". Mais le groupe "déplacera autant d'essence, de diesel et de kérosène que possible en toute sécurité et continuera de le faire jusqu'à un retour à la normale", assure-t-il. Il souligne que l'"objectif principal reste la sécurité". Dans le cadre de ce redémarrage, l'entreprise mènera ainsi une série "complète" d'évaluation de la sécurité des pipelines conformément aux exigences fédérales.