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ClimatEnergie & Environnement

Isabelle Kocher : « L'entreprise fait partie de la solution... et non du problème ! »

Philippe Mabille et Dominique Pialot

Publié le 21 janvier 2018 à 07:00 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:26

Kocher

Kocher

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Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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[Davos] Elle sera l'une des sept femmes qui coprésideront la 48e édition du forum économique mondial de Davos. Pour la directrice générale d'Engie, Isabelle Kocher, pour combler les fractures du monde, il faut davantage écouter les attentes de la société civile. L'énergie est au coeur de ces transformations, et Engie veut incarner la capacité qu'ont les entreprises d'enclencher un cercle vertueux entre intérêt économique et responsabilité sociétale.

LA TRIBUNE - Vous êtes l'une des deux Françaises et l'une des deux représentantes de l'industrie à avoir été choisie comme l'une des sept femmes co-chair (coprésidentes) de cette édition 2018 du World Economic Forum de Davos. Que représente cette fonction ?

ISABELLE KOCHER - C'est un honneur, bien sûr, d'avoir été choisie. Davos est l'un des plus grands forums économiques du monde, qui réunit à la fois des chefs d'État et de gouvernement, les dirigeants des plus grandes entreprises mondiales, mais aussi des représentants de la société civile. Cet événement a vocation à mettre en commun les énergies pour répondre efficacement aux défis mondiaux.

Créer le monde de l'énergie de demain, c'est l'ambition d'Engie, mais c'est aussi une réponse aux confluents de différentes « fractures », qu'elles soient économiques, sociales, énergétiques ou encore géographiques.

Choisir de confier le rôle de coprésidence du World Economic Forum à sept femmes n'est pas anodin. C'est évidemment un symbole majeur et une façon originale de démontrer une volonté de diversifier les regards.

Comment prévoyez-vous d'en tirer parti, quel message souhaitez-vous porter auprès du monde des affaires ?

J'assumerai mon rôle de co-chair avec l'envie de faire partager mes convictions et d'accélérer certaines prises de conscience, notamment celle de l'urgence climatique. Nous assistons à un désir croissant de la société civile d'inventer un nouveau modèle de développement et de consommation, plus harmonieux, afin de réduire les inégalités. Certaines de ces fractures sont devenues tellement profondes qu'elles peuvent sembler impossibles à combler. Mais j'ai la conviction que notre volonté partagée de transformer la société sera in fine créatrice de valeur pour tous, tant pour les citoyens que pour les entreprises. C'est précisément ce cercle vertueux entre intérêt économique et responsabilité sociétale que nous souhaitons définitivement enclencher à Davos.

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Ces fractures sont de plusieurs ordres. Bien sûr, il y a la question environnementale : aujourd'hui, nous « consommons » collectivement chaque année une fois et demie notre planète ! On parle beaucoup des objectifs en matière de réduction des émissions de CO2, mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. La dégradation environnementale est devenue invivable dans certaines parties du monde. Et il ne s'agit pas seulement du carbone, mais aussi de la pollution et des émissions de particules fines dans un monde de plus en plus urbanisé.

Ces déséquilibres environnementaux créent une instabilité géostratégique, et fragilisent le maintien de la paix. Dans un monde globalisé, les écarts de richesse entre régions sont de plus en plus insupportables. Et les flux migratoires en sont la conséquence directe. Le monde est devenu un petit village. Même dans les sociétés développées, il y a un désir, sans précédent, de changer les choses. Être l'avant-garde du nouveau monde de l'énergie, c'est contribuer à une forme de « diplomatie préventive ».

Je suis frappée par la mobilisation exponentielle de la société civile qui fait que la transition énergétique est devenue un mouvement inéluctable. Il est de notre responsabilité de dirigeants d'entreprises d'être engagés dans la société et de donner un sens à notre business en étant à l'avant-garde des préoccupations des citoyens. Dans les économies développées, les taux de croissance faiblissent. Les taux d'engagement des collaborateurs sont en chute au sein des entreprises, ce qui prouve qu'il faut inventer autre chose. Mais lorsqu'un acteur économique arrive avec un projet qui fait sens, cela suscite un formidable appétit. Je le vois notamment avec les jeunes générations.

Le monde des affaires présent à Davos a-t-il des solutions à proposer ?

Oui, bien sûr, et c'est la bonne nouvelle. Le World Economic Forum a recueilli tout au long de l'année dernière les contributions des différentes parties prenantes, dont celles des grandes entreprises, dans le cadre de groupes de travail. Engie a contribué à trois d'entre eux : « Shaping the future of energy », « Digital Economy and Society » et « Future of Mobility ». Davos n'est donc pas uniquement un lieu de rencontres et d'échanges, c'est un moment qui doit nous permettre, comme je le disais, de trouver des solutions aux problèmes du monde.

Notre conviction est la suivante : c'est en croisant le potentiel du digital et les dernières avancées technologiques que nous pourrons construire un nouveau modèle de développement.

La stratégie d'Engie s'articule autour de ce que nous avons appelé les « 3 D » : le monde de l'énergie de demain sera décarboné, décentralisé et digitalisé. Cela signifie que nous allons vers une énergie propre et facile à déployer dans des zones qui n'en disposaient pas. Nous avons importé ces 3D au coeur de notre action et les résultats sont là : nous parvenons à démontrer qu'il est possible de contribuer à la diminution des fractures énergétiques tout en créant de la valeur. Ce nouveau modèle économique, plus vertueux, réconcilie développement économique et réduction des fractures. Cela génère aussi un sursaut dans la mobilisation des équipes et fait apparaître un gisement d'efficacité, d'agilité, une envie d'accélérer et de faire, tangible et mesurable. Résultat : nous sommes en avance sur le plan de transformation engagé il y a deux ans, qui est jugé aussi pertinent que profitable, aussi bien en interne qu'en externe.

Pensez-vous que nous sommes encore capables, collectivement, de respecter l'accord de Paris, en limitant la hausse des températures à + 2 °C ?

Soyons clairs, aujourd'hui nous n'y sommes pas du tout. La trajectoire actuelle nous amène plutôt à + 3,6, voire + 3,8 °C selon les experts. Je considère cependant que les 2 °C restent atteignables. Tous les groupes qui, comme Engie, s'efforcent de changer radicalement de paradigme démontrent non seulement que c'est possible, mais aussi que ce n'est pas un arbitrage contre la création de valeurs économiques. À condition évidemment de mettre en oeuvre la transition de manière très volontaire, mais progressive et très organisée afin que cela génère des résultats, et même plus rapidement que prévu. Engie, par exemple, va créer plus de valeur que prévu. Les changements radicaux se déroulent toujours ainsi : il y a les pionniers - et Engie a décidé d'en faire partie - et ce qui compte désormais, c'est que cela essaime rapidement. L'enjeu est donc de passer à la vitesse supérieure. C'est d'ailleurs l'un des messages que je porterai comme co-chair de Davos : tenir les objectifs climatiques est possible, mais il faut désormais accélérer.

La décision de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris ne risque-t-elle pas de porter un coup d'arrêt à cette dynamique ?

Les chefs d'État ont un rôle important à jouer pour créer les régulations juridiques et fiscales et changer les comportements. La parole politique est à même de créer une atmosphère plus ou moins porteuse pour faire accepter les changements nécessaires. Je suis heureuse de voir que c'est ce que fait le président français avec détermination. Et il est important que le président des ÉtatsUnis s'engage également sur cette voie. Je suis soulagée de constater que les mesures fiscales favorables aux énergies renouvelables, après avoir fait débat, ont finalement été maintenues aux États-Unis. Tout l'enjeu est de faire comprendre à l'administration fédérale américaine que l'économie et l'écologie ne sont pas opposées, mais qu'au contraire, le développement économique viendra de la consommation « responsable » : l'énergie propre en fait partie.

Dans le monde d'aujourd'hui, très horizontal et décentralisé, les consommateurs, les entreprises, les régions et les villes détiennent beaucoup plus de pouvoir qu'auparavant. Les 3D, cela permet aux consommateurs de devenir des « consomm'acteurs », ou « prosumers », y compris dans la production autonome d'énergie au niveau local. Par ailleurs, les grandes villes commencent à réfléchir dans une logique de boucle locale, non seulement à l'efficacité de leur consommation énergétique, mais aussi à l'énergie qu'elles pourraient produire. Les acteurs de la transition sont de moins en moins les États, mais les gouvernements doivent créer les conditions adéquates pour que tous les acteurs orientent leurs actions dans la bonne direction.

Au forum de Davos, on s'intéresse depuis toujours à l'évolution du capitalisme, et au rôle des parties prenantes des entreprises. Quelle est votre position à propos du projet de loi Le Maire qui envisage de redéfinir l'objet social de l'entreprise, suite à la mission confiée à Nicole Notat et Jean-Dominique Senard ?

Je crois qu'il y a une prise de conscience progressive selon laquelle l'entreprise fait partie de la solution et non pas du problème ! Sur l'environnement juridique, il est trop tôt pour répondre et je préfère attendre les conclusions de la mission pour m'exprimer. Mais ma conviction est claire : la création de valeur dans les entreprises, changement du Code civil ou pas, dépend désormais de leur capacité à comprendre ce que les citoyens demandent et à importer le changement de paradigme au coeur de leur stratégie et de leur projet d'entreprise. Parce que c'est comme cela qu'elles seront préférées par les talents qu'elles veulent attirer, par les clients qu'elles veulent conquérir, et par les investisseurs qu'elles cherchent à convaincre de les financer. C'est simple finalement, et nous sommes en train de l'expérimenter et de démontrer, je crois, que réussite économique peut rimer avec développement durable.

Un grand groupe industriel ne se transforme pas facilement, avez-vous déclaré... Comment menez-vous la transition en interne ? N'est-ce pas là votre enjeu le plus délicat ?

Ce n'est évidemment pas facile. Je pense qu'il y a trois ingrédients fondamentaux. D'abord une vision claire et partagée de la stratégie et des objectifs de l'entreprise. Chez Engie, nous avons décidé d'être un groupe qui contribue à accélérer et rendre plus complète la transition énergétique. Les technologies 3D (digitalisation, décentralisation et décarbonation) sont un levier très positif, pas seulement du point de vue du client, mais de la réduction des écarts de richesse et plus généralement d'une croissance plus soutenable, plus inclusive, plus positive. Deuxièmement, il faut donner aux collaborateurs des marges de manoeuvre, la possibilité offerte à chacun de « faire la différence » à titre personnel, c'est-à-dire de concourir par lui-même à une mission qui le dépasse. Ce n'est évidemment possible qu'à la condition d'avoir pu auparavant aligner tout le monde sur les mêmes objectifs. Enfin, c'est la capacité à mesurer en permanence la performance réalisée et la marge de progression, en étant très ambitieux et exigeant vis-à-vis de nous-mêmes. Ces trois ingrédients, c'est d'ailleurs ce que nous demandent les jeunes générations : un projet motivant qui ait du sens, la possibilité de faire une différence et la capacité de Le Davos progresser. Réussir le changement, c'est avancer sur les trois points de ce triangle.

La diversité est aussi un élément fondamental à mes yeux, et cela ne doit pas rester à l'état de concept. Comment pourrions-nous voir juste sur ce qu'attend la société d'aujourd'hui si nous ne lui ressemblons pas le plus possible ? Cette mixité concerne aussi bien les générations - avec des critères d'écarts d'âge à respecter au sein des équipes - que les genres ou encore les cultures. Ce n'est pas seulement une question de principe, c'est d'abord une question de performance.

Ce n'est évidemment pas facile, mais cette transformation est bel et bien entamée et ne cesse de s'amplifier. La croissance de nos métiers s'accentue, la rentabilité de nos capitaux engagés progresse, la satisfaction de nos clients aussi. Il faut évidemment poursuivre. Nous avons aussi modifié l'organisation du travail, avec par exemple l'installation de plateformes de collaboration. L'aménagement intérieur de la tour Engie à la Défense, notamment, a beaucoup évolué, avec des espaces de travail plus dynamiques et collaboratifs.

Jusqu'où allez-vous vous diversifier dans les services ? Substituer des énergies renouvelables aux énergies fossiles ne suffit-il pas pour qu'un groupe comme Engie s'adapte à la nouvelle donne ?

Plutôt que de services, je préfère parler de solutions intégrées, qui mêlent services et production d'énergie pour plus d'efficacité énergétique. Nous sommes en train d'opérer la convergence entre les services et la production, de fusionner tout cela dans des solutions intégrées qui mettent à disposition de nos clients non seulement une énergie propre et très compétitive, mais permettent aussi de suivre cette énergie dans toutes ses transformations et dans tous ses usages : l'électricité bien sûr, mais aussi le chaud, le froid, la ventilation, les réseaux de toutes sortes. Par l'optimisation de ces usages, nous devenons des spécialistes des économies d'énergie. Nous sommes en quelque sorte devenus de grands producteurs de « Negawatts » ! C'est sur notre capacité d'ingénierie, sur l'assemblage de solutions complexes dans une logique d'optimisation, grâce au digital, au big data, au software, que nous faisons la différence. C'est l'activité qui se développe le plus rapidement, à un rythme de 8 à 10 % l'an. Ces solutions intégrées représentent déjà 100000 de nos 150000 collaborateurs et c'est l'activité qui se développe le plus rapidement dans le groupe. La consommation résiduelle a évidemment besoin d'être décarbonée. Ces dernières années, nous avons installé 6 gigawatts (GW) d'énergie propre et sécurisé 6 GW supplémentaires. En réalité, la mise en oeuvre des 3D génère des leviers de transformation dans tous les secteurs : automobile, bâtiment, villes, etc. Notre ambition, c'est d'être le moteur de transformation des autres secteurs industriels. C'est dans cette perspective que nous menons des ateliers avec les leaders de ces secteurs.

Quelle part la production d'énergie représenterat-elle dans votre chiffre d'affaires en 2030 ?

Nous sommes en train de lancer un exercice de prévision « Engie 2030 », donc je ne peux vous donner ces chiffres aujourd'hui. Mais ce qui va se jouer dans les années qui viennent, c'est le verdissement non seulement de l'électricité grâce aux énergies renouvelables (éolien et solaire notamment), mais aussi des autres sources d'énergie. L'électricité ne représente que 20 à 30 % de l'énergie consommée dans le monde. Il ne faut pas oublier les systèmes de chaud et froid ou encore les transports. Ainsi, je suis convaincue que l'hydrogène et le biogaz (par la valorisation des déchets agricoles) seront des sujets majeurs de la transition énergétique.

En développant des solutions pour la maison connectée, les Gafa seront-ils un jour des concurrents ?

Dans le monde des solutions intégrées, nous nous mesurons désormais à des concurrents nouveaux comme les Gafa. Mais ils n'ont pas les équipes sur le terrain ni nos plateformes dédiées à nos clients industriels. Aujourd'hui ils sont très actifs sur le « B to C », mais moins sur le « B to B ». Grâce à notre modèle mixte mêlant digital et industriel, nous sommes complémentaires sur le retail, et nous sommes leaders sur le « B to B ». Certes, ils collectent d'importantes masses de données, mais Engie donne de la valeur à ces données, et propose des services à domicile.

Avez-vous l'impression que les marchés financiers comprennent votre stratégie ?

Aujourd'hui, notre stratégie est comprise aussi bien par nos talents, nos clients que nos investisseurs. L'évolution de notre cours boursier en est la preuve. Nous faisons exactement l'inverse du « green washing » qui consiste à afficher à l'extérieur une démarche verte sans rien modifier à l'intérieur, puisque nous avons placé cela au coeur même de notre propre dynamique. Engie, c'est le groupe du « green doing » !

Il est question de conserver in fine une direction bicéphale, qu'en pensez-vous ? Ne craignez-vous pas que cela ralentisse la mise en oeuvre du plan de transformation que vous avez entamé ?

Je ne ferai aucun commentaire sur une décision que nous prendrons au Conseil d'administration d'Engie.

Qui gouvernera Engie avec Isabelle Kocher en mai ?

Frappé par la limite d'âge, Gérard Mestrallet quittera ses fonctions de président non exécutif d'Engie cette année, à l'issue du Conseil d'administration qui doit entériner sa succession le 18 mai prochain. Nommée directrice générale d'Engie en mai 2016, Isabelle Kocher aurait aimé endosser également le rôle de présidente au départ de son mentor. Mais l'exécutif - l'État détient24 % du capital de l'entreprise - a fait savoir récemment qu'il pourrait opter pour le maintien d'une direction bicéphale. Cette décision est à l'opposé des évolutions observées à la tête d'autres groupes français, tels que Danone ou Total. Emmanuel Macron aurait-il une préférence pour ce système qui prévaut dans les entreprises anglo-saxonnes ? Tout en rappelant le soutien que lui témoigne le Conseil d'administration dans la mise en oeuvre du plan de transformation qu'elle a entamé en 2016, Isabelle Kocher se refuse à tout commentaire sur le sujet et se dit prête à toutes les options. Mais il est clair que de l'entente entre les deux têtes du groupe dépendra une négociation plus ou moins fluide du virage stratégique entamé.

___

Retrouvez sur latribune.fr nos analyses sur la 48e édition du World Economic Forum du 22 au 26 janvier.

Pour la première fois depuis quarante-sept ans, le Forum économique mondial de Davos, la petite station des Grisons suisse, sera exclusivement présidé par des femmes. Du 22 au 26 janvier 2018, sept femmes nommées « co-chair » du World Economic Forum dirigeront les débats autour du thème choisi : « Construire un avenir commun dans un monde fracturé ».

Parmi elles, deux Françaises : Christine Lagarde, présidente du Fonds monétaire international (FMI) et Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie. Les cinq autres sont l'Américaine Ginni Rometty, PDG d'IBM, l'Indienne Chetna Sinha, entrepreneuse sociale à la tête de la fondation Mann Deshi, la Première ministre norvégienne, Erna Solberg, Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale et Fabiola Gianotti, directrice générale de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern). Un choix éclectique, qui vise à féminiser un forum souvent pointé du doigt comme étant trop masculin.

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Malgré l'instauration d'un quota minimal pour les grandes entreprises participant au forum (une femme pour 4 hommes), elles sont encore trop peu représentées. Cette année, elles seront 21 % des participants du Forum.

Philippe Mabille et Dominique Pialot

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