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Nucléaire : l'Etat met EDF au défi de produire plus d'électricité… avec le même nombre de réacteurs

latribune.fr

Publié le 12 avril 2023 à 13:28 - Mis à jour le 12 avril 2023 à 16:03

Illustration du logo d'edf

EDF a connu sa pire année depuis 30 ans en 2022 avec une production qui a chuté à 279 térawattheures.

DADO RUVIC

Le Quotidien Numérique

17 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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L'Etat a demandé à EDF d'étudier le scénario d'une augmentation de la puissance de ses réacteurs existants pour redresser sa production électrique. L'électricien a, en effet, atteint son plus bas niveau de production depuis trente ans en 2022. Un défi bien difficile à relever tant les difficultés se sont accumulées ces derniers mois.

Produire plus, avec le même nombre de centrales. C'est ce qu'a demandé le gouvernement à EDF. L'électricien a été chargé d'étudier le scénario d'une augmentation de la puissance de ses réacteurs existants pour redresser sa production électrique. Autrement dit, de produire plus en optimisant les capacités de son parc nucléaire existant composé de 56 réacteurs mis en service entre 1979 et 2002.

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« J'ai demandé à EDF de mettre à l'étude une augmentation de puissance du parc nucléaire français, en lien avec l'ASN », l'Autorité de sûreté nucléaire, a confirmé à l'AFP la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, après s'être exprimée dans Le Monde mardi. « Cette instruction technique s'inscrit dans l'ensemble des mesures visant à augmenter la production d'énergie décarbonée en France et donc dans la politique de relance de la filière nucléaire française », a précisé le ministère. Cette mesure d'augmentation de puissance « pourra contribuer à augmenter la production d'électricité nucléaire, qui reste encore inférieure à son potentiel », a ajouté le ministère.

Niveau le plus bas depuis 30 ans

Et ce, alors que l'électricien a connu une année 2022 noire avec un niveau de production tombé à son plus bas depuis trente ans (à 279 térawattheures). Un grand nombre des 56 réacteurs ont dû être arrêtés, entre autres, en raison de la découverte de problèmes de corrosion qui ont engendré des travaux. L'enjeu est donc crucial pour EDF dont la production nucléaire reculait déjà depuis des années. D'autant qu'il est en voie de renationalisation complète selon la décision prise par l'exécutif le 3 février lors d'un Conseil de politique nucléaire (CPN) réuni par le président Emmanuel Macron.

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Nucléaire : « Il faut construire l'équivalent du parc d'aujourd'hui, soit 56 réacteurs » (Pierre Gadonneix, président d'honneur d'EDF)

Cette demande à EDF intervient pourtant après qu'Emmanuel Macron ait annoncé la construction de six EPR de nouvelle génération dans les prochaines années, voire 14 si nécessaires. Or, le premier n'est envisagé que pour 2035 ou 2037... dans le meilleur des cas. Il s'agit donc de gagner des marges de production en attendant.

L'équivalent de deux réacteurs supplémentaires

L'étude portera sur « l'ensemble des trois paliers (catégories, NDLR) de réacteurs nucléaires existants », qui fournissent l'essentiel de leur courant aux Français : les paliers de 900 mégawatts (MW), et les plus récents de 1.300 MW et 1.450 MW. Doper les capacités permettrait des gains de puissance de l'ordre de « 4 - 5% » pour certains réacteurs, estimait fin mars Sylvie Richard, directrice du programme de grand carénage d'EDF.

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« Chaque mégawatt est bon à prendre », avait-elle plaidé lors d'une visite de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher). Si ces modifications étaient décidées sur l'ensemble du parc d'une capacité totale installée de 61,4 GW, une augmentation de 3% de la production reviendrait à ajouter l'équivalent de la puissance de « deux réacteurs », indiquait de son côté la ministre dans les Echos le 1er mars.

Concrètement, l'étude technique évaluera prioritairement les modifications possibles dans le circuit secondaire, là où la vapeur produite dans le circuit primaire est envoyée dans les turbines géantes du turbo-alternateur pour être transformée en électricité. Le circuit secondaire est choisi en priorité, car « les enjeux de sûreté devraient [y] être moins structurants que sur le circuit primaire », la partie abritant le combustible nucléaire, avance le ministère.

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Mais ce n'est pas tout. Le gouvernement compte travailler sur la réduction de la durée des arrêts de maintenance et sur « l'excellence opérationnelle » pour relever la production d'EDF dans une fourchette située entre 350 et 380 Térawattheure (TWh), dans les prochaines années, soit une augmentation d'environ 30%. EDF serait alors encore bien loin de son âge d'or quand il produisait 430 TWh, comme en 2005.

66 milliards d'euros

De tels coûts de modification ou d'optimisation viendraient s'ajouter à la facture totale du grand carénage, ce programme colossal qui vise à moderniser et prolonger la durée de vie des centrales au-delà de 40 ans. Son coût réévalué avoisine les 66 milliards d'euros.

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Selon le ministère, l'instruction sera menée « d'ici fin 2023 » et « fera l'objet d'un point d'étape au conseil de politique nucléaire de fin d'année ». Mais pour l'heure, l'ASN indique à l'AFP ne pas encore avoir « reçu de dossier d'EDF à ce sujet ». « Des augmentations de puissance ont été autorisées à l'étranger » et cette solution avait d'ailleurs été « envisagée » un temps par EDF « à l'occasion du troisième réexamen périodique des réacteurs de 1.300 MW » commencé en 2015, mais cela n'avait « pas eu de suite », précise le gendarme du nucléaire.

(Avec AFP)

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