Si elle ne compte aucune centrale nucléaire, la Bourgogne-Franche-Comté n’en est pas moins une région stratégique pour la filière. Et pour cause : tous les grands composants y sont fabriqués. Le plan de relance a permis d’accélérer la réalisation d’un projet : une plateforme de contrôle non-destructif à Chalon-sur-Saône. Un avantage compétitif pour la région, notamment en matière de formation.C'est un véritable défi qui attend la Bourgogne-Franche-Comté, région qui, même si elle ne compte aucune centrale nucléaire, n'en demeure pas moins une région stratégique pour l'atome.
« La filière du nucléaire représente 220.000 emplois, dont 10.000 en Bourgogne-Franche-Comté. Dans les dix ans à venir, nous aurons besoin de 150.000 emplois supplémentaires, soit environ un besoin de recrutement situé entre 15.000 et 20.000 emplois par an »,estimait ainsi le préfet de région, Franck Robine lors d'une visite des locaux de l'IUT de Chalon-sur-Saône le 24 février dernier.
Derrière cette nécessité de recruter se cachent des besoins considérables en termes de formation et d'attractivité de ces métiers industriels. « C'est là que la filière présente en Bourgogne-Franche-Comté trouve tout son sens », a ajouté le préfet en inaugurant à cette occasion la plateforme CND* Lab'. Celle-ci réunit dix-sept partenaires issus du milieu de la recherche, de l'entreprise, du développement, de l'innovation, de l'enseignement supérieur et de la formation.
« Cette plateforme n'a pas d'équivalent en France »
Un outil qui « n'a pas d'équivalent en France, s'est félicité Franck Robine. L'objectif est de réunir à la fois les chercheurs et les acteurs économiques de la filière, de créer des synergies entre les entreprises, de mutualiser du matériel technologique - souvent très coûteux dans le domaine des CND - et de créer des formations répondant à leurs besoins ».
« Depuis cinq ans, nous avons remarqué un besoin croissant des métiers supports aux métiers de la production, notamment dans le contrôle non destructif »,constate, en effet, Isabelle Laugerette secrétaire générale de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), qui est la fédération patronale française regroupant, dans le domaine de la métallurgie, les principales entreprises de l'Hexagone.
Le budget estimé de cette plateforme est d'environ deux millions d'euros (investissement et fonctionnement) pour les cinq prochaines années. Le préfet de région a d'ores et déjà annoncé que le projet remplissait les critères d'éligibilité au plan France 2030. Ce dernier s'est engagé à financer, en premier lieu, les frais de fonctionnement estimés à 150.000 euros par an.