Le pionnier français de l’hydrolien séduit BPI France et regarde vers l'Asie

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Hydrolienne D10 de Sabella
Hydrolienne D10 de Sabella (Crédits : Sabella)
Seule startup de l’hydrolien hexagonal aux côtés de General Electric et DCNS, Sabella se donne les moyens de déployer sa technologie à l’étranger.

Face aux consortiums formés par les géants DCNS/Openhydro avec EDF Energies Nouvelles et General Electric (ex. Alstom) avec Engie, Sabella fait figure de Petit Poucet dans le monde de l'hydrolien français, cette énergie marine qui consiste à transformer en électricité les courants sous-marins..

Mais la startup, qui a vu le jour à Quimper en 2008, poursuit son chemin. Grâce à la levée de fonds de 8 millions d'euros qu'il vient de boucler, son fondateur Jean-François Daviau va pouvoir déployer son hydrolienne D10 (de 10 mètres de diamètre) à l'international.

Venue remplacer la D03, premier spécimen immergé par Sabella en 2008 au large de Bénodet, la D10 a été installée fin juin 2015 en mer d'Iroise dans le passage du Fromveur, par 55 mètres de fond. Elle a ainsi fourni à l'île d'Ouessant une petite partie de sa consommation électrique, soit 70 MWh. Malgré une contribution plus faible que prévu (5% au lieu de 15%) en raison d'une avarie sur un câble, ce test a permis de valider l'intégration de la machine à un réseau indépendant du réseau national. Sortie de l'eau en juillet, l'hydrolienne aurait dû y être replongée en cette fin novembre après avoir été améliorée. Mais le navire indispensable à ces travaux est immobilisé par la mise à l'eau de quatre machines MeyGen dans le nord de l'Ecosse.

Bientôt des fermes pilotes dans le Raz Blanchard

Cela n'a pas dissuadé les investisseurs de miser sur sa technologie, issue d'un savoir-faire acquis dans l'offshore pétrolier. Outre ses actionnaires historiques Emertec, Go Capital, Farinia et le groupe IWF, Sabella a séduit le fonds Ecotechnologies, géré par Bpifrance dans le cadre des actions du Programme d'Investissements d'Avenir (PIA), Force 29 et Litto Invest.

Les huit millions d'euros levés vont permettre à l'entreprise de renforcer significativement ses effectifs en 2017 pour accélérer ses efforts de développement commercial et de R&D, et de réaliser plusieurs projets à l'international dont un en Asie.

En France, deux machines de DCNS/Openhydro ont également été mises à l'eau en janvier puis fin mai à Paimpol-Bréhat. Le Raz Blanchard doit abriter les premières fermes pilotes françaises des consortiums GE/Engie et DCNS/EDF EN.

Sabella mise sur l'appel d'offres lancé par l'Etat pour la création d'une ferme marine de quatre hydroliennes dans la même zone maritime du Fromveur, dont les résultats devraient être annoncés au premier trimestre 2017. Pour ce projet, la startup est désormais associée au producteur Akuo Energy, venu remplacer Engie. Le potentiel du marché mondial, qui devrait s'accélérer d'ici à 2020, est évalué entre 75 et 100 GW, dont 3 à 6 GW en France.

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Commentaires
a écrit le 30/11/2016 à 16:14 :
J'oubliais une parmi les plus intéressantes : EEL Energy (en anglais eel = anguille) qui capte une bonne part du courant tant fluvial que marin. Concept très innovant et efficient de système ondulant. L'entreprise est basée à Boulogne sur Mer. Mais il est probable que les majors se réservent les meilleurs sites de production comme pour l'éolien etc !
a écrit le 30/11/2016 à 16:07 :
Attention au fait que "Seule startup de l’hydrolien hexagonal aux côtés de General Electric et DCNS" ne signifie pas seule start-up ou autre entreprise sur ce secteur en France (mais la seule aux côtés de ces 2 groupes) !! En effet il existe notamment d'autres start-up en France comme HydroQuest, basée sur la pépinière d’entreprise Tarmac à Inovallée Meylan qui s'intéresse aussi au secteur maritime, de même que dans la pépinière-incubateur de l’écoparc de Blanquefort, Blue Shark Power System et comme cité par Alain D. Akuo Energy. Il y aussi d'autre partenariats comme EDF mais avec le britannique REH (et l'énergie de la houle système CETO) ou DCNS et Fortum avec le finlandais AW-Energy et Waveroller (énergie des vagues).
a écrit le 30/11/2016 à 9:34 :
Incroyable que si peu d'acteurs économiques soient installés dans ce secteur qui permet pourtant de produire de l’électricité pour pas cher et en permanence contrairement au solaire.
a écrit le 29/11/2016 à 21:16 :
Petite précision, parce son nom peut semer le doute, Akuo Energy est aussi une entreprise française fondée comme Sabela en 2007.
Akuo Energie vient de signé pour un parc éolien de 30 MW au Nouveau Mexique.
Une autre signature pour 100 MW à Bali.
Vient de démarrer 50 MW de plus en Uruguay, pour y atteindre 142 MW.
Avec un CA 2015 en hausse de 42% à 149 M€ et une marge brute d’exploitation de 58%.
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Un gros cocorico pour Sabela et Akuo Energy qui progressent à coté des géants de l'énergie.

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