Pyrogazéification : W&nergy développe cinq projets en métropole et aux Antilles

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Les deux premiers sites de pyrogazéification développés par W&nergy ouvriront en Bretagne et en Auvergne au premier semestre 2023.
Les deux premiers sites de pyrogazéification développés par W&nergy ouvriront en Bretagne et en Auvergne au premier semestre 2023. (Crédits : Energy &+)
Filiale commune de la PME bretonne Energy &+ et d’Eiffel Gaz Vert, W&nergy porte cinq projets de pyrogazéification en métropole et aux Antilles. Les deux premiers sites ouvriront en Bretagne et en Auvergne au premier semestre 2023. Ces unités de production qui transformeront la matière sèche, comme le bois, pour produire de l’électricité et de la chaleur, représentent un investissement global de 40 millions d’euros.

En matière de transition énergétique, la pyrogazéification, procédé ancien utilisé au XIXe siècle pour produire du gaz de ville à partir de la houille et fabriquer du charbon de bois, revient au goût du jour. La structure bretonne W&nergy fait partie des entreprises qui défendent cette technique de valorisation des déchets visant à produire du gaz à partir d'une biomasse sèche, comme le bois forestier ou de bocage et demain les bois « B » issus du recyclage.

Fondée en janvier dernier, cette filiale commune de la PME Energy &+ basée à Saint-Nolff (Morbihan) et d'Eiffel Gaz Vert, porte cinq projets de pyrogazéification représentant un investissement total de 40 millions d'euros, financements bancaires compris.

Deux projets en métropole, trois en Outre-mer

Sept millions d'euros seront financés par Energy &+ et ses actionnaires historiques, le groupe familial Johes et la société 1M86, aux côtés d'Eiffel Investment Group. Le fonds dédié aux projets d'énergie renouvelable participe à hauteur de cinq millions d'euros à ce projet à impact.

Selon les projections, à l'horizon 2050, la pyrogazéification pourrait représenter 15 à 40% du mix énergétique renouvelable.

« Energy &+, qui développe des solutions de biomasse énergie (méthanisation, pyrogazéification), assurera la construction et l'exploitation de ces projets réunis dans W&nergy et déjà bien avancés. Les deux premiers, l'un en Bretagne, l'autre en Auvergne entreront  en service au premier semestre 2023 », assure Adrien Haller, gérant de la Holding Haller qui chapeaute les deux entreprises Energy &+ et W&nergy.

« La pyrogazéification représente une nouvelle filière décarbonée à fort potentiel. Cette technologie consiste à porter des matières organiques à haute température et en défaut d'oxygène pour les convertir en un gaz de synthèse (syngaz) qui pourra être commercialisé sous forme d'électricité, de chaleur, et bientôt de biométhane, d'hydrogène vert ou encore de bioCO2. Elle s'appuie sur l'exploitation de ressources disponibles au sein de chaque territoire et non délocalisables », explique-t-il.

13.000 mégawattheures thermiques à Augan

Les cinq projets seront conçus selon le même schéma et utiliseront la technologie allemande du groupe Spanner. À Augan (Morbihan), le futur site produira de l'énergie et de la chaleur : 6.500 mégawattheures électriques seront injectés dans le réseau et 13.000 mégawattheures thermiques alimenteront un réseau de chaleur à destination des industriels. L'usine de Clermont-Ferrand dans le Puy-de-Dôme produira pour sa part 16.000 mégawattheures électriques et 32.000 mégawattheures thermiques. Les trois autres projets concernent des sites ultramarins : deux seront situés en Guadeloupe, un en Guyane.

« Chacune des unités antillaises produira 8.000 mégawattheures électriques et 16.000 mégawattheures thermiques » développe Adrien Haller. « Ce type de production d'énergie verte trouve de plus en plus d'intérêt auprès des collectivités et des industriels à la recherche de solutions propres. Il s'appuie sur des ressources renouvelables et dynamise les territoires et l'économie circulaire. Le bois utilisé proviendra de forêts durables situées à moins de 100 kilomètres des sites de production et de l'élagage du bocage. »

50% de l'activité sous deux ans

Energy &+ prévoit en outre de commercialiser un des coproduits issus de la production de ces sites, le biochar (poudre de charbon de bois) qui sert d'amendement pour les sols. 300 tonnes en Bretagne et 1.000 tonnes en Auvergne seront ainsi vendues à des fabricants de fertilisants organiques et de terreaux ou à des serristes.

En s'engageant davantage dans cette voie de la pyrogazéification, la PME de 20 personnes (3 millions d'euros de chiffres d'affaires en 2020) parie sur un fort développement de ce marché dans les années qui viennent. Son objectif est d'atteindre un volume d'affaires de 20 millions d'euros d'ici à deux ans et d'accroître son effectif à 100 collaborateurs d'ici à cinq ans.

Energy &+ estime, qu'à terme, la pyrogazéification pourrait représenter 50% de son activité, contre 25% pour la méthanisation, qui utilise pour sa part des déchets et des effluents d'élevage et 25% pour la combustion directe de biomasse. Au-delà de la France, la PME commence à prospecter d'autres marchés comme celui du Congo.

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Commentaires
a écrit le 12/04/2021 à 17:01 :
En gros, c'est un incinérateur. Ça ne pollue pas en terme de CO2? Quid des dioxines?Des micro particules? Il doit bien y avoir des fumées...Lavage des gaz? Traitements des effluents? À la sortie, l'électricité produite elle va coûter combien?

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