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ClimatEnergie & Environnement

COP 27 : la présidence égyptienne propose un nouveau projet de texte final permettant un accord

latribune.fr

Publié le 19 novembre 2022 à 10:48 - Mis à jour le 19 novembre 2022 à 14:38

Des militants pour le climat pendant le sommet sur le climat cop27 a sharm el-sheikh

A la COP 27, les négociations semblaient sur le point de s'effondrer ce samedi matin.

MOHAMED ABD EL GHANY

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Alors que l'Union européenne avait déploré que le texte final publié par la présidence égyptienne ne marque pas d'avancée en matière de lutte contre le réchauffement climatique, une nouvelle version a finalement permis un accord sur les dégâts déjà occasionnés par le changement climatique tout en réaffirmant les engagements des accords de Paris et de Glasgow concernant la baisse des émissions de gaz à effet de serre.

Pas encore de clap de fin pour la COP 27...mais bien un accord. Malgré des discussions qui se sont prolongées toute la nuit, les négociations de ce rendez-vous qui se tenait cette fois à Charm el-Cheikh en Egypte semblaient jusqu'ici sur le point de s'effondrer. Plus tôt ce samedi, l'Union européenne s'est, en effet, dite prête à partir sans entente plutôt que d'accepter « un mauvais accord » supposant une remise en cause « inacceptable » des engagements sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre. « Plutôt pas d'accord qu'un mauvais accord », a ainsi lancé le vice-président de la Commission Frans Timmermans devant la presse alors que la 27e conférence internationale sur le climat a été prolongée d'au moins une journée.

L'avenir des énergies fossiles, dont l'utilisation, depuis la révolution industrielle, est essentiellement responsable du réchauffement de la planète, fait l'objet de tractations intenses menées par les négociateurs de près de 200 pays réunis au sein de la station balnéaire. Mais le projet de texte final publié par la présidence égyptienne ne marquait pas d'avancées sur ce point, même s'il soulignait pour la première fois la nécessité d'accélérer dans les énergies renouvelables. En outre, les engagements actuels des différents pays sont loin de permettre de tenir les 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l'accord de Paris. Selon les analyses de l'ONU, ils permettent au mieux de limiter le réchauffement à 2,4°C d'ici la fin du siècle, menant l'humanité vers le risque que des points de bascule irréversibles soient atteints et provoquent un emballement incontrôlable du dérèglement climatique.

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« Nous sommes inquiets de certaines des choses que nous avons vues et entendues au cours des dernières 12 heures », a alerté Frans Timmermans, ajoutant que l'objectif des Européens était de garder « en vie » la limite de réchauffement de 1,5°C. « A ce stade, la présidence égyptienne remet en cause les acquis de Paris et de Glasgow sur la baisse des émissions. C'est inacceptable pour la France et les pays de l'UE », avait-on déjà dit, peu avant, dans l'entourage de la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

Un nouveau projet de texte final présenté par l'Egypte

Si la présidence égyptienne s'était défendue en déclarant que la « grande majorité » des pays trouvait les propositions « équilibrées », elle a finalement publié un nouveau projet de texte final en début d'après-midi. Le document qui doit encore être discuté par les négociateurs de près de 200 pays rassemblés, réaffirme les objectifs de l'accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement de la planète « nettement en-dessous de 2°C » par rapport à l'ère pré-industrielle, et si possible à 1,5°C. Le texte souligne que les impacts du dérèglement climatique seraient bien moins importants à 1,5°C et affiche l'importance de poursuivre les « efforts » pour respecter cette limite.

Côté énergie, la fin des « subventions inefficaces aux carburants fossile » est affirmée mais pas la sortie du pétrole ou du gaz. L'objectif d'une sortie progressive des centrales à charbon - acquis de Glasgow l'an dernier - est réaffirmé, mais avec désormais un appel à accélérer le développement des renouvelables au cours de cette décennie.

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Avancées sur la question des«pertes et des dommages»

Autre point bloquant des négociations : celui des « pertes et dommages ». Ce sujet, des plus complexes, concerne les dégâts déjà occasionnés par le changement climatique et s'est retrouvé au coeur des débats après les inondations historiques qui ont frappé le Pakistan et le Nigeria, et pour lesquels les pays en développement réclament un fonds dédié. Fin août, le gouvernement pakistanais et l'ONU avaient lancé un appel aux dons pour financer l'aide d'urgence, le pays estimant avoir besoin de plus de 10 milliards de dollars pour réparer et reconstruire.

« Un accord a été trouvé » sur la création d'un fonds spécifique dédié à ces « pertes et dommages » qui « dirige » les moyens financiers vers les pays les plus vulnérables, a indiqué une source européenne à l'AFP. Une proposition de texte sur cette question avait aussi été avancée samedi par la présidence égyptienne, avec l'espoir qu'un consensus puisse être trouvé. Le document propose d'établir « de nouveaux accords de financement pour aider les pays en développement » à « mobiliser des ressources nouvelles et supplémentaires ».

Mais aussi, revendication phare des pays pauvres très exposés, de « créer un fonds de réponse aux pertes et dommages », dont le fonctionnement et les financements devront être élaborés par un « comité de transition » d'ici la prochaine COP28 aux Emirats arabes unis fin 2023. L'ambiguïté sur les bénéficiaires de ce fonds, un point de blocage majeur des derniers jours, est levée a indiqué la source européenne.

De timides avancées avaient déjà eu lieu. Si les pays riches sont, depuis des années, très réticents à l'idée d'un financement spécifique, l'Union européenne avait laissé entrevoir une ouverture jeudi en acceptant le principe d'un « fonds de réponse aux pertes et dommages », réservé aux « plus vulnérables » sur une « base de contributeurs élargie », sous entendu à la Chine, qui s'est considérablement enrichie en trente ans. L'offre européenne avait d'ailleurs été saluée comme « une concession et une percée majeures » par Seve Paeniu, ministre des Finances du petit archipel pacifique de Tuvalu, menacé par la montée des eaux. Mais ni la Chine ni les Etats-Unis n'ont fait connaître leur position dans l'immédiat.

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Les peuples autochtones rappellent le respect de la nature

Lors de cette COP 27, les peuples autochtones ont, eux, tenu à rappeler à tous les participants le respect de la nature. Vêtus d'habits traditionnels, leurs représentants ont alerté sur le changement climatique, dénonçant que « nos peuples n'ont jamais été évoqués dans les négociations de la COP27 », selon les mots du cacique Ninawa représentant son peuple, les 15.000 Huni Kui de 104 villages isolés de l'Etat brésilien d'Acre, frontalier du Pérou, au coeur de la forêt amazonienne. Celui-ci est en première ligne face à la déforestation, qui a augmenté de 75% par rapport à la décennie précédente sous le mandat du président brésilien sortant Jair Bolsonaro. Depuis, l'Amazonie, longtemps précieux « puit de carbone », émet désormais plus de CO2 qu'elle n'en absorbe.

Le cacique Ninawa a toutefois peiné à faire entendre sa voix, les manifestations en Egypte étant interdites et les militants du climat se disant limités dans leurs actions. « Dans les autres pays, on a pu manifester dans les rues et parler à plein de gens. Ici, on ne peut défiler que dans la Zone bleue », le périmètre du complexe de la COP27 dédié aux négociations, a-t-il déploré.

Le Mapuche de Patagonie, dans le sud du Chili, Juan Calvin, a lui rappelé que « les gouvernements ne peuvent pas prendre de décisions sans notre accord » et entend obliger le monde à préserver « les identités des peuples autochtones et leurs droits à la terre et aux ressources ».

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