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Réchauffement climatique : les glaciers de l'Himalaya fondent plus vite que prévu

latribune.fr

Publié le 21 juin 2023 à 14:33 - Mis à jour le 21 juin 2023 à 14:46

Les glaciers tibetains menaces par le rechauffement climatique

Les glaciers de l'Himalaya fondent plus vite que prévu selon une étude réalisée par l'ICIMOD.

© Nir Elias / Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le réchauffement climatique fait fondre les glaciers de l’Himalaya plus rapidement que prévu. Selon l’étude réalisée par l’International Centre for Integrated Mountain Development, cela représente une menace pour près de 2 milliards d’habitants des régions alentours qui dépendent de ces glaciers pour s’approvisionner en eau.

La neige fond, et elle fond vite du côté de l'Himalaya. C'est la conclusion de l'étude réalisée par l'International Centre of Integrated Mountain Development (ICIMOD) et publiée mardi. La fonte en tant que telle était prévisible avec le réchauffement, affirme Philipus Wester, auteur principal de l'étude. Toutefois, ce qui ne l'était pas, c'est le rythme auquel ces glaciers fondent. « Cela va beaucoup plus vite que ce que nous pensions », a-t-il ainsi alerté.

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L'étude montre qu'entre 2011 et 2020, les glaciers ont fondu 65% de fois plus vite que lors de la décennie précédente. Et, si l'on se base sur les trajectoires d'émissions actuelles, les glaciers pourraient perdre jusqu'à 80% de leur volume actuel d'ici la fin du siècle. C'est l'estimation avancée par l'organisation intergouvernementale ICIMOD. Basée au Népal, cette organisation compte pour membres l'Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, la Chine, l'Inde, la Birmanie et le Pakistan.

L'approvisionnement en eau de 2 milliards de personnes estmenacé


Or la fonte de cette eau gelée représente un réel problème pour les 2 milliards de personnes pour lesquelles ces glaciers sont une source essentielle d'eau douce. 240 millions d'habitants des régions montagneuses et 1,65 milliard d'habitants des vallées en contrebas s'approvisionnent en eau par les glaciers de la région de l'Hindu Kush et de l'Himalaya.

Dix des plus importants bassins fluviaux du monde, dont le Gange, l'Indus, le Fleuve Jaune, le Mékong et l'Irrawaddy, sont alimentés par les glaciers himalayens. Ces derniers fournissent aussi, directement ou indirectement, de la nourriture, de l'énergie et des revenus à des milliards de personnes.

«Deux milliards de personnes en Asie dépendent de l'eau provenant des glaciers et de la neige.Les conséquences de la perte de cette cryosphère (zone gelée) sont inenvisageables», a déclaréIzabellaKoziell, cheffe adjointe de l'ICIMOD.

Des efforts climatiques insuffisants

Limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ou 2°C comme cela est prévu dans les accords de Paris n'est même pas suffisant. En effet, selon l'étude, avec seulement 1 ou 2°C supplémentaires, les glaciers devraient perdre entre un tiers et la moitié de leur volume d'ici 2100.

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Pour Philipus Wester, « cela souligne la nécessité d'une action climatique urgente. Chaque petite augmentation aura des répercussions considérables et nous devons vraiment, vraiment travailler à l'atténuation du changement climatique ».

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«La partie est déjà perdue pour les glaciers», selon l'ONU

En avril 2023, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies avait mis en évidence, dans son rapport annuel du climat mondial, les conséquences des changements survenus à l'échelle planétaire sur terre, dans les océans et dans l'atmosphère sur la fonte des glaciers notamment.

Selon l'OMM, « la glace de mer de l'Antarctique a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré et la fonte de certains glaciers européens a littéralement dépassé les records ».

Et l'organisation s'était montrée loin d'être optimiste quant à leur avenir. « La partie est déjà perdue pour les glaciers car la concentration de CO2 est déjà très élevée et l'élévation du niveau de la mer risque de se poursuivre pendant les milliers d'années à venir », avait ainsi expliqué le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas. La fonte ne peut être stoppée « à moins de créer un moyen d'éliminer le CO2 de l'atmosphère », avait-il ajouté.

Il avait également souligné que « cette tendance négative des conditions météorologiques et de tous ces paramètres risquait de se poursuivre jusque dans les années 2060, indépendamment de notre réussite en matière d'atténuation du changement climatique ». Et de conclure que : « Nous avons déjà émis une telle quantité de dioxyde de carbone dans l'atmosphère qu'il faudra plusieurs décennies pour mettre fin à cette tendance négative ».

30 mètres de perte d'épaisseur

Dans le détail, les glaciers de référence ont connu une perte beaucoup plus importante que la moyenne des dix dernières années. La perte d'épaisseur cumulée des glaciers depuis 1970 s'élève à près de 30 mètres.

Plus particulièrement, les Alpes européennes ont battu des records de fonte des glaciers en raison d'une combinaison de faible enneigement hivernal, de l'arrivée de poussière saharienne en mars 2022 et de vagues de chaleur entre mai et début septembre.

La situation des glaciers suisses est, également, particulièrement dramatique. Ils ont perdu 6% de leur volume de glace entre 2021 et 2022, contre un tiers entre 2001 et 2022. Pour la première fois, aucune neige n'a survécu à la saison de fonte estivale, même sur les sites de mesure les plus élevés, et il n'y a donc pas eu d'accumulation de glace fraîche.

Une lueur d'espoir

Toutefois, il reste un espoir. Et il réside notamment dans les énergies vertes et dans le fait que leur prix soit moins élevé que celui des combustibles fossiles. D'après Petteri Taalas, la planète ne se dirige plus vers un réchauffement de 3 à 5°C comme prévu en 2014, mais plutôt vers un réchauffement de 2,5 à 3°C.« Dans le meilleur des cas, nous pourrions encore atteindre un réchauffement de 1,5°C, ce qui serait ce qu'il y a de mieux à la fois pour le bien-être de l'humanité, de la biosphère et de l'économie mondiale », a-t-il affirmé, soulignant que 32 pays avaient réduit leurs émissions de gaz à effet de serre sans que cela ne les empêche de croître sur le plan économique.

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Le secrétaire général de l'OMM a salué certains pays qui, comme le secteur privé, ont commencé à agir, mais il déplore que seuls 50% des 193 Etats membres de l'ONU disposes de services d'alerte précoce.

(Avec AFP),

latribune.fr

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