Aveu d'échec ou simple plan B ? Alors que le gouvernement planche sur les manières de préparer la France à un réchauffement de +4°C d'ici à la fin du siècle, contre environ +2°C maximum prévus jusqu'ici, une partie de l'opposition s'insurge. « L'adaptation sans la bifurcation est dramatique », a ainsi tweeté mardi la députée LFI Clémence Guetté, regrettant que le gouvernement ait « baissé les bras ».
Avant d'être contredite par le politologue belge François Gemenne, contributeur du groupe d'experts de l'ONU sur le climat (Giec) : « Les impacts du changement climatique dans un pays sont indépendants de son bilan carbone », a-t-il objecté. Côté exécutif, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, assume sa position, déjà connue depuis février : « Il faut sortir d'une forme de déni consistant à faire comme si le monde allait pleinement respecter l'accord de Paris [de limitation des températures à +1,5°C d'ici à 2100 par rapport à 1990] », a-t-il affirmé mardi matin. Signe de résignation face à l'ampleur de la tâche ?
Pas vraiment, si l'on en croit le Conseil national de la transition écologique (CNTE), un organe consultatif rassemblant ONG environnementales, syndicats, patronat, collectivités et parlementaires. Et pour cause, celui-ci vient d'approuver à l'unanimité la nouvelle stratégie du gouvernement en la matière. Laquelle consiste à lancer une consultation publique, mise en ligne ce mardi, pour définir quelle sera la trajectoire d'adaptation au réchauffement climatique, en se basant sur deux scénarios : l'un « optimiste », tablant sur +2°C en France en 2100, l'autre « réaliste » en l'état actuel des choses, à +4°C à la même échéance (soit environ +3°C à l'échelle planétaire), a précisé Christophe Béchu lors d'un point presse. De quoi satisfaire le sénateur écologiste Ronan Dantec, président de l'observatoire sur l'adaptation au CNTE :
« S'inscrire dans une telle perspective, c'est une avancée, afin de pouvoir appréhender les conséquences sur l'agriculture, les bâtiments, etc. Il faudrait même aller plus loin, en inscrivant les +4°C dans la loi de programmation sur l'énergie et le climat [qui définit la stratégie en matière de politique énergétique nationale face à l'urgence écologique, et sera votée d'ici au second semestre, ndlr] », précise-t-il à La Tribune.