Vers une nouvelle hausse des prix de l'électricité en janvier ?

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(Crédits : Reuters)
Les tarifs de l'électricité pourraient augmenter de 3,5 à 4 % début 2020, d'après les informations du Parisien.

Les prix de l'électricité vont-ils encore augmenter prochainement ? C'est la crainte d'associations de consommateurs et de certains fournisseurs d'énergie, qui dénoncent un manque de visibilité dans les intentions du gouvernement. D'après Le Parisien, la hausse, qui s'effectuerait au 1er janvier 2020, serait comprise entre + 3,5 et + 4 %.

La loi énergie climat, qui devrait être votée au Sénat jeudi, prévoit que les concurrents d'EDF pourront avoir un accès plus large à l'électricité nucléaire à bon marché produite par les centrales de l'opérateur historique.

Les volumes auxquels ils ont accès via ce dispositif, baptisé Arenh (accès régulé à l'électricité nucléaire historique), sont en effet plafonnés à 100 terawattheures (TWh). Mais la nouvelle loi doit prévoir la possibilité pour le gouvernement de remonter ce plafond à 150 TWh par décret ou arrêté.

Or les fournisseurs alternatifs d'électricité - comme Total Direct Energie, Eni ou Vattenfall - comptent bien sur ce relèvement pour se fournir plus abondamment à des prix qui sont actuellement bien inférieurs à ceux du marché.

Manque de visibilité

Le temps presse, car le prochain "guichet" est fixé en novembre pour accéder à cette électricité à bon marché l'an prochain. Si les alternatifs ne profitent pas de l'Arenh en quantité suffisante, ils devront aller acheter les électrons manquants à prix élevés sur le marché de gros.

"Encore faut-il maintenant que le décret d'application soit publié par le gouvernement pour augmenter ce fameux plafond. Si ce n'est pas le cas, on a de grandes chances d'avoir de nouveau un impact significatif en terme de hausses des tarifs de vente d'électricité en janvier pour le consommateur", estime Henri Reboullet, PDG de Vattenfall France.

"On s'inquiète parce qu'on n'a aucune visibilité, sachant qu'on est à deux mois du guichet Arenh où on est censé s'approvisionner pour l'année prochaine pour nos grand clients industriels comme pour nos clients particuliers", poursuit-il.

Du côté du gouvernement, on confirme que rien n'a été décidé dans ce dossier sensible. "La décision n'est pas prise", indique-t-on au ministère de la Transition écologique et solidaire.

Déjà 7,13 % de hausse en 2019

"Il y a une urgence à ce que l'arrêté soit pris et à s'assurer en amont que les ministres concernés ont bien l'intention d'augmenter le plafond", alerte pourtant Antoine Autier, de l'UFC-Que Choisir.

"Il y a un risque que non seulement le prix des alternatifs augmente mais aussi derrière les TRV" - les tarifs réglementés de vente commercialisés par EDF - souligne-t-il. Ils sont en effet calculés pour permettre aux fournisseurs alternatifs d'être compétitifs et de pouvoir proposer des tarifs inférieurs à EDF.

Ces tarifs réglementés avaient déjà bondi de 5,9% au 1er juin, puis augmenté de 1,23% au 1er août, provoquant la colère des associations de consommateurs et des remous politiques. Le sujet est explosif pour le gouvernement, qui avait d'ailleurs appliqué la première augmentation avec décalage en pleine crise des "gilets jaunes".

Lire aussi : Comprendre les mécanismes derrière la hausse de 6% du prix de l'électricité

Coût pour les consommateurs

"Si le gouvernement ne remonte pas le plafond, ça coûtera entre 1,5 et 1,7 milliard de plus aux consommateurs, tous confondus", calcule Frank Roubanovitch, président du Comité de liaison des entreprises consommatrices d'électricité (CLEEE), qui craint une nouvelle augmentation "probablement de 3-4%".

De son côté EDF - déjà dans une situation financière délicate - critique depuis des années le mécanisme de l'Arenh, dont le tarif est jugé trop bas et qui n'a pas bougé depuis des années. Le gouvernement réfléchit également à une remontée de ce tarif pour donner de l'air à EDF mais cela nécessiterait des négociations avec Bruxelles, qui pourraient être longues.

Les défenseurs des consommateurs aimeraient pour leur part dissocier cette question complexe de celle du plafond, plus immédiate. "Il est tout à fait envisageable de remonter le plafond sans toucher au prix", estime ainsi Antoine Autier.

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a écrit le 28/09/2019 à 16:07 :
les consommateurs verront finalement leurs factures d'électricité globalement augmenter de plus de 10% en 2020 par rapport à 2019 ; pas sûr qu'ils acceptent passivement cette situation , d'autant que les autres combustibles carbonés vont continuer de coûter toujours plus .
la révolution de 1789 a démarré avec des troubles sociaux consécutifs à de fortes hausses des produits alimentaires de base ; la prochaine , inéluctable , viendra du coût non supportable pour une majorité de consommateurs des différents produits énergétiques . nos dirigeants devraient réfléchir au risque engendré par leur politique de matraquage fiscal des produits , et de rentes de situation accordées aux opérateurs en charge de la distribution .
a écrit le 27/09/2019 à 23:22 :
c'est pas bien compliqué, quand on fait l'effort d'économiser l'électricité, bois, appareils moins gourmands pompe à chaleur, soit edf augmente ou l'état invente une taxe scélérate comme la taxe finale de consommation électrique sur lequel on rajoute la tva, et l'économie est perdue.
Je me demande tout de même quelle valeur ajoutée apporte une taxe. Ca doit être une obsession de mettre de la tva sur tout.
a écrit le 27/09/2019 à 13:24 :
Comme ces fournisseurs sont plus nombreux et qu'ils ont plus de clients (22% des foyers) il n'y a plus assez de nucléaire EDF à tarif préférentiel pour tout le monde, donc ces fournisseurs alternatifs sont obligés d'acheter sur le marché de gros qui a beaucoup augmenté et donc ils ne sont plus assez compétitifs. Et pour couvrir les coûts de tous ces acteurs il faut augmenter massivement les tarifs de l'électricité.
Et le gouvernement ne peut pas refuser la hausse. Il est arrivé que les gouvernements ne suivent pas les recommandations du régulateur, mais à chaque fois, ils se sont retrouvés devant les tribunaux et ils ont perdu. Et au final, ce sont toujours les consommateurs qui paient comme en 2016 où EDF avait réclamé un milliard d'euros à ses abonnés après un gel des tarifs décidé deux ans avant par Ségolène Royal.Pour résumer, les prix augmentent à cause de cette concurrence stupide imposé par Bruxelles et qui rapporte surtout à quelques parasites.
Réponse de le 27/09/2019 à 17:19 :
Et oui, bien sûr. totalement d'accord avec vous. EDF vend son électricité 40% moins cher à ses concurrents qu'à ses propres clients, ce qui implique obligatoirement une augmentation des prix pour ceux ci. Il en sera de même lors de l'ouverture à la concurrence de la SNCF. les péages pour l'emprunt des voies devra être baissé pour les concurrents , si ceux ci veulent être compétitifs. D'ailleurs personne ne présentera sa candidature pour prendre une ligne, si cela n' est pas écrit noir sur blanc sur les dossiers d'appel d' offres. Pour équilibrer ses comptes, SNCF Infra, devra augmenter ses redevances pour la SNCF exploitation: résultat, le client SNCF sera perdant.
a écrit le 27/09/2019 à 9:06 :
On a vu les anomalies de fabrication des centrales nucléaires s'empiler, trop dangereux trop cher ce pari était une aberration majeur, un héritage désastreux du manque de capacité de pensée économique de de gaulles qui nous a imposé cette stupidité seulement pour son rôle stratégique.

Comme si on pouvait rivaliser avec les américains et les russes et le secret défense y a entassé les pires brêles oligarchiques qui soit générant ainsi cette incompétence totale généralisée alors que pourtant des idées à exploiter comme le thorium ou les petits réacteurs il y en avait.

Le flagrant déclin de l'oligarchie.
a écrit le 27/09/2019 à 8:34 :
Les gens vont se tourner vers les énergies polluantes, bois, charbon, pétrole, bougies ....
a écrit le 27/09/2019 à 7:52 :
Tout cela pour faire croire à une pseudo concurrence sur ce marché particulier de l'électricité. Dans les faits pour mon voisin qui est chez un opérateur "vert" et pour moi EDF l'électricité vient de la même centrale nucléaire.La seule différence c'est la rémunération des commerciaux des communicants et des stocks option des dirigeants. Voilà où nous mène le dogme aberrant de la concurrence libre et non faussée de l'UE. Tout cela au seul véritable profit des ros consommateur quant au petit il est le "cochon de payeur"!
Réponse de le 27/09/2019 à 8:01 :
Oui les concurrents sont moins chers parce qu'ils n'ont pas a payé plein d'avantage sociaux à leurs salariés (CE super généreux, électricité quasi gratuite...).
a écrit le 27/09/2019 à 6:57 :
Pourquoi , les fournisseurs d'énergie alternative à EDF ont ils accès àu energie produite pas les centrale nucléaire... ( á un prix préférentiels)
Alors que çela est vendu pour dè l'énergie verte....
Ensuite îls Ons un prix préférentiel pour nous le revendre plus chére.... ( qui sont les actionnaires)
Ou s'est juste, un moyen pour certain de s'enrichir sur le dos des francais et dè nous faire croire qu.ils y a dès opérateur concurrentielle...
Scandaleux cette lois energie , encore un moyen de ruiner un peux plus la France "
Réponse de le 27/09/2019 à 7:59 :
Bonjour,
Il me semble que c'est encore une histoire bruxelloise qui impose la concurrence à tous les niveaux. De plus, il faut bien payer les subventions pour l'éolien et le voltaïque.
a écrit le 26/09/2019 à 19:21 :
Je ne comprends pas qu'il puisse y avoir des fournisseurs alternatifs qui vendent des kW mais ne produisent rien.Quelle utilité ?
a écrit le 26/09/2019 à 18:40 :
"-les tarifs réglementés de vente commercialisés par EDF - souligne-t-il. Ils sont en effet calculés pour permettre aux fournisseurs alternatifs d'être compétitifs et de pouvoir proposer des tarifs inférieurs à EDF." donc fausse concurrence puisque les opérateurs privés ne peuvent être rentables que si on augmente artificiellement le prix réglementé. Pas étonnant que depuis l'ouverture à la concurrence, les tarifs explosent… Je crois que la commission européenne a complètement oublié à quoi est censé servir la concurrence (permettre la baisse des prix par la multiplication des investissements dans la production et la recherche). Ils en sont à vouloir la concurrence pour la concurrence. La concurrence est passée de moyen à objectif.
a écrit le 26/09/2019 à 18:22 :
A ce jour j'ai malgré les hausses successives j'ai maintenu mes contrats avec EDF si cette loi passe je ne veux plus être le dindon qui paie la marge des opérateurs alternatifs.
a écrit le 26/09/2019 à 18:03 :
Du Macron pur jus je donne un peu d'un côté je reprends beaucoup plus de l'autre.
Réponse de le 27/09/2019 à 7:00 :
D'ailleurs , ils vas prendre 200 euros par mois sur les retraites des français et les obliger a travailler 3 ans de plus .... Donc tous vas bien , car ils devrait votée pour lui au deuxième tours de l'élection presidentiel ....
a écrit le 26/09/2019 à 17:55 :
Un ancien patron EDF ne demandait pas une hausse de +100% étalée sur 5 ans (pour être digestible) ? Mais La Politique a refusé... Un jour le nucléaire français ne sera plus l'énergie la moins onéreuse de l'UE, comme on nous l'a tant ressassé. Il parait que les allemands paient l'électricité deux fois plus cher mais ont des factures analogues, n'ayant pas un usage massif du chauffage électrique, un vrai gouffre, surtout avec les radiateurs "grille pain" qui chauffent le plafond.
Réponse de le 27/09/2019 à 7:35 :
Cette annee j'ai rentre beaucoup plus de bois et je regarde du cote des poeles a petrole.pas tres ecolo mais le charme du retro est tres economique par rapport aux gille pain.c'est ca l'energie alternative

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