Sauf à ce que la justice administrative vienne contrarier son plan, la Métropole de Rouen Normandie (MRN) deviendra, d'ici à quelques semaines, propriétaire d'un mastodonte industriel. Rien moins que le plus grand site français voué au recyclage du papier de nos « poubelles jaunes ». L'opération s'est déroulée en deux temps. Le 11 février, son président Nicolas Mayer Rossignol avait annoncé avoir préempté les biens immobiliers de la papèterie Chapelle Darblay. Mardi soir, les élus rouennais ont allumé le second étage de la fusée destinée à empêcher sa vente au consortium Samfi Paprec et, au passage, le démantèlement de cette usine que tout le monde s'accorde à considérer comme un modèle d'économie circulaire.
A la faveur d'un accord intervenu avec son propriétaire le finlandais UPM, ils ont entériné par un vote unanime l'acquisition des équipements nécessaires à son exploitation : machines de production, pièces détachées, stocks... Le tout pour un montant total de 3,6 millions d'euros qui s'ajoute aux 6 déjà réservés pour la préemption. Un recours en justice des acheteurs écartés (ou d'autres) semblant peu vraisemblable à ce stade, la transaction devrait devenir effective le 11 juin au plus tard, au terme du délai légal. La collectivité n'entend pas, pour autant, conserver cet actif encombrant dans son patrimoine.