Chapelle Darblay : le plan de la Métropole de Rouen pour casser le projet de vente du propriétaire finlandais
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Getty images
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Getty images
L'épilogue semblait proche et les dés jetés. Lorsque, vendredi, UPM annonce son intention de céder la Chapelle Darblay au duo Paprec/Samfi de préférence à l'offre portée par Véolia et Fibre Excellence déposée la veille, le scénario paraît écrit d'avance. Antoine Frérot, PDG de Veolia, a beau assurer vouloir « relocaliser une activité (la fabrication de carton recyclé ndlr) qui allait quitter la France » et promettre la création de 250 emplois, il se heurte à un mur. Le groupe finlandais a tranché à son détriment : la dernière papèterie française capable de produire du 100% recyclé abandonnera la fabrication de papier au profit d'une activité de tri de déchets et d'une unité de production d'hydrogène.
C'était sans compter sur la Métropole Rouen Normandie (MRN). Sitôt la nouvelle confirmée, Nicolas Mayer Rossignol, son président, a fait savoir que la MRN usera de son droit de préemption pour empêcher la cession du site, fermé depuis juin 2020. L'intéressé, qui avait réussi précédemment à mobiliser 80 grands élus (dont Edouard Philippe et Anne Hidalgo) dans l'espoir de sauver la « Chap Pap » explique avec ce coup d'éclat vouloir prévenir « un gâchis dramatique ».
À lire également
L'objectif de Nicolas Mayer Rossignol est simple. En se rendant propriétaire de l'usine, il prépare sa revente ultérieure à Veolia qui promet le maintien de l'activité de recyclage. La procédure a-t-elle des chances d'aboutir ? Une chose est sûre, la menace est sérieuse pour le groupe finlandais qui aurait tort de croire à un coup de bluff. Renseignements pris auprès d'un juriste, la métropole dispose, en effet, d'une arme fatale contenue dans un obscur article du code civil portant sur les biens immobiliers : le 5.24. L'article en question commande que « les ustensiles nécessaires à l'exploitation des forges, papèteries et autres usines » sont « des effets mobiliers attachés au fonds à perpétuelle demeure (sic) ». Autrement dit, que les machines, le vrai trésor de la Chapelle Darblay, peuvent être préemptées au même titre que les murs du site.
Nathalie Jourdan
Éolien en mer flottant : la filière est prête à passer à l’échelle industrielle en Méditerranée
Nucléaire : EDF s'apprête à signer un méga-contrat pour le génie civil de ses six EPR2
L’accord Trump-TotalEnergies sur l’abandon de l'éolien offshore attaqué en justice par sept États
Solaire résidentiel : la filière dénonce un « dogme fiscal » qui freine les batteries