La perte de l'État dans Vallourec se chiffre à «plus de 500 millions d'euros»

Le spécialiste des tubes sans soudure a du renégocier avec ses créanciers pour réduire sa dette, offrant la prise de contrôle à deux fonds d'investissement. « La dette, il fallait la convertir en capital » a expliqué Nicolas Dufourq, DG de la banque publique d'investissement au capital de l'entreprise.

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(Crédits : BENOIT TESSIER)

L'Etat a investi en perte dans le fabricant de tubes Vallourec pour "plus de 500 millions d'euros" au total, a déclaré jeudi sur BFM Business le directeur général de Bpifrance Nicolas Dufourcq.

Vallourec a annoncé mercredi avoir trouvé un accord avec ses principaux créanciers pour réduire sa dette, qui se traduira par sa prise de contrôle par deux fonds d'investissement.

"On a perdu notre mise", a reconnu M. Dufourcq.

"Quand je suis arrivé (à la tête de Bpifrance en 2013), mes prédécesseurs avaient déjà investi énormément à un moment où Vallourec valait très cher", a-t-il détaillé.

"En 2014 (...) nous avons rajouté 260 millions d'euros, que nous avons perdus", a-t-il ajouté.

Le spécialiste des tubes sans soudure a été tributaire d'un marché des hydrocarbures qui a chuté avec la pandémie de Covid-19. Il avait annoncé en novembre la suppression d'un millier de postes, dont 350 en France.

Lire aussi : Plombé par une dette de 3,7 milliards, Vallourec pourrait tomber dans l'escarcelle de ses créanciers

Une dette avant la crise « trop élevée »

"L'Etat a accompagné Vallourec dans toutes ses difficultés", mais le groupe industriel "est entré dans la crise pétrolière avec une dette trop élevée, et donc la dette, il fallait la convertir en capital", a expliqué M. Dufourq.

Il a qualifié l'accord trouvé entre Vallourec et ses principaux créanciers de "très belle opération". "Je m'en félicite, Vallourec est reparti maintenant, avec un bilan assaini", a encore dit le directeur de la banque publique.

L'accord prévoit un désendettement de 1,8 milliard d'euros, avec une augmentation de capital de 300 millions, la conversion en capital de 1,3 milliard de créances et un abandon de créances de la part des banques de 169 millions d'euros.

Lire aussi : Vallourec va fermer son usine près de Rouen et supprime plus de 1.000 postes dans le monde

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Commentaires 6
à écrit le 08/02/2021 à 6:02
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Vallourec c’était la chose de Bollore dans les années 80, il a progressivement pris le pouvoir dans cette entreprise technologique qui lui a permis d engranger du pognon jusqu’à vouloir changer de domaine. Les batteries, c’était son mantra en 2000 a...

à écrit le 05/02/2021 à 14:52
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Voilà du bon argent qui aurait pu servir à la BPI pour investir dans les biotechs .Au lieu de cela on a fabriqué des tubes pour une industrie pétrolière déclinante et en perte de vitesse. Sans doute le principe de précaution.

à écrit le 05/02/2021 à 14:10
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On ne développe pas une entreprise uniquement avec quelques dogmes économiques et financiers tres distingués, mais avec de l'imagination technologique ,commerciale, créative, pragmatique et pertinente. Et pour cela s'avoir améliorer les produits av...

à écrit le 05/02/2021 à 10:10
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BPI France va bien. J'ai lu un truc a la Tribune sur le sujet: 45 milliards de fonds garantis et 45 autre milliards dans des factures qui ne seront jamais payees. La, on a 500 patates perdues. J'ai bien la ? De toute facon, c'est l'etat qui est ga...

à écrit le 05/02/2021 à 9:00
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"La dette, il fallait la convertir en capital " Ah une bonne nouvelle enfin ! Et donc on peut tous faire ça au final ? :-)

à écrit le 05/02/2021 à 8:56
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les celebres ' investissements d'avenir de la france' comme heuliez avec segolene royal; vous savez, le ' futur leader mondial de la voiture electrique', comme elle disait bon, c'est de l'argent public, c'est a personne, il suffit d'ailleurs de dem...

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