La France se réindustrialise, une première depuis 2009

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L'usine Bosch à Rodez.
L'usine Bosch à Rodez. (Crédits : DR)
Le délitement du secteur industriel en France est en train de ralentir depuis plusieurs semestres. La démographie des usines observée par Trendéo se révèle positive pour le premier semestre 2016. Une première depuis 2009.

La conjoncture s'améliore pour le secteur industriel français. Même si les annonces autour du site d'Alstom à Belfort au cours de ces dernières semaines ont pu susciter des inquiétudes - avant un sauvetage annoncé mardi -  les récentes tendances annoncées par l'Observatoire Trendéo de l'emploi et de l'investissement semblent confirmer une reprise de l'activité amorcée depuis 2014.

Des annonces d'ouvertures en hausse

Annoncé comme un secteur sinistré depuis des années, l'activité industrielle semble repartir depuis plusieurs semestres. Selon Trendéo, les créations d'usines ont été supérieures aux fermetures sur les deux premiers trimestres de l'année. C'est la première fois que ce solde est positif durant deux trimestres consécutifs depuis 2009. Le cabinet a ainsi recensé l'annonce de 82 créations d'usines contre 75 fermetures au cours du premier semestre.

II existe cependant des disparités selon les secteurs pour 2016. La réparation de machines, l'énergie, les industries alimentaires connaissent un solde positif alors que le travail des métaux, les meubles ou la plasturgie connaissent un solde négatif en nombre d'usines.  La différence pour ce premier semestre est donc plutôt faible mais elle marque peut être la fin d'une longue période de désindustrialisation.

Depuis le 2009, le solde reste en revanche largement négatif (-605). En effet, le total des créations d'usines depuis 2009 s'élève à 1290 contre 1895 fermetures. D'après le cabinet, "il faudrait cependant 21 années pour remplacer les 605 usines perdues depuis 2009."

Les données mensuelles de la Banque de France relatives aux défaillances d'entreprises dans l'industrie corroborent le constat exprimé par Trendéo. Les fermetures d'entreprises connaissent un net ralentissement depuis plusieurs mois comme l'illustre le graphique ci-dessous.

Ce ralentissement peut en partie s'expliquer par la restauration de la marge des entreprises depuis 2015 grâce à la baisse des prix du pétrole et au crédit d'impôt compétitivité (CICE) qui auraient permis aux entrepreneurs de se lancer dans de nouveaux projets.

>> LIRE AUSSI : Quels sont les effets du CICE ?

De bonnes nouvelles sur le front de l'emploi

Ce solde positif concernant le nombre d'usines sur le territoire français s'est traduit sur le marché de l'emploi par des signes d'éclaircie. Si l'industrie continue de perdre des emplois, ces pertes auraient été divisées par deux entre la période 2009/2012 et la période 2013/août 2016 passant de -85.111 à -43.026. Et pour le premier semestre 2016, le résultat de la différence entre les créations et les suppressions d'emplois seraient légèrement positif (+ 150).

Dans le détail, certains secteurs sont néanmoins plus fortement touchés que d'autres. Les activités de production d'énergie continuent de supprimer des emplois. "C'est le signe que le tournant des énergies renouvelables amorcé en 2009  n'a pas pris" note l'observatoire. Du côté des PME et des ETI, les bonnes nouvelles sont également au rendez-vous. Elles ont atteint des niveaux de créations nettes d'emplois record, dépassant les maximums de 2010 relève l'observatoire. Si de nombreux indicateurs semblent marquer une reprise de l'activité en générale, le directeur de Trendéo David Cousquer se veut prudent. "Des événements extérieurs comme la crise de la Deutsche Bank peuvent cependant à tout moment interrompre une reprise qui manque de souffle."

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Commentaires
a écrit le 05/10/2016 à 7:23 :
On se fout de l'industrie. Ces Félons profitent des aides publiques ou de la commande publique er suppriment des emplois comme le gattaz avec airbus et delocalisent alors que les services crééent des emplois
a écrit le 04/10/2016 à 22:42 :
Trendeo ? Un groupuscule de consultants vendus à ceux qui les payent?
a écrit le 04/10/2016 à 15:35 :
C'e. st une bonne nouvelle pour l'industrie en France et pour les ingénieurs productifs et autres, oui le monde industriel necessite des usines en France, des emplois industriels avec une bonne connaissance de la Mondialisation. J'ai travaillé pour un centre d'etudes et de maintenance pour la telephonie mobile , en fait chez Lucent Technologies et là on voyait très la necessité de maitriser de bout en bout le processus industriel comme le monde des telecoms qui est totalement mondial (voir le futur l'UMTS ou le 5G). Quand vous achetez des composants quelque soit leur type et leur taille ou leur caracteristiques, vous devez negocier en anglais ( langue internationale) et acheter au plus faible coût mais surtout il vous faut les bons composants pour developper ces technologies. Gerer un stocke de quelques milliers de composants n'est pas aussi simple que de configurer ou de concevoir des cartes electroniques mais c'est juste la mondialisation : les ordinateurs, les technologies dédiés à l'informatique et à l'electronique. Enornement d'ordinateurs viennent de Chine ou d'Asie ou encore des USA, alors que très peu en France. Il faut totalement relancer l'industrie de l'electronique en France et en Europe, ainsi que celle des telecoms ! Oui l'industrie de l'electronique à encore de l'avenir dans notre pays et arrêtons de penser le passé ! Aujourd'hui il faut des systèmes intelligents, econome en energie, supportant beaucoup de bande passante (videos, images , fichiers) . L'avenir du reseau physique de l'internet passera certainement par des composants utilisant la lumière comme la fibre optique et les ordinateurs quantiques pour des processeurs plus puissants (calculs,logiciels, stockage, tele HD,...)
a écrit le 04/10/2016 à 15:34 :
La désindustrialisation est un serpent de mer... Il faut parler des pertes d'emplois, mais non d'une désindustrialisation !!! La valeur de la production industrielle s'élève à €889 bio en 2015 (INSEE), et la valeur ajoutée de l'industrie est a 19,5%... (Banque Mondiale). Par contre, l'emploi industriel a perdu 3 mio de postes, c'est du a 65% a la hausse de la productivité, a 25% a la desinternalisation, et seulement à 10% aux délocalisations...la mythe d'une industrie française ne représentant que 11% du PIB est fallacieux car il ne concerne que l'emploi industriel, mais non pas la valeur de la production, ni la VA...
a écrit le 04/10/2016 à 15:15 :
Comme pour le chômage, on parle de la baisse de la hausse! Ha! Ces élections, font des miracles!
a écrit le 04/10/2016 à 15:11 :
Où l'on voit une fois de plus que l'équipe actuellement au pouvoir aura plus fait en trois ans pour les entreprises que les prétendus LR et ex-UMP en 10... Les Français, dans leur immense ingratitude, refusent de voir la vérité: le socle de la sociale-démocratie à la française a été bâti, et bien bâti. Il faut désormais construire les étages pour accuellir tous ceux qui ont été laissés sur le chemin, mais les sondages n'annoncent rien de bon. Que ce soit pour les électeurs de gauche ou pour ceux de droite, la sociale-démocratie est un gros mot... alors que nous y sommes tous si profondément attachés et que nous en profitons à travers le système éducatif ou celui de santé. Pauvre, pauvre France, malade de ses contradictions...
Réponse de le 04/10/2016 à 16:08 :
Totalement en phase avec votre analyse. La gauche social démocrate a fait bien plus de boulot niveau politique de l'offre que la droite, paradoxal mais bien réel. Mais comme vous le dites, les Français ont DECIDE que Hollande était nul, et même une amélioration plus franche et perceptible dans les mois qui viennent ne suffira pas à les faire changer d'avis. J'espère au moins que ce ne sera pas Sarkozy qui passera, lui qui s'est révélé si nuisible pour la politique économique de moyen/long terme !
a écrit le 04/10/2016 à 15:09 :
""C'est le signe que le tournant des énergies renouvelables amorcé en 2009 n'a pas pris" "

Entre le puissant lobby pétrolier et celui du nucléaire on se doute que les énergies renouvelables peine à trouver sa place en France tandis que tous les autres pays du monde sont en train de nous exploser dans ce domaine.

Ces mastodontes ne sont qu'inertie, de la pure cellulite. Les multinationales ont trop tendance à vouloir conserver leurs puissances du coup cela se transforme par un conservatisme économique mortifère.
Réponse de le 04/10/2016 à 15:39 :
Les énergies renouvelables ne sont pas assez rentables énergétiquement, et donc les économies reposants dessus ne tiendront jamais à long terme.
Réponse de le 04/10/2016 à 18:24 :
Parce que peut-être qu'il serait temps de ne plus voir le secteur énergétique comme un marché mais comme un outil qui fait avancer la société non ?

L'énergie est elle seulement liée à l'activité économique ? Est-elle un bien de consommation comme les autres ? Bien sûr que non.

Mais comme les actionnaires milliardaires ont besoin de tout contrôler ils se la sont appropriés et le mieux quand on veut s'approprier de l'énergie c'est de la centraliser.

Prenez l'exemple des réacteurs nucléaires qui comme on le voit sont d'une dangerosité sans commune mesure, si on avait fait des petits réacteurs, neutralisables donc en cas d'incident, à l'échelle d'une petite ville par exemple cela aurait été bien plus facilement gérable pour les citoyens et beaucoup moins dangereux, quant à l'entretien il aurait été bien plus facile et beaucoup moins onéreux également mais non il a fallu faire des réacteurs immenses aux capacités démesurées afin de pouvoir centraliser cette puissance, parce que c'est un véritable pouvoir, dans les mains de quelques uns, pourquoi si ce n'est parce que notre société ne répond qu'à des besoins oligarchiques ?

La force du renouvelable est cela mais justement du coup les centralisateurs pestent car voyant qu'ils ne peuvent centraliser cette production d'énergie, alors nous nous retrouvons avec de puissants lobbys s'opposant au progrès en marche et leurs multiples soldats et serviteurs car dépendants des intérêts des énergies centralisées.

Merci de m'avoir permis de préciser mon propos.
a écrit le 04/10/2016 à 14:33 :
Rappelez-moi qui était au pouvoir en 2009. N'est-ce pas celui qui reproche à HOLLANDE de ne pas avoir baisser suffisamment vite le déficit qu'il a laissé, afin de pouvoir recommencer à faire des trous à partir de 2017 ?

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