La France veut profiter des promesses de l'impression additive

Plus discrète que l'impression 3D grand public, son pendant industriel, l'impression additive constitue pourtant une vraie révolution. Si nombre de pays s'y sont lancés, la France a pris du retard qu'elle s'efforce de combler par plusieurs initiatives.
Tout en se réjouissant que le sujet, à l'origine un sous-paragraphe du plan 34 de l'Usine du Futur, soit mieux représenté dans le nouveau plan « Industrie du futur », les auteurs de l'ouvrage collectif Fabrication additive, pour mobiliser les forces françaises de la Fabrique de l'industrie, plaident pour la création d'une « alliance française de la fabrication additive ».
Tout en se réjouissant que le sujet, à l'origine un sous-paragraphe du plan 34 de l'Usine du Futur, soit mieux représenté dans le nouveau plan « Industrie du futur », les auteurs de l'ouvrage collectif "Fabrication additive, pour mobiliser les forces françaises" de la Fabrique de l'industrie, plaident pour la création d'une « alliance française de la fabrication additive ». (Crédits : Décideurs en région)

À l'inverse des FabLabs, ces ateliers où tout un chacun peut venir fabriquer les objets de son choix qui ont éclos un peu partout, l'impression additive est utilisée de longue date pour du prototypage industriel. Produisant moins de chutes et de déchets, cette technique qui consiste à additionner des couches de métal ou de plastique au lieu d'utiliser des moules à injection et de procéder par fabrication soustractive pourrait permettre d'économiser jusqu'à 40% de la masse et d'optimiser jusqu'à 100% l'utilisation de la matière. Autorisant une fabrication plus précise, des pièces plus petites et des fonctionnalités améliorées, elle est surtout utilisée pour les petites séries où dominent la personnalisation et la complexité, telles que les prothèses médicales. L'aéronautique et le spatial, où s'ajoute à ces exigences l'enjeu du poids, sont également en pointe. En revanche, dans l'automobile, probable futur eldorado, la technologie n'est aujourd'hui pas adaptée à la production en série, à l'exception de niches comme le luxe ou la F1.

Le manque de recul quant à la qualité des matériaux (poudre de métal ou de polymère) et à leurs propriétés, leur coût, le manque de choix, les enjeux de normalisation et de certification constituent autant de freins à un développement rapide. Tout comme les machines, onéreuses, rapidement obsolètes et difficiles à intégrer aux chaînes de production. En outre, les potentialités de la technologie sont loin d'être optimisées, car elle reste essentiellement utilisée pour reproduire des pièces existantes conçues pour la fabrication soustractive, alors qu'un nouveau design, allant vers des systèmes complets plutôt que des pièces à assembler, permettrait d'en tirer pleinement profit.

Manque de vision et coordination

Mais au-delà des défis techniques qui s'imposent à tous, en pleine course mondiale des politiques industrielles, c'est en termes de vision et de coordination que l'Europe, et la France en particulier, doivent progresser. Aux États-Unis, l'impression additive, vantée par Obama en personne, bénéficie d'un guichet unique ; le Royaume-Uni, leader européen avec l'Allemagne, est très présent sur le plan académique. Alors que la Chine, le Japon (pionnier historique), mais aussi Singapour et l'Australie prennent position, l'Europe dépense beaucoup d'argent, mais peine à adopter une vision stratégique.

La France est présente à tous les échelons, avec de grands donneurs d'ordre (les grands groupes de l'aéronautique et de l'automobile), quelques sociétés spécialisées et un écosystème de sous-traitants (prototypistes, acteurs historiques de la plasturgie et de la métallurgie, spécialistes du tout additif...).

Mais, comme le souligne l'ouvrage collectif Fabrication additive, pour mobiliser les forces françaises de la Fabrique de l'industrie, un sentiment de désordre prévaut. Les alliances récemment nouées (Polyshape et Lisi Aerospace, Fives et BeAM, Fives et Michelin) ne suffisent pas à masquer un manque de coopération. Les auteurs pointent d'autres faiblesses : une forte régionalisation des aides et des projets qui conduit à de coûteux doublons, une sous-traitance atomisée face à de forts besoins d'investissements, une formation embryonnaire et une recherche éclatée.

Tout en se réjouissant que le sujet, à l'origine un sous-paragraphe du plan34 de l'Usine du Futur, soit mieux représenté dans le nouveau plan « Industrie du futur », les auteurs plaident pour la création d'une « alliance française de la fabrication additive ».

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Commentaires 3
à écrit le 26/05/2016 à 0:12
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Il y aurait de la place pour des créateurs d'entreprises, mais on ne fabrique plus beaucoup de machines en France, le mieux étant de s'installer dans la vallée du plastique à Oyonnax au plus près des fournisseurs et des sous-tratants spécialisés.

à écrit le 25/05/2016 à 8:33
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il faut nommer un groupe référence chef industriel dans ce secteur, Michelin ?

à écrit le 25/05/2016 à 7:43
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la france est pionniere: elle a des fabriques collectivistes, c'est un bon debut

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