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Au marché de Rungis : moins de déchets, plus de chaleur

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(Crédits : Min Rungis)
Président de la SEMMARIS, la société gestionnaire du marché de Rungis, Stéphane Layani a, dès sa nomination en mai 2012, souhaité renforcer la politique RSE du site. Il a ainsi lancé un premier green business plan visant notamment à la valorisation à 100% des déchets générés par le nouveau ventre de Paris (2013-2016). Un second, prévu sur deux ans, vient d'être inauguré. Stéphane Layani nous livre quelques détails de ce second plan :

La Tribune de l'énergie : Depuis quand les déchets du marché de Rungis sont-ils valorisés ?

Stéphane Layani : Dès l'ouverture du marché en 1969, la SEMMARIS a favorisé la valorisation énergétique. Une chaufferie centrale a été installée en vue d'incinérer la totalité des déchets, permettant d'alimenter un réseau de chaleur.

A mon arrivée à la tête de la SEMMARIS, j'ai souhaité accélérer notre stratégie de développement durable en lançant, en 2013, le plan Rungis Green Business. Il s'est décliné en près de 40 actions sur trois ans, parmi lesquelles la valorisation de 100% des déchets, ou encore l'ouverture d'un réseau de chauffage pour les communes limitrophes.

LTDE : Quelle quantité de déchets génère le marché de Rungis ?

S.L. : Dans les années 1970, 90 000 tonnes de déchets étaient générés par l'activité du marché. De nombreuses initiatives ont depuis été engagées afin de réduire son empreinte environnementale, en limitant sa consommation d'eau et d'énergie, en favorisant l'éco-conception des bâtiments, ou encore en réduisant le gaspillage alimentaire.

En 2017, le bilan déchets avoisine ainsi les 46 000 tonnes, dont la totalité est valorisée pour majeure partie via une filière de méthanisation (5 500 tonnes de bio-déchets) et un incinérateur (31 000 tonnes). Il permet de produire 220 000 Mwh et en 2017, une couverture EnR de 99,7 % a été atteinte. Par ailleurs, une filière recyclage parvient à valoriser 9 500 tonnes de déchets.

LTDE : D'autres développements ont été lancés dans le cadre du premier plan Rungis green business (2013-2016). Pouvez-vous nous en parler ?

S.L. : Nous nous sommes concentrés sur la maîtrise des consommations d'eau, en utilisant des eaux de drainage issues d'un complexe de 230 hectares, extraites par le biais d'un système de pompage, et utilisées à des fins de nettoiement des voiries du MIN et d'arrosage des espaces verts (soit 16.000 m3 d'eau par an).

Nous avons également poursuivi le renouvellement de l'éclairage électrique, tant intérieur qu'extérieur, par la mise en place de sources basse consommation énergétique (type leds). Nous avons enfin mis en œuvre des équipements photovoltaïques permettant la production d'électricité solaire destinée à l'utilisation de véhicules électriques par les prestataires du marché, ainsi qu'une autoconsommation électrique dédiée à l'utilisation de la chaufferie du MIN.

LTDE : Quels sont les projets du second plan (2018-2020) ?

S.L. : Je viens de renouveler le plan Rungis Green Business pour la période 2018-2020. Il prévoit notamment un aménagement des toits pour faire de la culture, le développement de véhicules en auto-partage... Notre réflexion se poursuit, avec pour objectif de maintenir le cap d'une activité toujours plus éco-responsable.

Cela passe notamment par la construction des bâtiments aux normes constructives innovantes utilisant des matériaux à forte performance énergétique ; ou encore par la fourniture et la distribution de chaleur EnR vers des sites industriels ou des collectivités (augmentation de la fourniture et de la distribution de chaleur auprès d'ADP Orly, projet de raccordement du réseau de chaleur de la ville de Rungis sur notre propre réseau, poursuite et renforcement de la fourniture et de la distribution de chaleur au SICUCV).

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