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Des remorques électriques pour révolutionner la livraison ?

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(Crédits : K-Ryole)
Lancée il y a trois ans à peine, K-Ryole fait déjà beaucoup parler d'elle et de ses remorques électriques pour livreurs en milieu urbain. La start-up compte plusieurs grandes entreprises françaises parmi ses clients, et travaille désormais sur un prototype de chariot solaire.

CEO et co-fondateur de K-Ryole, Nicolas Duvaut revient sur la success story de sa jeune société :

La Tribune de l'énergie : Quel est le concept de K-Ryole ?

Nicolas Duvaut : Nous avons développé des remorques électriques intelligentes, que l'on peut tracter à pied ou à vélo. On peut les charger jusqu'à 250 kilos, sans que cela ne demande particulièrement d'effort pour la personne qui les tire. Attelée à n'importe quel type de vélo, la remorque se calque sur l'allure du cycliste. Elle mesure l'effort exercé entre le vélo et la remorque à l'aide d'un capteur, puis pilote deux moteurs électriques -un pour chaque roue- pour soutenir le vélo. Ainsi, le cycliste n'a pas le sentiment de tirer 250 kilos ! Il dispose aussi de trois modes d'assistance -moindre, médian, et boost- selon ses besoins. K-Ryole dispose de 70 kilomètres d'autonomie, avec un temps de recharge de 4h30.

LTDE : Qui sont vos principaux clients ?

N.D. : Aujourd'hui, en milieu urbain, la demande en service de livraison explose. Nous sommes à l'ère du numérique. Nous voulons tout, livré chez nous, et le plus vite possible. Le problème est que ce service de livraison coûte aujourd'hui très cher, essentiellement en raison des temps de circulation et des problèmes de stationnement. Les utilitaires classiques, voire les camions, sont de moins en moins adaptés aux modes de consommation.

Le vélo étant à mon sens le mode de transport le plus fluide et le plus adaptable, c'était la piste à creuser. Certains de nos clients -Leroy-Merlin ou Bricorama- ont des offres de livraison à partir de 40 euros. C'est cher, surtout pour un petit meuble. Avec nos remorques électriques intelligentes, ils vont prochainement pouvoir proposer des offres beaucoup plus abordables, aux alentours de 15 euros. Car on circule plus facilement, et plus vite, à vélo avec une remorque. Le coût est divisé par deux, voire par trois. C'est pour ces mêmes raisons que Franprix, Intermarché, La Poste, ou encore Chronopost comptent aussi parmi nos clients. La Poste, notre premier client historique, livre de moins en moins de lettres, mais en revanche de plus en plus de colis. K-Ryole était la solution idéale pour que les facteurs puissent continuer à utiliser leurs vélos.

LTDE : Vous avez très vite élargi votre gamme...

N.D. : Même si elles avaient initialement été pensées pour être accrochées à un vélo, ces remorques peuvent tout aussi bien être utilisées manuellement. Nous en avons donc extrapolé un chariot de manutention motorisé à destination du BTP. Ce projet est né de manière incongrue. Lors d'un salon, des représentants de Bouygues nous ont fait part de problèmes que rencontraient les ouvriers lors de certaines phases du chantier, lorsque le matériel de transport classique ne passe plus. Tout doit alors être transporté à la main, avec les risques que cela comporte. Bouygues nous a proposé de développer un nouveau modèle dans ce sens, ce que nous avons donc fait. Muni de roues crantées, ce chariot de manutention est pratiquement tout-terrain. Bouygues en utilise déjà cinq exemplaires, et cinq autres sont en production. Du coup, aujourd'hui, la moitié de l'activité de K-Ryole se concentre sur ce chariot de manutention motorisé.

LTDE : D'autres développements sont-ils envisagés ?

N.D. : Nous avons déjà décliné notre remorque en différents modèles : pick-up, utilitaire, frigorifique... Nous pouvons aussi répondre à des demandes particulières, comme par exemple un kiosque à journaux mobile. Le chariot de manutention est lui aussi très modulable, afin de s'adapter aux différentes charges. Nous développons également un modèle solaire, qui pourrait voir le jour début 2020.

LTDE : Où vos remorques sont-elles fabriquées ?

N.D. : K-Ryole fonctionne comme un constructeur automobile. Nous nous chargeons de la conception des différents éléments, dont la production est sous-traitée un peu partout en France. Environ 25 PME fabriquent de la tôlerie, des cartes électroniques, des roues... Notre spécificité est de faire fabriquer notre électronique en France, pas en Asie, ce qui est très rare dans le monde du vélo. Notre chaîne d'assemblage se trouve pour l'instant à Ivry-sur-Seine, en proche banlieue parisienne. Pour être vraiment précis, 78% des pièces de nos remorques sont « made in France », ce qui est une vraie fierté.

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Commentaires
a écrit le 21/03/2019 à 11:11 :
Et vous allez prétendre, vous aussi, être écolo. Et vous répondrez, "si c'est pas du lithium, tu préfères du fuel ?". Quand on veut faire de la tune ..., tout les moyens sont bons ... .

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