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« L'Airbus des batteries » enfin sur la bonne voie

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(Crédits : Pixabay)
Après plusieurs mois de discussions, la France et l'Allemagne ont finalement trouvé un accord pour la mise en chantier d'un plan de production industrielle de batteries en Europe. Le Vieux continent espère ainsi rester dans la course aux énergies renouvelables.

D'aucuns l'ont immédiatement surnommé l'Airbus des batteries. On se souvient que dans les années 1960, les principaux constructeurs aéronautiques européens, alors dans une situation délicate, avaient décidé d'unir leurs forces pour développer un nouvel avion de ligne capable de rivaliser avec les modèles américains. On connait la suite de l'histoire... Aujourd'hui, alors que les énergies renouvelables se sont enfin imposées, il était devenu urgent pour l'Europe de garantir son autosuffisance dans le domaine des batteries électriques. Après des mois d'hésitations, le projet semble désormais sur de bons rails. La France et l'Allemagne, initialement réticentes, ont en effet trouvé un accord pour le développement d'une filière européenne de production de batteries. En décembre 2018, Bruno Le Maire, ministre français de l'Économie et des Finances, et Peter Altmaier, ministre allemand de l'Économie et de l'Énergie, avaient ainsi conjointement déclaré : « Les gouvernements allemand et français, en coopération avec la Commission européenne, vont développer une approche stratégique pour établir une cellule de production industrielle de batteries en Europe ». Joignant la parole aux actes, la république fédérale avait annoncé vouloir débloquer un budget d'un montant d'un milliard d'euros d'ici 2022.

Répondre aux nouveaux besoins

Mais pourquoi le Vieux continent a-t-il tant besoin de ces batteries ? Tout simplement parce que le parc de véhicules électriques et hybrides est amené à augmenter de manière importante dans les années à venir. C'est dans l'air du temps, mais cela participe surtout au respect des engagements pris pour la réduction des émissions de CO2. Pour assurer leur autonomie, ces nouveaux véhicules stockent leur énergie électrique dans des accumulateurs. Dès lors, si aucune industrie de ce type en Europe n'est capable de répondre aux nouveaux besoins, les constructeurs tels que Renault, Peugeot, Audi, ou encore BMW n'auront d'autre choix que de se tourner vers la Corée du Sud, le Japon, ou encore la Chine. « Si nous ne joignons pas nos efforts, l'Europe ne produira plus de batteries demain », prévenait Bruno Le Maire. « L'idée de faire une filière de l'industrie automobile électrique avec des composants uniquement asiatiques, ça n'a aucun sens », avait-il même insisté. Si un accord de principe a donc été trouvé pour la création d'un Airbus des batteries, aucun calendrier n'a toutefois pour l'instant été dévoilé, ni même une liste complète de partenaires. La France n'a d'ailleurs pas encore annoncé le montant de sa participation au projet. En attendant, le Chinois Contemporary Amperex Technology a lui confirmé la construction prochaine d'une immense usine de batteries pour véhicules électriques à Erfurt, dans l'est de l'Allemagne. Un investissement colossal, qui lui assurera en retour sa place de leader sur le marché européen.

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