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InUse connecte les machines aux hommes

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(Crédits : Pixabay)
Et si, lors d’opérations de maintenance, les machines faisaient elles-mêmes appel aux techniciens ? Voilà le pari de la start-up InUse (anciennement Optim Data) qui propose une interface pour digitaliser les savoir-faire.

Si les technologies numériques ont permis d'amorcer la quatrième révolution industrielle, il est parfois difficile d'en dessiner les contours. Laurent Couillard, cofondateur de la start-up InUse, a sa propre définition de ce mouvement : « La précédente phase était celle de l'automatisation, mais elle était, par nature, assez cloisonnée. Avec l'industrie 4.0, on entre dans une ère totalement collaborative, autour de l'échange du savoir-faire. » InUse débarque dans ce contexte, en 2015, autour d'une ambition : faire parler la machine afin d'exploiter toutes les données qu'elle contient.

Un barrage hydro-électrique intelligent

La start-up s'appuie d'abord sur une interface qui tire le maximum de l'existant : « Nous travaillons surtout avec des machines complexes qui sont déjà largement dotées de toutes sortes de capteurs. Notre travail consiste d'abord à capturer les données qui sont déjà stockées », explique Laurent Couillard. Dans certains cas, InUse rajoute quelques capteurs complémentaires, avant de transférer ce savoir dans un logiciel où les données sont interprétées puis modélisées.

Dès 2016, ce système a intéressé les équipes d'Engie et de la Société Hydro-Électrique du Midi (SHEM) dans le cadre d'un appel à projets sur les solutions innovantes pour la maintenance de leurs douze barrages. « Dans ce secteur, le principal problème est que le technicien qui fait sa tournée n'intervient pas toujours au moment où l'infrastructure dysfonctionne, ce qui génère de grosses pertes en termes de production », poursuit Laurent Couillard. La récolte de données effectuée par InUse a permis de réaliser 2 000 fiches d'instruction pour les opérateurs mais surtout de faire en sorte que le barrage prévienne quand la maintenance est nécessaire. Résultat : depuis juillet 2017, la SHEM enregistre un gain de 10% en disponibilité de production.

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Inverser le rapport industriel

La solution InUse s'applique à tous les domaines de l'industrie qui nécessitent l'usage de machines complexes. Des entreprises de différents secteurs (agro-alimentaire, équipements mobiles, etc.) y ont déjà recours, car, pour Laurent Couillard, « aujourd'hui, tout le monde cherche la performance, même si on oublie parfois que les ouvriers sont face à des machines difficiles à gérer. En inversant le rapport avec les outils, on rend accessible un savoir complexe et on gagne du temps de production. » Prochaine étape pour la start-up : réaliser sa première digitalisation d'une usine agroalimentaire.

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