Monoprix : Casino ne semble pas pressé de trancher

Dans le conflit qui l'oppose aux Galeries Lafayette sur la valorisation de Monoprix, le groupe stéphanois fait profil bas. Il dispose pourtant d'une option d'achat de 10 % sur les 50 % détenus par les Galeries Lafayette.
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Que va faire Casino sur le dossier Monoprix cinq jours après la tenue du conseil d?administration où il a été au c?ur des discussions ? Pour l'heure, l?enseigne stéphanoise joue profil bas, voire l?apaisement dans ses relations avec les Galeries Lafayette (GL). Sans pour autant céder d'un pouce sur ses exigences. Casino veut payer le juste prix, situé quelque part entre 700 millions (valorisation de Monoprix par Casino conseillé la banque Rothschild) et 1,35 milliard d'euros (celle de GL conseillée par la Société Générale)... mais en toute logique plus près des 700 millions que des 1,35 milliard. Même si à lui seul le patrimoine immobilier de Monoprix est estimé par les Galeries Lafayette à 1,3 milliard d'euros environ.

"Il n?y a pas de tension mais plutôt un désaccord sur la valorisation de Monoprix", explique à "latribune.fr" un bon connaisseur du dossier. Du style, il est courant dans les affaires de négocier âprement un prix. Ni plus, ni moins. Dans cet esprit, le conseil de lundi se serait déroulé dans une "ambiance sereine" entre gentlemen. Ainsi, le président du directoire des Galeries Lafayette, Philippe Houzé, est sorti de la salle de réunion, pour cause de conflit d?intérêt, au moment des échanges entre les administrateurs sur le dossier Monoprix, détenu à parité entre Casino et GL, précise ce bon connaisseur.

 Jean-Charles Naouri n'a rien décidé

Pourtant, le déclenchement des hostilités a laissé un goût amer chez Casino. "nous avons été beaucoup surpris par Galerie Lafayette mais nous sommes sûrs de notre bon droit car nous avons des accords très précis". Le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, détient plusieurs armes à son arsenal pour faire valoir son droit. Car le protocole signé avec Galerie Lafayette est, rappelle-t-on, "asymétrique".

En clair, il dispose depuis le 1er janvier dernier d?un « call » (option d?achat) de 10 % sur les 50 % détenus par les Galeries Lafayette? tout comme cette dernière détient un « put » (option de vente) de 10 % de Monoprix, que Casino est tenu de racheter avec une majoration de 20 % compte tenu de la prise de contrôle de l'enseigne des centres-villes.Cette disposition avait été gelée entre 2008 et 2011 à la demande de Galeries Lafayette en accord avec Casino. Enfin, les Galeries disposent parallèlement d'une option de vente de 50 % sans prime.

Avec ses conseils, Jean-Charles Naouri se réserve de faire valoir les droits de Casino devant un tribunal en vue de faire respecter le protocole signé en 2002 et de récupérer la présidence du conseil d?administration de Monoprix comme cela avait été défini au préalable entre Casino et galerie Lafayette le 1er avril. Il n'avait jusqu'ici jamais réclamé cette fonction. Jean-Charles Naouri « n?a rien décidé ». Ni pour exercer le « call », ni pour aller devant le tribunal.

Casino n'est pas pressé

Casino ne semble d?ailleurs pas pressé. Car il estime avoir le droit pour eux. « Nous n?avons pas déclenché les hostilités » mais « nous voulons absolument le contrôle de Monoprix », souligne-t-on chez Casino, qui n?a « aucun problème » de financement pour racheter les 50 % de Monoprix qu?il ne détient pas encore. Casino, qui table sur un résultat opérationnel 2011 supérieur à 1,54 milliard, espère aussi récupérer entre 800 et 900 millions d'euros d'une partie de sa participation dans la foncière Mercialys.  En outre, l?arbitre désigné, la banque JP Morgan mandatée pour trouver le juste prix, refuse de le faire pour le moment. La raison ? Les deux parties doivent d'abord s'entendre sur le "business plan" de Monoprix, pourtant validé par le conseil en 2011.

Le PDG de Casino conteste aujourd'hui ce « business plan » à trois ans du président du conseil d?administration Philippe Houzé, qui prévoit un bond de 40 % du chiffre d?affaires de l?enseigne des centres-villes. C?est l?un des multicritères acceptés et définis à l?avance pour réaliser la valorisation de Monoprix. Elle fait « trop la part belle à cette variable, soupire-t-on chez Casino. On ne croit pas à ce business plan même si on croit beaucoup à Monoprix, qui n?a jamais atteint les business plan que la direction a fixé. Et on est plutôt au courant".

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