[Article publié le 13 janvier et mis à jour à 17H30]
Basculer vers le digital, diversifier son offre et notamment sa clientèle cible qui avait encore l'habitude de commander par téléphone, le tout, en redressant ses finances... Les défis étaient nombreux pour la famille Bahadourian. Les discrets mais puissants actionnaires du réseau Grand Frais n'ont malheureusement pas réussi à les relever. Ce vendredi, l'entreprise a été placée en liquidation judiciaire entraînant la suppression de 1.900 emplois (dont les 300 salariés des deux sociétés soeurs, Eismann et Touparlog), selon un délibéré du tribunal de commerce de Lyon, que l'AFP a pu consulter.
Une cession concédée fin 2019 à contre-cœur par son dirigeant Romain Tchenio, fils et neveu de Maurice (un des pionniers français du capital-investissement) et Roland Tchenio, emblématiques ex-patrons depuis 1982 de celle qui fut la reine du surgelé. L'affaire avait alors fait grand bruit sur la place lyonnaise : Toupargel avait en effet longtemps fait figure d'exemple de réussite à la ville. « Ce n'est pas une surprise, mais nous sommes toujours dans la colère et l'incompréhension. Les actionnaires, les frères Bahadourian, n'ont pas respecté leurs engagements depuis le début sur la reconstruction de Toupargel », a réagi Wafaa Kohily, la secrétaire (CGT) du Comité social et économique (CSE), accompagnée au tribunal d'une dizaine de salariés.
L'ancien roi des surgelés, créé en 1947 par Gustave Poncin, s'était d'abord développé avec une stratégie d'acquisitions offensives : il avait racheté les sociétés Gelarmor, Clairgel puis Neodis - Neufchâteau Distribution et disposait fin 2019 d'un réseau de 1.000 camions desservant 36.000 communes, 32 plateaux de télévente et trois entrepôts logistique à l'échelle nationale, et s'appuyait sur 2.233 salariés. Il aura même conquis jusqu'à un million de clients en proposant près de 1.200 références de produits...