LA TRIBUNE - Les 56 projets d'investissements étrangers annoncés dans le cadre de Choose France 2024 généreront quelque 10.000 nouveaux postes. Comment France Travail compte-t-il aider ces entreprises internationales à les pourvoir ?
THIBAUT GUILLUY - Le dernier cru du sommet Choose France, auquel France Travail est associé depuis 2023, démontre en premier lieu que le pays devient de plus en plus attractif vis-à-vis des groupes étrangers, déjà implantés ou primo-arrivants. Reste en second lieu la nécessité de faire coïncider l'offre et la demande, pas seulement dans les secteurs en tension comme le BTP ou la logistique. Dans ce cadre, nous proposons à ces entreprises de faciliter leurs démarches grâce à de nouvelles approches des candidats, comme la méthode de recrutement par simulation. Vis-à-vis des postulants, elle consiste, non plus à se baser sur le diplôme et l'expérience, mais à repérer leur aptitude à occuper le poste de travail proposé. L'immersion à titre expérimental des candidats dans leur futur environnement professionnel constitue un autre dispositif efficace. Ces solutions permettent aux entreprises non seulement de sourcer un plus grand nombre de collaborateurs mais encore d'améliorer la qualité des recrutements. France Travail compte bien ainsi devenir le bras armé RH de Choose France et, plus globalement, des entreprises françaises de taille intermédiaire.
En quoi consiste ce changement de paradigme pour France Travail ?
Trois chiffres expliquent la stratégie de France Travail, mise en œuvre et accélérée depuis janvier 2024. Les TPE-PME, qui génèrent 80% des emplois dans le pays, ne font appel à France Travail que pour 30% de leurs recrutements. Pour regagner leur confiance, et gommer l'image négative de Pôle emploi, notre démarche s'appuie donc sur deux leviers. D'une part, nous nous posons désormais en service de ressources humaines externe pour ces petites et moyennes structures, qui en sont généralement dépourvues. Dans ce cadre, nos quelque 4.300 conseillers entreprises les accompagnent dans leurs recrutements de façon personnalisée, en servant également de lien avec les organismes locaux de formation mais aussi les lycées professionnels et les universités. Leur rythme de visites d'entreprises passera ainsi de 100 000 en 2023 à 500 000 d'ici quatre ans. D'autre part, France Travail multiplie les partenariats avec les branches professionnelles pour faire mieux connaître ses nouvelles prestations. Après le Syntec, nous venons de signer une convention avec la Confédération des Grossistes de France qui représente quelque 160.000 entreprises, proposant une bonne part de métiers en tension. Environ 500.000 offres d'emplois sont actuellement non pourvues alors que le taux de chômage s'élève encore à 7,5% de la population active, soit près de trois millions de personnes.