Face à la grogne des hôteliers, la SNCF arrête son partenariat avec Airbnb

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On veut inventer le voyage qui rapporte de l'argent, avait expliqué le directeur général de voyages-sncf.com, Franck Gervais, vendredi.
"On veut inventer le voyage qui rapporte de l'argent", avait expliqué le directeur général de voyages-sncf.com, Franck Gervais, vendredi. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
La filiale Voyages-sncf.com avait annoncé vendredi qu'elle proposerait désormais à ses clients, au moment de l'achat d'un billet de train, de louer leur appartement sur le site du géant de l'économie collaborative. Devant l'opposition des hôtelier, elle a fait marche arrière.

L'alliance aura duré l'espace d'une week-end. La SNCF, qui avait annoncé vendredi 11 décembre la conclusion d'un partenariat avec le réseau de location d'appartements entre particuliers Airbnb, est revenue mardi 15 décembre sur ses pas, en décidant d'arrêter l'opération, est-il indiqué dans un communiqué.

"Voyager plus avec un budget donné"

Selon les termes de l'accord, Voyages-sncf.com, filiale de SNCF, devait proposer à ses clients, au moment de l'achat d'un billet de train, de louer leur appartement ou leur voiture, afin de pouvoir "voyager plus avec un budget donné". Dès vendredi, un phase de test de quelques mois avait été lancée, afin "de caler le modèle économique", et le message accompagnait la réservation.

"On veut inventer le voyage qui rapporte de l'argent", avait expliqué le directeur général de voyages-sncf.com, Franck Gervais, estimant que ces offres pourraient concerner 10% de la clientèle du site internet de la SNCF d'ici 2019.

Les hôteliers en colère

Mais l'idée n'a pas plu aux hôteliers, déjà remontés contre Airbnb, qui s'étaient dits lundi "choqués et en colère". Ils dénonçaient un partenariat entre une "entreprise publique subventionnée par l'Etat" et une "multinationale destructrice d'emploi" qui "ne respecte pas les règles fiscales" françaises.

Le chef des députés socialistes, Bruno Le Roux, avait pour sa part déclaré sur Sud Radio et Public Sénat :

"On peut se diversifier en faisant attention à ne pas mettre à mal les équilibres économiques de nos territoires et la SNCF est particulièrement associée en termes d'image à nos territoires. Je ne souhaiterais pas qu'elle soit demain associée à des fermetures successives d'établissements hôteliers ou de restaurants".

Voyages-sncf.com les a rencontrés mardi et, dans la soirée, elle a annoncé l'interruption du partenariat. Elle affirme dans le communiqué vouloir "prendre le temps du dialogue avec l'ensemble des professionnels de l'hôtellerie afin d'analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d'économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France".

Rien n'est précisé concernant le partenariat annoncé, en même temps et selon le même modèle, avec OuiCar et Kidygo (qui propose de faire accompagner les enfants seuls pendant le voyage).

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Commentaires
a écrit le 15/12/2015 à 20:47 :
La dérive de la SNCF ... On est loin de la mentalité des cheminots d'antan, de la notion de service public et d’intérêt national... Maintenant c'est l’intérêt de l'actionnaire... et la soumission aux politiques de mondialisation. Mais ne vous en faites pas, ca marche ! Il suffit de regarder les évolutions des économies nationales, des taux de chômage, des taux de pauvres.... Ca baigne, partout !
a écrit le 15/12/2015 à 20:33 :
Honte à la sncf , une société à bout de souffle , au lieu de s'occuper du service déplorable et des retards à répétition , et UBER c'est quand qu'il déclare ses impôts en france ? Vivement la concurrence dans le transport de voyageurs par trains par une compagnie qui ne déclarant aucuns impôts en france , le président de la SNCF va pleurer
a écrit le 15/12/2015 à 17:43 :
Si il n'y a plus de restaurants et d'hôtels, ça va faire mal à l'équilibre économique de la circonscription de Bruno le Roux?
Si voyages-sncf.com ne le fais pas, un autre le fera!
Et encore une fois, on mélange l'offre et le fait que airbnb est juste une plateforme de mis en relation qui aspire toute la valeur.
Ca se fait déjà pour les voitures, que dit Bruno le Roux?
Avec sa loi pigeons, c'est pas lui qui va inciter à créer de l'emploi en France
Réponse de le 15/12/2015 à 18:19 :
Que les locataires airbnb paient la tva comme doivent le faire les hôteliers et restaurateurs pour leurs clients ne serait que justice: tous égaux devant l'impôt!
Réponse de le 15/12/2015 à 19:55 :
Tout faux car un certain FH fait une fausse déclaration d'ISF pour ne pas la payer!!! Vous disiez "tous égaux", cela me fait bien rire!!!!!!!!!!!
Réponse de le 16/12/2015 à 9:27 :
non airbnb n'est pas juste une plate forme, c'est un site qui ne pense qu'à ses commissions, la majorité des annonceurs ne sont déclarés nulle part, ni au fisc, ni en mairie, et je sais de quoi je parle, alors oui ce partenariat c'était une honte, une conccurence deloyale et les hôteliers ont raison de ne pas se laisser faire

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